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Sarkozy et l’Europe |
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Lance Pierre - mercredi 03 décembre 2008
sarkozy, europe
Nicolas Sarkozy déploie toute son énergie pour tirer le maximum de sa trop brève présidence du Conseil de l’Union européenne, qui va se terminer à la fin de l’année. Six mois, c’est en effet ridiculement court pour avoir une action politique d’une certaine envergure. Cependant, du fait de la crise financière et économique mondiale, notre président a pu prendre des initiatives importantes qui sont parvenues à souder les États européens dans une action concertée.
Cette présidence tournante semestrielle est un terrible handicap pour l’Europe. Elle nous place en situation d’infériorité par rapport aux grands blocs continentaux et elle affaiblit la voix des Européens.
C’est pourquoi j’avais soutenu, malgré ses innombrables défauts, le projet de Constitution européenne, parce qu’il avait au moins le mérite d’établir une présidence de deux années. Et je souhaitais pour la même raison la ratification du Traité de Lisbonne, qui reprenait la même disposition.
Mais il était fatal que les Irlandais disent non à ce traité imbuvable, tout comme les Français et les Hollandais avaient dit non avant eux. Et je ne comprends pas que Nicolas Sarkozy ait pu croire un instant que le traité de Lisbonne allait passer sans une refonte complète. Cela ne servait à rien de le faire voter par des Parlements acquis par principe. Du moment qu’il y avait un référendum incontournable dans un seul pays, c’était fichu d’avance. Nicolas Sarkozy a nourri un instant l’illusion qu’il allait pouvoir convaincre les Irlandais de revenir sur leur vote. Il a vite compris qu’il risquait l’effet inverse et n’a pas insisté.
Mais depuis cet échec, il ne cesse de ruminer sur la façon de s’y prendre pour contourner l’obstacle. S’il lisait les « 4 vérités » et prêtait quelque attention à mes propos (on peut toujours rêver !), il comprendrait peut-être que l’Europe ne pourra pas sortir de l’ornière tant que ses dirigeants empêtrés ne proposeront pas au suffrage universel européen une Constitution claire, confédérale et non pas fédérale, en 70 articles au maximum, une Constitution qui unisse les forces européennes tout en laissant à chaque nation une large autonomie.
Pour ne prendre qu’un seul exemple parmi des milliers d’autres (et je le choisis volontairement dans un domaine mineur), il est absurde que la fabrication des fromages français doive se plier à des règles européennes, alors que la France possède une expérience millénaire, incomparable et universellement reconnue dans la fabrication des fromages. Au reste, il est incohérent que l’on veuille accorder moins d’autonomie aux États européens que n’en ont les États américains, alors que ces derniers sont fédérés. D’autant plus incohérent que les États américains ont une histoire commune et récente, alors que chaque nation européenne a sa langue, sa culture, sa propre histoire multiséculaire et qu’il est impossible de prétendre les faire fusionner par décret.
L’Europe des nations unies est possible, mais un « melting pot » européen est une utopie, et tant que l’on s’obstinera dans cette utopie l’Europe sera paralysée comme un géant enfermé dans un sac.
Nicolas Sarkozy avait espéré faire passer le traité de Lisbonne, qui lui aurait permis d’inaugurer lui-même une présidence européenne de deux ans. N’y étant pas parvenu, il en est réduit à ruser pour tenter de prolonger son influence. C’est ainsi qu’il s’est entretenu le 31 octobre avec le Premier ministre tchèque Mireck Topolanek, et que d’obscures tractations se seraient déroulées, du fait que la Tchéquie succédera à la France en janvier 2009 à la présidence de l’Union. En juillet, ce sera la Suède, en janvier 2010 l’Espagne, en juillet la Belgique, en janvier 2011 la Hongrie, etc. On peut parier que le président français va s’efforcer d’orienter l’un après l’autre ses successeurs dans une continuité d’action empruntant la direction qu’il a donnée.
Dans la mesure où, à l’exception de l’Espagne, ce sont de petits États qui vont succéder à la France, il a des chances d’y parvenir. Mais il est regrettable que l’influence de l’Europe dans le monde dépende de combinaisons de couloir toujours contestables et aléatoires, alors qu’une belle et bonne Constitution confédérale votée par ses peuples lui eût conféré prestige et respect.
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TV5
Suite à la demande de la plupart des autres francophones et de la France (qui contribue à hauteur de 80% au budget de la chaîne), la contribution des Belges francophones au financement de TV5 Monde va augmenter graduellement de 4,79 millions d’euros en 2008 jusqu’à 7,75 millions en 2012…
Medias
Canal+ > Pour répondre au ralentissement de la croissance publicitaire sur internet (10 % seulement en 2008), Canal+ envisage de changer sa stratégie. Au lieu de proposer un prix lié au nombre de pages vues (ce qui présente l’inconvénient que l’annonceur ne peut jamais savoir si l’internaute a vu ou non sa publicité), la chaîne proposerait un prix dépendant de la durée effective de visionnage des publicités. Le prix final devrait être de l’ordre de 15 euros par millier d’internautes ciblés.
Radio > Au dernier classement des principales radios, publié le 20 novembre, on observe peu de changement, hormis un tassement général de l’audience. RTL reste la radio la plus écoutée avec 6 271 290 auditeurs par jour, devant NRJ (5 346 020), France Inter (5 243 210), Europe 1 (4 883 380), France Info (4 780 570), Skyrock (3 906 700), Nostalgie (3 649 680), Fun Radio (3 495 470), France Bleu (3 187 050) et RMC (3 032 836).
Obama > Les 1 800 vidéos produites par l’équipe de campagne d’Obama ont été vues 110 millions de fois sur le site de sa campagne et sur le site de YouTube !
Springer > Le groupe d’édition allemand Axel Springer a connu une augmentation de 8 % de son chiffre d’affaires pour atteindre 1,99 milliard d’euros sur les trois premiers trimestres de 2008. |
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