Lance Pierre - dimanche 09 octobre 2005
Depuis longtemps sans doute, Nicolas Sarkozy nourrit l’ambition de devenir Président de la République française. Son père l’avait pourtant prévenu qu’un citoyen portant un nom d’origine étrangère n’avait en France aucune chance de parvenir au sommet de l’État. Il lui aurait même dit : “Aux États-Unis, ce serait possible, mais ici, jamais !” Et le fait est que si l’on dresse la liste des Présidents français (en exceptant le Maréchal de Mac-Mahon, issu d’une vieille famille irlandaise, mais qui était couvert de gloire et fut élu en 1873 par une majorité de parlementaires monarchistes qui ne rêvaient que de torpiller la République), on ne trouve que des noms issus de nos terroirs : Thiers, Grévy, Carnot, Casimir-Perier, Faure, Loubet, Fallières, Poincaré, Deschanel, Millerand, Doumergue, Doumer, Lebrun, Auriol, Coty, De Gaulle, Poher, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac. Rien que des noms “bien de chez nous”. Certes, me direz-vous, mais les mentalités ont évolué, de même que la composition de la population. Il n’empêche que les Français dans leur ensemble, même s’ils ne sont pas xénophobes, n’en demeurent pas moins très chauvins et fidèles à leur héritage ancestral. Un patronyme à consonance slave est donc sans aucun doute un sérieux handicap dans la course à l’Élysée. Il est peut-être possible de le surmonter, mais à la condition de se montrer plus “franchouillard” que quiconque. Or, c’est précisément ce que Nicolas Sarkozy, malgré quelques louables efforts pour s’identifier au sentiment national (et qui lui ont valu une certaine popularité), ne me semble pas capable d’atteindre. J’avais déjà attiré l’attention, dans notre n°475, sur le fait qu’il avait déclaré, au cours de l’émission de Michel Drucker “Vivement Dimanche !” : “La France doit s’ouvrir aux autres. Il ne faut pas avoir peur des gens différents. La consanguinité, c’est la fin d’une civilisation.” Cette absurdité (car le mot “consanguinité” n’a aucun sens à l’échelle d’une civilisation ou d’une grande nation) révélait déjà son incapacité de comprendre la valeur essentielle de l’homogénéité ethnique d’un peuple et de la préservation de son identité. Or, sans vouloir lui faire un procès d’intention, je suis contraint d’observer que son comportement politique est conforme à cette vision “métissogène” (et catastrophique) de l’avenir de notre pays. Je veux bien croire qu’il aime sincèrement la France, mais il n’en raisonne pas moins en “déraciné”.
Des impôts pour les mosquées?
C’est ce qui explique la création par ses soins du Conseil du culte musulman et son intention affichée de faire construire aux frais de l’État de nouvelles mosquées, sous prétexte de les soustraire au financement par les pays arabes. Il voudrait dans ce but “toiletter” la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État (qui devrait être appelée aujourd’hui loi de séparation des religions et de l’État). Or, cette loi, bien au-delà de l’anticléricalisme qui facilita son vote il y a un siècle, est en réalité la garantie intangible de l’indépendance nationale vis-à-vis de tous les cultes, et particulièrement de ceux qui montent en puissance. Car il est indéniable que toute religion organisée a pour vocation première d’influencer la marche de la société, donc la politique. Mais Nicolas Sarkozy, bien peu religieux dans le privé, n’a manifestement rien compris à cela.
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En ce qui concerne l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, à laquelle il s’était déclaré tout d’abord opposé, ne suivant en cela que la tendance majoritaire à l’UMP, Sarkozy semble avoir fait machine arrière, peut-être pour ne pas heurter de front Jacques Chirac. Il déclare maintenant qu’il vaut mieux laisser cette question de côté jusqu’aux élections de 2007. Je crains fort que les opinions émises par Nicolas Sarkozy ne soient désormais davantage dictées par sa tactique électorale que par une conviction sincère. Car il n’est pas acceptable de “mettre de côté” la question de la Turquie pendant deux ans, tandis que les négociations continueraient bon train en catimini. Comme l’a fort justement dit en substance M.Giscard d’Estaing: “Il ne faut pas que l’adhésion de la Turquie se fasse dans notre dos.” Or, c’est exactement ce qui se prépare. Sans compter que personne n’a intérêt à entretenir les illusions de la Turquie, dont la déception serait d’autant plus amère et hargneuse qu’on lui aurait fait miroiter durant des années une adhésion finalement impossible.
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