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Sarkozy sur le toboggan |
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Lance Pierre - mercredi 06 février 2008
Les sondages d’opinion sont désormais un instrument indispensable de la démocratie, surtout au sein des États qui ont peur du référendum, comme le nôtre. Et nous avons la chance d’avoir en France les instituts de sondage parmi les meilleurs du monde. N’écoutez jamais ceux qui vous diront que les sondages se trompent : Ils ne disent cela que lorsque le résultat de l’un d’eux leur déplaît et qu’ils font preuve alors d’une mauvaise foi si radicale qu’elle en est comique.
Je l’ai encore vérifié récemment lorsque j’ai fait état des 88 % de Français favorables à la légalisation de l’euthanasie volontaire (sondage Sofres de mars 2007), ce qui m’a valu quelques lettres ahurissantes d’opposants à cette légalisation qui refusent d’admettre la validité de ce sondage, ce qui est pitoyable.
On a parfaitement le droit - souvent même le devoir - de ne pas être d’accord avec l’opinion de la majorité des citoyens, mais il faut avoir l’honnêteté de reconnaître la réalité de cette opinion. Il n’est jamais déshonorant d’être minoritaire, mais il l’est de le nier quand c’est le cas.
La marge d’erreur d’un sondage est en fait extrêmement réduite (3 % au maximum) et résulte simplement du fait que le panel représentatif de la population, qui compte généralement un millier de personnes environ, ne peut pas intégrer les rares cas particuliers d’individus hors normes, qui, fort heureusement, existent. L’opinion publique évolue, et lorsque les opinions se partagent presque à égalité,
48 contre 52 %, voire 49 contre 51, il est évident qu’une marge d’erreur de 1 à 3 % a son importance.
En revanche, lorsqu’une opinion réunit plus de 60 % d’avis favorables, 1 à 3 % d’erreurs ne peuvent l’affaiblir, a fortiori si elle dépasse 80 %. Or, Nicolas Sarkozy, qui, peu après son élection, caracolait avec plus de 70 % d’opinions favorables, preuve d’un large soutien du peuple français, a vu sa cote de popularité s’effondrer sous la barre des 50 %, où il « rame » péniblement aujourd’hui. Faut-il le déplorer ? Non, bien au contraire, et surtout si l’on est de ceux qui ont voté pour lui. Car il faut espérer que ce désaveu des Français lui fera prendre conscience de ses erreurs et de ses maladresses et les lui fera corriger. Sinon, plus dure sera la chute, pour le président comme pour le pays, tous deux avidement guettés par les vautours socialistes.
Malgré ce que disent certains, je ne crois pas que la médiatisation de sa vie privée lui ait porté tort. D’abord parce que Mme Carla Bruni semble réunir tous les charmes de la beauté, de l’intelligence, de la gentillesse et de la culture. Ensuite parce que, le mariage étant célébré, tout rentre dans l’ordre, et les Français savent bien qu’il vaut mieux avoir pour président un homme heureux. Il n’en sera que plus fort pour vaincre les obstacles et l’adversité, au service de la nation.
Alors, pourquoi les Français ont-ils été déçus ?
D’abord parce qu’il leur a semblé que leur président mettait moins d’audace et d’énergie dans la conduite des réformes qu’il n’en avait mises dans leur énoncé, et qu’il n’était pas assez combatif face aux coalitions conservatrices et réactionnaires, notamment syndicales.
Ensuite parce qu’ils voulaient une réduction importante et rapide de l’appareil d’État - l’un des plus lourds au monde - et qu’ils ne l’ont pas vu se produire, ou trop timidement.
Or, nos compatriotes sont bien conscients que cette réduction, en réorientant par une baisse des impôts le revenu des citoyens vers la sphère productrice et privée, peut seule améliorer leur pouvoir d’achat. Enfin, et peut-être surtout, ils désapprouvent le fait que Nicolas Sarkozy veuille leur imposer par une voie détournée, en l’occurrence parlementaire, la Constitution européenne qu’ils avaient refusée. Même ceux qui avaient voté oui, dont je suis, condamnent cette ruse, qui a de surcroît l’effet désastreux de démontrer que les prétendus représentants du peuple ne le représentent nullement.
Si l’on ajoute à cela les rumeurs sur un projet de réforme de la laïcité qui aurait pour but de faire payer aux contribuables français la construction des mosquées, la coupe déborde et le jeune marié divorce de la France.
Ressaisissez-vous, Monsieur le Président, et faites ce pourquoi vous avez été élu !
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