actualité france, politique, journal de droite. Les 4 vérités Hebdo img, caricatures actualité, dessins L'actualité Française
vue de droite libérale

Offre gratuite !

La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici

Sarkozy et la déconstruction de la France


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page
Article de la semaine

Voter pour cet article
135 VOTES
1234 LECTURES

Bonnal Nicolas - mercredi 23 janvier 2008

sarkozy
Les propositions attaliennes en matière de départements et d’immigration n’ont pas fini d’ameuter les électeurs de droite de Sarkozy. Je dois dire que peut m’en chaut car je n’attendais rien d’un tel candidat, mais que je n’en attendais pas non plus Moins que Rien.

Depuis son élection, célébrée au Fouquet’s avec des exilés fiscaux et sur un yacht apatride, le président n’a fait que provoquer son électorat. Même les lecteurs du « Figaro » ou les rédacteurs de « Valeurs actuelles » s’en rendent compte… Il y a donc une réflexion à faire autour du trublion, ou du ludion, que nous avons élu avec tant d’espoir… En réalité, les allers et retours idéologiques, les valses-hésitations et le post-chiraquisme d’opérette ne sont rien à côté de l’ouverture à gauche, des ministresses des banlieues, des maîtresses d’estrade, et surtout du torticolis grammatical voulus par Sarkozy, du style « Carla et moi, c’est du sérieux ».

Je vais en venir au point principal qui au-delà des polémiques sur la personne (qui en vit, et en vit bien même), me semble important et peut-être grave, comme on dit aujourd’hui : la grammaire. J’avais suivi par hasard le débat télévisé entre Sarkozy et la majorette du PS en mai dernier et j’avais justement été frappé par leur grammaire inexistante. Les deux étaient incapables d’articuler un raisonnement et de construire une phrase.

Le lendemain de sa défaite, avec le même cynisme que Sarkozy avec ses femmes, Ségolène démissionna de son poste de compagne du secrétaire du PS. Nous étions en pleine recomposition, comme disent les analphabètes des médias. Mais la crise du couple reflétait celle de la grammaire. Et c’est là que je me suis rappelé le terme de déconstruction, terme promis à une grande fortune à la fin du siècle dernier, tant il a accéléré le déclin de l’Occident (je vois aussi Blair, Bush et Schroeder ou Berlusconi comme des déconstructeurs, alors que malheureusement les communistes chinois, les émirs arabes ou Poutine ne le sont pas du tout).

La déconstruction… En deux mots, on dira qu’elle est une herméneutique, une école d’analyse de textes, où le texte ne signifie rien d’autre que ce qu’on lui fait signifier ; ou à l’inverse qu’il ne signifie rien de ce qu’on lui a fait signifier.

La déconstruction à la manière de Derrida s’est aussi appliquée à l’architecture, où elle a effectué un certain nombre de dégâts, comme le musée Guggenheim de Bilbao et des mémoriaux divers. Voici ce qu’en écrit un critique : « Les apparences visuelles finales dans ce style sont caractérisées par une imprédictibilité stimulante et un chaos contrôlé. Cependant, les critiques de la déconstruction le voient comme un exercice purement formel avec peu de signification sociale. » On a ici tout Sarkozy : un chaos plus ou moins contrôlé sans signification réelle. Je parlais de sa liquidation de la grammaire : or l’origine peut se retrouver chez Foucault ou, bien sûr, chez Nietzsche, qui parlent de la nécessaire liquidation de la grammaire pour en finir avec Dieu, et surtout avec le reste.

Avec Sarkozy, président liquide par excellence, pour reprendre la terminologie de Zygmunt Bauman, on a affaire à un liquidateur et à un déconstructeur. Sarko liquide aussi la dialectique, puisque chacune de ses phrases se contredit avec enthousiasme dans la deuxième partie (« je suis pour, mais… », ou « je suis contre, mais… »). Rien de ce qu’il dit n’a d’importance, rien de ce qu’il fera n’en aura.

Face à une telle démission, carnavalesque en l’occurrence, de la politique, de la logique, de l’éthique, et même de la rhétorique, que nous avions héritées des Grecs, je me pose la question suivante : au-delà du bilan de 2012, qui promet d’être catastrophique pour tout le monde ou presque, les Français vont-ils supporter longtemps une telle farce, où se révolteront-ils ? Mais il me semble que la téléréalité, la culture people et l’oubli de tout ont déjà eu raison de notre raison. Et que nous sommes mûrs pour la résignation et donc une tyrannie libertaire.


Recommander cet article sur les sites de syndication d'information :


20 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site