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Sarkozy : naissance d’un homme d’État |
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Bonnal Nicolas - mercredi 26 novembre 2008
sarkozy, europe
Je dois dire que Nicolas Sarkozy ne cesse de nous surprendre sur la durée et même sur l’espace. Ses réformes marcheront sur la durée, les Français n’ayant pas le choix, même s’il était peut-être mieux fait pour être président d’une Europe responsable et réveillée que d’une France, tout de même en train de se débarrasser de ses oripeaux socialistes, de son social-corporatisme et de sa culture de l’aigreur.
Mais au niveau de l’Europe ? Nous nous étions habitués à la voir insultée par les Américains et les néocons, depuis un peu calmés par leur faillite financière et l’Obamania qu’ils ont déclenchée par leurs mauvaises manières, non pas en France ou en Chine, mais en Ohio ou au Colorado…
Nous nous étions habitués à n’avoir qu’une Europe bureaucratique, distribuant prébendes et subventions aux quatre coins de son petit cap de l’Asie, et compliquant à souhait notre vie quotidienne.
Or, cet été, Nicolas Sarkozy, à qui l’on a tout reproché, moi le premier, ramage, plumage, style de vie, ray-ban, gourmettes, pillage du PS, j’en passe et des meilleures, a montré qu’il était un homme d’État de dimension continentale, un visionnaire de la taille d’un Bismarck.
Car c’est bien Bismarck, l’unificateur de l’Allemagne, qui avait compris avant de Gaulle, qu’on ne ferait l’Europe QUE de l’Atlantique à l’Oural, et qu’il faudrait ménager les susceptibilités de l’ours russe humilié sous Eltsine et les oligarques apatrides pour mieux l’intégrer dans notre espace continental, à la fois sur le plan économique et culturel.
Il serait catastrophique que la Tchéquie chaotique défasse ce que le président a fait cet été et cet automne. Car Sarkozy a donné enfin un sens à l’Europe : elle n’est un plus un château d’une trentaine de cartes brouillées, mais une entité réelle capable de remplacer les USA quand ceux-ci, pas encore réveillés de leur « post-binge », comme dit Friedman, se rendront compte qu’ils ne doivent plus jouer aux faux riches ou aux gendarmes butors aux frais de la planète entière.
Le plus fort, chez Sarkozy, c’est qu’il ne fait ni ne conçoit pas une Europe contre le reste du monde. Au contraire : il s’est fait élire sur une image courageusement pro-américaine et pro-israélienne, qui rompait avec quarante ans de dissidence française à ce sujet. Dans le même temps, contrairement à ce que l’on nous dit, l’opinion française n’est plus aussi hostile qu’avant aux USA ou à Israël. Le déclin de la gauche dure et de la droite nationale en témoigne.
Et tout en nous rapprochant de l’Amérique et d’Israël, Sarkozy visite la Syrie, reçoit Khadafi, et veut édifier un grand espace méditerranéen. Il a tout à fait raison, agissant d’ailleurs comme Berlusconi à qui on le compare souvent : il ne s’agit pas de créer une Europe unie volontaire et motivée CONTRE, mais POUR.
Et il vaut mieux que l’Ukraine fasse partie de l’Europe avec la Russie plutôt que de l’OTAN contre la Russie. Il vaut mieux que l’Europe ait de bonnes relations avec le Maghreb que contre le monde arabe, qui se transforme bien plus vite que ne le pensent les islamophobes de tout poil.
Je ne sais pas comment cela finira. Nicolas Sarkozy est censé remettre dans un mois l’autorité européenne à la Tchéquie, petit état mafieux et antirusse, qui n’avait même pas su voir venir l’indépendance slovaque.
Il est aussi jalousé, à l’évidence, par Angela Merkel et par beaucoup d’autres qui méprisaient la France chiraquienne et voyaient dans ses interventions métapolitiques une gesticulation bling-bling.
Mais je parie que, si les Tchèques font n’importe quoi (dans Courrier international, on les voit affirmer qu’ils traiteront mieux le problème russe que les Français ou les Allemands… Ah bon ?), l’Europe devra prendre, avec Sarkozy à sa tête, de tout autres mesures pour s’affirmer sur le champ international.
À l’aube du monde post-américain, il est temps que nous nous y mettions.
Un politique paradoxal : voilà ce qu’est Sarkozy, et c’est pourquoi nous avons été si nombreux à nous tromper lorsque nous l’analysions. On pourrait dire aussi oxymorique : tout comme Hugo parle de soleil noir, il nous a imposé l’idée de laïcité positive ou d’une identité métisse et volontaire.
Comme disait Spengler dans Années décisives, ce qui importe dans une race (il parlait de la Prusse ; nous parlons de l’Europe), ce n’est pas sa pureté, c’est son élan créateur. Eh bien ! pour une fois nous avons un chef d’orchestre…
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Escroqueries
Les escroqueries et autres infractions financières ont augmenté de plus de 10 % depuis un an, pour atteindre le chiffre de 380 000 sur l’année 2008 (estimation du ministère de l’Intérieur). Mieux encore : les escroqueries sur internet ont presque doublé dans le même temps pour atteindre 8 000 en 2008…
Chiffres significatifs
Sénat > Après le renouvellement triennal de cet automne, le Sénat compte 22 % de femmes, contre 18 % avant… et seulement 5 % dix ans plus tôt !
Permis > On estime que 100 000 permis de conduire auront été invalidés au cours de l’année 2008, contre 89 000 en 2007, soit une hausse de 11 % !
Décorations > L’État français remet environ 13 000 décorations chaque année !
Privé > Au premier semestre 2008, 3,2 millions de cadres étaient en activité dans le secteur privé, avec un taux de chômage de 3,8 %…
Avortement > Au total, les débats entre les deux principaux candidats à l’élection présidentielle américaine au sujet de l’avortement n’ont occupé que 1 % des articles consacrés par la presse à cette élection…
Obésité > 400 millions d’adultes dans le monde sont obèses au sens de l’OMS (indice de masse corporelle supérieur à 30, quand la « norme » est de 18,5 à 25). D’ici 2015, l’OMS estime que 700 millions d’adultes seront obèses et 2,3 milliards en « surpoids » (IMC compris entre 25 et 30)
Achat en ligne > Malgré la crise, le panier moyen d’achat en ligne des Français, à la veille de Noël, reste stable à 94 euros. |
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