Rouxel Jean - mercredi 07 mai 2008
reformes, sarkozy
Le 5 mai 2007, Nicolas Sarkozy parvenait à la magistrature suprême après une campagne remarquable. Parmi les principaux acquis de cette campagne, il faut mettre au crédit du candidat une « décomplexion » de la droite, que nous avions pas vue depuis 40 ans.
Pourtant, dès la campagne, un aspect du candidat était assez inquiétant : son objection de principe à toute réflexion doctrinale, le fait d’ériger le « pragmatisme » en unique valeur politique et, conséquence de cette absence de réflexion de fond, un véritable inventaire à la Prévert des promesses électorales…
Un an après, où en sommes-nous ? En dehors de l’aspect « bling bling », peu enthousiasmant, mais finalement assez véniel, deux points caractérisent cette première année : la rupture dans le style et la lenteur des réformes sur le fond. La rupture dans le style était dangereuse, mais aussi politiquement porteuse – ce qu’on oublie trop ces derniers temps. Certes, l’image du Président y a beaucoup perdu depuis trois ou quatre mois : on lui reproche de ne pas assez bien incarner l’image du père, voire du monarque. Ce qui est évidemment vrai. Mais rappelons que Sarkozy n’avait pas le choix : pour incarner la rupture, ce véritable fils de Chirac était obligé d’imposer une rupture symbolique aux médias.
Mais cette rupture dans le style a pour principal intérêt que, désormais, le chef de l’État assume vraiment ses responsabilités, sans se cacher derrière son Premier ministre. Et l’on ne saurait que se réjouir de cette prise de responsabilité…
Sur le fond, quel est le bilan de cette première année de gouvernement ? Il est à la fois impressionnant si on le compare avec les mandatures précédentes et nous semble désespérément faible si on le compare avec l’urgence de la situation. Réforme des régimes spéciaux, suppression ou, du moins, forte diminution des droits de succession, défiscalisation des heures supplémentaires… Le bilan est loin d’être nul!
En revanche, l’État tarde toujours à présenter des budgets à l’équilibre – condition sine qua non pour une restauration des finances publiques. La réduction du déficit est même reportée à 2012, alors qu’il y a urgence ! Rien ne semble venir non plus de sérieux du côté de la diminution des effectifs de la fonction publique. Et, tandis que les frais de fonctionnement restent colossaux, les investissements notamment dans les domaines régaliens fondent comme neige au soleil.
Bref, Sarkozy part sans doute dans la bonne direction – ce qui est un « plus » appréciable par rapport à ses prédécesseurs –, mais il est beaucoup trop lent…
Partager cet article sur Facebook
Recommander cet article sur les sites de syndication d'information :

3 commentaires - Ecrire un commentaire
|