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Sarkozy : retour aux électeurs de droite


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Rouxel Jean - mercredi 09 avril 2008

reformes
Comme l’avait écrit Alain Dumait (n° 633), Nicolas Sarkozy doit à présent se battre le dos au mur. L’échec des municipales l’oblige, en effet, à se « recentrer » sur la droite. Excellent tacticien, il semble qu’il s’apprête à le faire : l’annonce des coupes claires (et non pas sombres, me souffle un lecteur !) dans le budget est un premier pas en ce sens ; le fait de n’avoir pas accentué l’ouverture lors du remaniement ministériel en est un autre.

Bien sûr, les coupes budgétaires sont insuffisantes. Bien sûr,la logique des réformes reste incompréhensible (et donc politiquement dangereuse et économiquement inefficace). Mais il faut saluer tout de même l’effort important de retour aux électeurs de droite. Il est probable que le maintien au gouvernement de ministres ayant été défaits aux municipales doit également se comprendre de cette façon : sacrifier des ministres pour des réformes impopulaires. C’est, en particulier, le cas pour Xavier Darcos qui, malgré sa défaite à Périgueux, se trouve en première ligneface aux syndicats enseignants.

De même, l’ouverture qui, contrairement à ce que l’on aurait pu attendre, n’a rien rapporté politiquement est suspendue.
Dans le même temps, les évacuations de clandestins se poursuivent. Ainsi, vendredi 4 avril, quelques dizaines de clandestins ont-ils été évacués de l’EHESS par la police, sans obtenir le rendez-vous qu’ils réclamaient avec le cabinet de Brice Hortefeux.

Il est ainsi probable que Sarkozy et Fillon, au moins dans un premier temps, contraints à la fois par la crise économique et par l’échec électoral, vont faire tenir leur politique en deux mots d’ordre : retour à l’électorat de droite et pas de problèmes politiques avec nos alliés, en particulier anglo-saxons.
C’est ce dernier aspect qui justifie le changement d’alliance en Europe, au cours du déplacement à Londres, et l’augmentation imprévue du contingent français à Kaboul.

Mais, si cela peut sans doute être de bonne politique (en temps de crise mondiale, jouer les donneurs de leçons, n’est certainement pas prudent…), c’est aussi le point le plus risqué de cette inflexion de la politique gouvernementale. D’une part, en effet, l’alignement sur l’OTAN n’est pas populaire en France. Mais, surtout, d’autre part, une telle intensification de notre engagement militaire, au moment même où nous diminuons nos dépenses militaires, donne cet aspect d’incohérence qui s’attache malheureusement depuis des années aux réformes des gouvernements de droite…

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