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Sarkozy est rattrapé par la réalité


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Rouxel Jean - mercredi 09 janvier 2008

sarkozy, reformes, reforme
On y est : l’état de grâce présidentiel touche à sa fin. Selon le baromètre CSA de janvier pour « Le Parisien » et i-Télé publié dimanche, seulement 48 % des Français accordent leur confiance à Nicolas Sarkozy, 7 % de moins qu’il y a un mois.

Depuis juillet, sa cote de confiance a reculé de 17 points. 42 % des Français font confiance à François Fillon, en baisse mais moins que le chef de l’État : -3 % en un mois.

Le dernier sondage CSA-Valeurs Actuelles montre la même tendance. 44 % des sondés estiment que son action va dans le bon sens : 6 % de moins qu’il y a un mois. 59 % estiment que Sarkozy « incarne bien la fonction présidentielle », contre 66 % en décembre. 57 % trouvent qu’il tient ses promesses de campagne, 7 % de moins. Seulement 17 % des Français (+2 %) estiment que le PS mènerait une meilleure politique.

Les déçus sont principalement à droite, à cause de l’ouverture à tout va, les réformettes économiques, l’inefficacité en matière d’immigration et d’insécurité. Cet électorat retournera vers Le Pen et Villiers. Aux prochaines élections municipales, l’UMP risque de connaître d’importants déboires.

La surenchère médiatique de Sarkozy a trouvé ses limites. Les recettes qui lui ont fait gagner la présidentielle s’émoussent au pouvoir. Le mode incantatoire dans lequel excelle ce verbomoteur ne masque pas l’absence de résultats. Ses conseils des ministres délocalisés, ses joggings en Ray Ban, ses exhibitions avec Carla Bruni que ce divorcé naguère inconsolable compte épouser, amuseraient encore les Français si les promesses de campagne étaient tenues, si leur niveau de vie progressait.

Ce magicien de la communication avait fait croire qu’il insufflerait un dynamisme nouveau, par son charisme et son supposé libéralisme. Huit mois après, l’opinion publique se dégrise, angoissée par le pouvoir d’achat. L’inflation galope. La conjoncture internationale - faiblesse du dollar, crise des subprime… - sert d’alibi. Le roi est nu.

Sa politique étrangère ne rachète pas Sarkozy aux yeux des Français. L’arrogance de Kadhafi lors de sa récente visite en France, contrepartie à la libération des infirmières bulgares, a été mise à son débit. Là encore, le décalage est excessif entre la rhétorique - de fierté nationale - et les bassesses faites au dictateur libyen. Et les contrats mirifiques de 10 milliards d’euros se montent en réalité à 3 milliards.
Sarkozy continuera sans doute à faire ce qu’il sait faire : de l’esbroufe. Mais désormais, cela ne suffit plus…

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