Zeltner Philippe - mercredi 06 septembre 2006
Le foot ayant été à l’honneur ces temps-ci, nous avons retrouvé une classe politique exhibant sans complexe les thèmes de la France qui gagne, comme le Premier ministre à l’écharpe tricolore le déclamait au stade de Munich : le travail d’équipe et la solidarité du groupe au service du charisme de leaders éclairés, humblement… au service de l’équipe de France. Y a-t-il un projet de gouvernement au service des Français, dans ces discours ? Nenni. Alors, est-ce pour se pousser en finale présidentielle ? Oui, sans doute possible !
Les deux candidats déclarés à la présidentielle ne connaissent de l’entreprise et de la pratique d’un métier, que celui de « politique », et, en campagne avant l’heure, ils ont la cote des médias, des bookmakers, et des clubs intellectuels nationaux. Nicolas Sarkozy, à Agen, le 6 juillet, dit vouloir « ne pas être un idéologue et avoir une mission de rassemblement… rassembler les libéraux, les gaullistes, les centristes, les Européens, les souverainistes, et assurer la cohérence de l’ensemble » Rien que ça.
Il le dit avec conviction, et nous avons tellement besoin de communion dans la diversité de nos nouvelles communautés, que l’émotion qui nous assaille pour une telle « cohérence » chasse ce qui nous reste de sagesse et de discernement.
Nous croyons volontiers à ces affirmations optimistes, et ce, malgré les décisions contradictoires que prend le ministre de l’Intérieur, malgré la perte accélérée des valeurs dominantes judéo-chrétiennes qui faisaient la trame du tissu sociétal, il y a dix ans encore ; nous y croyons, malgré l’absence vertigineuse de courage et de persévérance de nos hommes et femmes politiques pour défendre ce qu’ils disent dans la réalité de nos vies ; nous y croyons, en dépit de l’absence de vision européenne et de programme national déclarés, qu’un tel rassemblement exige pour être envisageable.
Le même jour en Gironde, Ségolène Royal se plaît à comparer le jeu des Bleus avec le fonctionnement du PS, en prêchant « l’immense respect entre les joueurs… Il y a des talents individuels qui se respectent… mis au service d’une dynamique collective… ». Cette communication, ô combien délicieuse venant d’une si jolie candidate, est taillée pour corriger notre regard sur le moral et la morale du PS, le Parti politique effectivement le plus cynique et le plus opportuniste d’Europe ; le Parti qui, avec ses compères communiste et trotskiste, trompe les Français depuis l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand, il y a plus de vingt-cinq ans ; le Parti qui a ruiné financièrement le pays, par pur égoïsme électoral ; le Parti, enfin, qui, avec l’aide de son otage de l’Élysée Jacques Chirac, a encouragé par tous les moyens médiatique, culturel, et juridique, le déclin symbolique de notre pays, tout juste bon à la repentance de ses actes et de son histoire.
Si elle était élue, Madame Royal représenterait à l’Élysée, avec ses quatre enfants, la famille française, sans être mariée civilement avec leur père. Elle déclare sans complexe, être en faveur du mariage et de l’adoption parentale entre personnes du même sexe. Contradiction plus grave, il faut le dire, que celle adressée aux viticulteurs, où elle ne trouve aucune incompatibilité entre « lutter contre l’alcoolisme et promouvoir le vin de qualité ». Voilà, dans les faits, les contradictions de Madame Royal. Mais, laissant l’émotion assaillir notre besoin de sauvetage social, nous préférons entendre les promesses incohérentes d’un avenir au visage radieux, que les dures réalités du présent à combattre et à corriger parce qu’elles nous détruisent, sans grande douleur encore, parce qu’à petit feu doux, doux, doux !
Si, malgré tout, je soutiens la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, en la préférant à celle, plus trompeuse à mes yeux, de Ségolène, il faudra que Nicolas fasse preuve d’un engagement plus net, dans son programme, entre une société libérale fondée sur la responsabilité personnelle dans le respect d’autrui, et un socialisme généreux vivant du Tout État et faisant de la fonction publique son fonds de commerce électoral. Après tout, Nicolas ne trouve-t-il pas son intérêt personnel dans la fonction publique, et par elle ? Comment alors prétend-il la réformer ? Nous voulons une réponse avant d’aller voter. Le chemin choisi aujourd’hui pour nous convaincre de son choix, est dangereusement tortueux en altitude !
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