Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Sarkozy : l’exemple de Koizumi


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
0 VOTES
1092 LECTURES

Dumait Alain - dimanche 18 septembre 2005


Une petite facétie informatique a fait sauter la dernière ligne de la chronique de la semaine dernière, où je disais qu’aussi longtemps que l’UMP s’imaginera l’emporter sur la gauche avec des propositions encore plus mirobolantes, « nous continuerons dans ces colonnes à la qualifier de « fausse droite » ».
Nous citions parmi les politiques concernées par de telles propositions le secteur du logement social qui, non seulement est un gouffre financier, mais encore constitue un puissant facteur de désocialisation, de destruction de la cohésion sociale, de déresponsabilisation des individus et, finalement – qui peut le nier ? – un élément majeur dans le paysage de la guerre civile larvée que nous connaissons.
Beaucoup d’autres politiques ou d’autres secteurs font, de la part de la fausse droite, l’objet de propositions toutes aussi mirobolantes. Comme la liste est longue, nous n’allons que les évoquer.
La fausse droite renchérit sur la gauche quand il s’agit d’augmenter les effectifs de l’Éducation nationale nonobstant la diminution constante, année après année du nombre des enfants scolarisés ; comme la gauche, elle a fait du maintien des effectifs de la fonction publique un dogme absurde (chaque année, au moment du budget, on parle de la suppression de quelque milliers de postes, mais dans le même temps, ce sont plusieurs dizaines de milliers de nouveaux emplois publics qui sont créés par les collectivités locales).
La fausse droite prétend défendre mieux que la gauche les services publics à la française. On se souvient que l’argument fut largement utilisé lors de la campagne pour le référendum portant sur le projet de Constitution européenne. Pour faire les fins de mois du Trésor public, on privatise à la hâte les entreprises publiques concessionnaires des autoroutes. On ouvrira demain le capital d’EDF comme on l’a déjà fait pour Gaz de France. Mais on garde intacts les privilèges scandaleux des personnels de ces entreprises y compris ceux du Comité central d’entreprise d’EDF. Et on fait payer par les salariés des entreprises privées une partie des pensions de retraite de ces employés ultra privilégiés.
La fausse droite défend la SNCF bec et ongles et contribue, autant que la gauche, à la diffusion de toutes sortes de sornettes économiques sur cette entreprise dont 60 % des charges sont payés par le contribuable et dont le bilan relève tout simplement du tribunal de commerce.
Désormais, la question politique majeure est de savoir si Nicolas Sarkozy restera sur cette ligne qui est celle de la fausse droite depuis plus de 30 ans, ou s’il sera l’homme de la rupture avec la social-démocratie française.
On ne peut pour l’instant que le juger sur ses déclarations, par exemple son discours du 7 septembre en clôture de la convention de l’UMP sur l’économie..
La critique de la situation existante est à la fois juste et féroce. Les formules font mouche. Mais, pour l’instant, les propositions sont courtes ou vagues.
Sur la diminution des dépenses publiques on doit se contenter d’une simple affirmation de principe. Sur le nombre de fonctionnaires, il reprend la promesse déjà faite par Jacques Chirac en 1995 d’un remplacement pour deux départs à la retraite. Et sur la fiscalité il avance un plafond de 50% de prélèvements sur les revenus du travail quand Villepin dit 60%...
La rivalité dans laquelle il se trouve avec le Premier Ministre peut l’amener à radicaliser son programme de réformes précises. D’autant qu’aussi longtemps que le gouvernement restera empêtrer dans une croissance molle, avec un chômage juste ramené à 9,99 % par des opérations de maquillages grosses comme le nez au milieu de la figure, avec des déficits budgétaires abyssaux et un endettement colossal, les défenseurs du statu quo n’auront pas la partie belle, au moins au plan électoral.
C’est là qu’il faut méditer l’exemple que vient de donner le Premier ministre japonais, Junichiro Koizumi, qui vient de transformer avec succès une élection générale anticipée en un quasi référendum sur la réforme de la poste, symbole là-bas de ce qu’est chez nous l’ensemble de la fonction publique…


13 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site