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Sarkozy ou pas, ça n’a plus d’importance


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Lambert Christian - jeudi 01 avril 2010

sarkozy, impots
Il y en a encore des Français favorables à Sarkozy et tout à fait estimables. Ils figurent parmi les 30 % de ceux qui restent acquis au Président de la République, c’est-à-dire que 70 %, mesurant la différence entre les discours, les promesses et la réalité, lui sont maintenant hostiles. Ils sont à tout le moins résignés.

Eh bien, à vrai dire, tout ceci, qui donne lieu à des commentaires sans fin, n’a plus guère d’importance parce que les fondamentaux de la situation de notre pays sont désormais tellement mauvais qu’un homme seul, même doté de larges pouvoirs, n’est plus en mesure de redresser la situation. Ceci dit, Nicolas Sarkozy n’est pas entièrement responsable de cet état de choses.

En accédant en 2007 à la magistrature suprême, il a hérité de presque 30 ans de mauvaise gouvernance. Il faut en effet dater du départ de Raymond Barre de ses fonctions de Premier ministre en 1981, la transformation de la démocratie en France en démagogie. Jusque-là, le pays était dirigé de façon plutôt convenable. Tout, assurément, n’était pas parfait, mais enfin la dette était maîtrisable ; l’insécurité était contenue dans des limites supportables ; l’immigration existait sans doute, mais il ne s’agissait pas encore d’invasion de peuplement. Avec Mitterrand en 1981, tout a commencé à dériver pour en arriver à la situation d’aujourd’hui, c’est-à-dire à un bilan globalement négatif.

Une nouvelle fois, quitte à être répétitif, il me faut rappeler, parce que c’est la vie de tous les jours, que l’insécurité est générale. Il suffit d’ouvrir son poste de télévision et son journal pour être informé sur l’état du pays où les jeunes – beaucoup d’entre eux étant issus de la « diversité » – incendient 50 000 véhicules par an sur la voie publique ; où les batailles entre bandes ethniques défraient la chronique ; où les professeurs sont poignardés, frappés, insultés ; où les forces de l’ordre sont attaquées au fusil de guerre, tuées ou blessées à coups de pierres ; où plus de 5 milliards d’euros – je dis bien milliards – sont volés chaque année dans le commerce…

200 000 « jeunes » sortent tous les ans de l’Éducation nationale (aux 1,2 million de fonctionnaires) quasiment illettrés, futurs vendeurs de cocaïne et de cannabis.
4 millions de chômeurs vivent comme ils peuvent d’allocations qui creusent chaque jour davantage une dette gigantesque. La balance commerciale est lourdement déficitaire. Submer­gées d’impôts, de taxes et de paperasserie les entreprises françaises produisent trop cher et ne pensent donc qu’à se délocaliser. Je connais ainsi un chef d’entreprise qui, ayant franchi le pas, réside maintenant à l’étranger. Il est florissant et heureux comme un pape. Il fait des envieux. Tout le monde connaît aussi ces quelques artistes renommés maintenant domiciliés en Suisse, l’un d’entre eux ayant même acquis la nationalité helvétique, ce qui lui permet de vivre en France sans contrainte. Il n’est plus Français.

Beaucoup de PME sont en difficulté malgré l’aide que l’État (le contribuable) leur apporte : 65 milliards d’euros par an, soit un peu plus que le budget de l’Éducation nationale et près de 2 fois le budget de la Défense. S’agissant des grandes entreprises, 90 % des projets de Lafarge et 80 % d’Air Liquide se sont délocalisés dans les pays émergents où la fiscalité est supportable.

Quant au monde agricole, il a perdu 50 % de son pouvoir d’achat en 3 ans. Les agriculteurs sont partagés entre désespoir et colère. Ne parlons pas du formidable gaspillage de l’argent public.
On pourra se reporter à cet égard au livre que viennent de publier Robert Colonna d’Istria et Yvan Stefanovitch aux éditions du Rocher (autant dire une enquête de l’inspection des finances !) et je ne résiste pas à l’envie d’en citer une page (p. 38) : « Georges Frêche, président de gauche de la région Languedoc-Roussillon depuis 2004 est un homme de goût. Dans le cabinet de toilettes de son hôtel de fonction, il a fait acheter une ligne d’objets créés par Philippe Stark, décorateur à la mode pour clients riches : 165 euros pour le dérouleur de papier hygiénique, 396 € pour le porte-balayette, 663 € les deux porte-serviettes… » Au total, les contribuables ont payé plus de 17 000 € pour que Georges Frêche soit à l’aise dans ses toilettes. Pour autant, cet élu ne manque pas de lucidité. Diplômé d’HEC, docteur de 3e cycle ès lettres, docteur en droit, agrégé des facultés de droit et de sciences économiques, il déclare tout de go : « Ceux qui votent pour moi sont des cons (sic). » Expression d’une vérité qui le rend sympathique. On peut supposer que ceux qui ne votent pas pour lui sont aussi des cons. Donc tous des cons qui sont aussi des contribuables – qui, en outre, ont payé des deniers qu’on leur a soutirés une statue de Lénine à installer place du XXe siècle à Montpellier (achetée d’occasion, il est vrai, pour 170 000 euros). Une précision encore : la taxe foncière à Montpellier est la plus haute de France (cf Le Figaro 27/09/2009, p. 18) !

Mais on trouve d’autres Georges Frêche parmi les présidents de région. Celui de Picardie, par exemple, a fait payer par les contribuables 5 976 euros de cigares en 2005, 5 234 e en 2006, 3 567 e en 2007 (cf la revue Capital de juillet 2008). Mais lui, bien que socialiste, n’avait pas de statue de Lénine sous la main.

C’est cela la réalité. Comment voulez-vous que, dans ces conditions, le chef de l’État puisse redresser la barre ? Tout ce qu’il peut faire, c’est durer tant bien que mal, en faisant des discours. Ceci étant, il est stupéfiant que, dans un pays de 63 millions d’habitants, on ne trouve pas un seul candidat honnête, intelligent, pragmatique, compétent, pour diriger la France. En fait, c’est quasiment impossible car le système est tel que ne peut être élu à la tête de l’État qu’un candidat présenté et soutenu par l’un des deux partis dominants, les partis de gouvernement, l’UMP et le PS. Seules ces deux formations peuvent dépenser les douzaines de millions d’euros que coûte une campagne présidentielle, remboursée d’ailleurs finalement par le contribuable. Il faut payer les salaires du marketing, les rédacteurs des programmes et des discours, le coût de la publicité électorale à la télévision et dans la presse parlée et écrite, le coût des sondages orientés… La communication, ça coûte cher. La politique, c’est une entreprise payée par les contribuables et, quand les lampions sont éteints, il faut les rallumer pour les prochaines élections. En 2008, élections municipales ; en 2009, élections européennes ; en 2010, élections régionales ; en 2011, élections cantonales ; en 2012, élections présidentielles et législatives…

Puis-je me permettre de dire que ce n’est pas ce cirque géant qui va augmenter notre pouvoir d’achat et diminuer notre feuille d’impôt ?
Pour terminer, j’en reviens au titre de cette chronique, si l’actuel chef de l’État est réélu en 2012 (et ce sera très difficile), les mêmes causes produiront les mêmes effets négatifs et, si c’est son adversaire socialo-communiste, ce sera pire encore !

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