Rouxel Jean - jeudi 08 avril 2010
isf
Recevant mercredi 31 mars, les députés UMP à l’Élysée, Nicolas Sarkozy leur a déclaré qu’il ne reviendrait pas sur le « bouclier fiscal ».
Cette déclaration devrait logiquement réjouir les électeurs de droite qui ont, entre autres raisons, voté pour l’actuelle majorité pour en finir avec la gabegie des dépenses publiques. Malheureusement, il est difficile de se satisfaire de cette déclaration du chef de l’État.
D’abord, parce qu’elle a été instantanément suivie de déclarations de divers participants, comme Christian Jacob ou Claude Goasguen, déclarant en substance : « Rassurez-vous, il n’est pas fermé à une évolution! » La communication politique étant ce qu’elle est, soit ces députés ont parlé pour se faire « mousser » dans les journaux sans que rien dans le discours de Sarkozy ne laisse entendre quoi que ce soit de semblable; soit ils ont révélé des failles qui se trouvaient vraiment dans le discours de Sarkozy (à moins que ce ne soit sur son ordre). Bref, il n’est pas possible hélas ! d’exclure que le discours de fermeté soit un discours de poudre aux yeux.
Et surtout, n’oublions jamais que le bouclier fiscal, c’est essentiellement le refus de toucher à l’ISF. Et donc le refus d’entendre les électeurs de droite.
Pour la énième fois, il faut redire que ce ne sont pas les plus riches qui paient l’ISF, mais les classes moyennes supérieures. Et il faut redire que ce sont surtout les plus pauvres qui souffrent de cet ISF, puisque cela fait autant d’investissements, donc d’emplois, en moins dans notre pays.
Là aussi, le legs de Chirac est lourd: depuis 25 ans, tous les poids lourds de la droite sont persuadés que la défaite de 1988 est due à l’abolition de l’ISF. C’est absurde, mais c’est ainsi.
Bref, en écoutant ce discours de fermeté, je suis inquiet à un double titre: d’abord, je ne suis pas sûr que Nicolas Sarkozy ait l’intention de tenir; ensuite, même s’il a l’intention de tenir, ce bouclier fiscal sert essentiellement à cacher la reculade sur l’ISF. Au fait, savez-vous que le nombre d’assujettis à cet impôt imbécile ne cesse d’augmenter…et que la recette totale baisse?
En 2008, 565 966 foyers le payaient (en hausse de 7,2 % par rapport à 2007) et ils ont payé en moyenne 6732 euros (soit une baisse de 11,9 % par rapport à 2007).
Personnellement, je suis prêt à abandonner tous les boucliers fiscaux de la création aux braillards de la gauche démagogue, contre une simple abolition de l’ISF!
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