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Sarkozy : tout reste à faire


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Milliere Guy - mercredi 21 mai 2008

sarkozy
J’aimerais écrire pour la fin de la première année de présidence de Nicolas Sarkozy, écrire un article favorable. J’aimerais vraiment. J’ai déjà souligné ici que j’avais trouvé profondément salubre le fait qu’en se rendant aux États-Unis, Sarkozy ait rompu avec la vaine arrogance antiaméricaine qui a si souvent caractérisé la politique française, tout particulièrement chez les « gaullistes »…

Je me suis réjoui aussi du rapprochement avec Israël et de l’amorce de cassure par rapport à une politique si souvent cynique et cauteleuse vis-à-vis du monde arabe. J’ai espéré, voici un an (d’une manière toujours plus modérée, certes), qu’une effective « rupture » s’opérerait en ce pays. Je n’ai pas voulu porter de jugement hâtif. Je veux bien penser qu’il reste quatre années. Je discerne aisément que la quasi-totalité de ceux qui critiquent Sarkozy aujourd’hui en France le font depuis les préjugés d’une gauche débile, ou depuis la myopie étriquée d’une droite crispée. Je discerne aussi que le pire a été évité avec la défaite de l’arrogante cruche qui règne sur le Poitou.

Néanmoins : je ne puis que dire mon inquiétude. Les rafistolages et les gadgets abondent, mais les décisions sérieuses et profondes sont absentes. On tente, par quelques subterfuges, de sauver la Sécurité sociale qui, néanmoins, continuera à coûter de plus en plus cher tout en répondant de moins en moins à son rôle supposé d’assurance maladie. On tente d’allonger le temps de cotisations pour essayer de ralentir l’effondrement prévisible du système de retraites par répartition. On affiche des chiffres du chômage qui « baissent », à mesure que le vieillissement de la population se poursuit. On aménage le RMI, la semaine de trente-cinq heures, quelques règles du commerce, mais on ne touche pas à de multiples rigidités qui continuent à entraver l’esprit d’entreprise et l’investissement. On pratique une « réforme » de l’université qui ne crée pas les conditions d’une ouverture vraie vers le secteur privé.

L’erreur fondamentale a été de ne pas tenir d’emblée un discours sans fard et de ne pas dire, dès le lendemain de l’élection, à quel point la situation était préoccupante. Le reste a suivi. Lorsqu’on n’ose pas dire clairement que le déclin est amorcé et que la chute se rapproche, on est condamné à une forme de fuite en avant.

On promet du « pouvoir d’achat » : comme si celui-ci dépendait de décisions gouvernementales, et non d’une dynamique de liberté qui impliquerait un retrait drastique de l’interventionnisme d’État. On préserve les syndicats, on flatte les écologistes, on parle d’un « modèle social européen » dont personne ne veut hors des frontières de la France. On « promet » de sauver des usines qui, de toute façon, fermeront et, pour bien montrer qu’on a tout compris à l’économie post-industrielle, on dit qu’on ne conçoit pas un pays développé qui ne garde pas une classe ouvrière.

Parce qu’il faut faire marcher le commerce et l’économie mixte, on se jette aux pieds des autocrates chinois, on laisse le dictateur libyen se conduire à Paris en capitale conquise, on va courtiser les dirigeants algériens et tunisiens en leur tenant des discours ambigus. On montre qu’on préfère Chavez à Uribe pour ce qui concerne l’Amérique latine.

Ce qui manque en ce pays, ce sont des hommes politiques courageux et lucides : il en existe, je sais, mais ils sont marginalisés. Ce qui manque pour que le courage et la lucidité puissent avancer dans la classe politique, c’est une réflexion de fond qui soit à même de se faire entendre.

Il y a, certes, l’opiniâtreté remarquable de quelques-uns, tels Jacques Garello ou Pascal Salin. Il y a le travail de quelques think tanks qui, faute de recevoir le soutien de grands entrepreneurs, ne peuvent jouer le rôle que des structures équivalentes jouent ailleurs, à Londres, Dublin ou Washington. Il y a les excellents livres publiés sous la responsabilité de Mathieu Laine chez Lattès, ceux que je commence à faire paraître chez Cheminements, quelques autres : Alain Laurent aux Belles Lettres, Philippe Nataf à l’Institut Charles Coquelin, Nicolas Lecaussin

C’est trop peu. Je ne puis m’empêcher de me dire que l’avenir n’est pas prometteur et porte des tendances lourdes et grises. J’aimerais, très vivement, me tromper. Je ne vois, pour l’heure, aucun signe me montrant que je me trompe…

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En bref
FN
 «Qu’on ne vienne pas nous dire que le FN fait le jeu de la gauche ! On a donné les clés du pouvoir à la droite et elle ne s’en est pas servie. C’est la politique de Sarkozy qui fera repasser la gauche, pas nous !»
Stéphane Ravier,
chef de file du FN à Marseille

SIC
Réforme «C’est la réforme qui amènera les économies et ce sont les économies et la croissance qui amèneront la réduction des déficits.»
Nicolas Sarkozy

Ouverture «La société française veut le changement, mais elle est émiettée, faite de châteaux forts, de gens qui se défendent…»
Max Gallo, historien

Paradisiaque «En 1968, chômage ? Connaissait pas. Le sida ? Pas davantage. La dégradation climatique ? Non plus. C’est la dernière révolte qui ne savait rien du CO2…»
Daniel Cohn-Bendit

Patronat «Les turpitudes du patronat, il y en a marre et je suis heureux de constater que Mme Parisot sait faire le ménage chez elle !»
Bernard van Craeynest,
président de la CFE-CGC

Atlantisme «Face à la dérive atlantiste de Nicolas Sarkozy, il faut se mobiliser contre tout retour à une politique des blocs !»
Jean-Marc Ayrault, président
du groupe PS à l’Assemblée

Égalité «Nous sommes obligés d’assurer l’égalité républicaine, ce que ne fait plus l’État !»
Michel Vauzelle,
président PS de la région PACA

Islam «Le projet des socialistes est de rendre l’Espagne à l’islam, qu’il a fallu huit siècles pour liquider de la péninsule !»
Federico Losantos, chroniqueur de la radio espagnole COPE




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