Menou Pierre - lundi 13 février 2012
2012, sakozy
C’est fou ce que l’approche de l’élection présidentielle peut vous changer un homme. Ainsi, Nicolas Sarkozy a changé. Du tout au tout. C’est lui qui le dit, dans Le Figaro-Magazine : « Si la question est de savoir si j’ai réfléchi, sur le fond et sur la forme, ma réponse est oui. »
Oui, il veut reste président de la République.
Donc oui, il a changé. C’est pratique et ça permet de faire de nouvelles promesses à l’électorat de droite qui s’est fait empapaouter en 2007, en expliquant pourquoi il n’a pas procédé au cours des cinq années qui viennent de s’écouler aux réformes qu’il annonce pour les cinq prochaines : il a changé !
Résumons-nous : en 2007, le candidat Nicolas Sarkozy tenait un discours plutôt de droite, qui a séduit un certain nombre d’électeurs lepénistes et qui lui a permis de mobiliser à fond les électeurs de la droite parlementaire, autrement dit ceux de l’UMP.
Une fois élu, le président Sarkozy a changé. Il a envoyé promener la droite, a nommé à la jeunesse et aux sports Roselyne Bachelot, personnellement favorable au mariage homosexuel (ce qui entretenait une ambiguïté sur sa propre opinion), a laissé son ministre de l’Education nationale inscrire le Gender dans les programmes, a cherché les moyens de faire financer sur l’argent public la construction des mosquées, a estimé que l’entrée sur le territoire national de 180 000 immigrés légaux par an était un minimum, a promu la politique de discrimination dite « positive », qui n’est jamais qu’une discrimination négative à l’encontre des Français de souche, a conçu une réforme des retraites qui pèsera surtout sur les salariés du privé.
Sous son quinquennat, le déficit public a explosé et la dette publique s’est considérablement accrue. Lui, qui affirmait ne pas avoir été élu pour augmenter les impôts¸en a créé plus de quarante et la fiscalité se porte beaucoup mieux que la croissance. Lui, qui estimait que la conservation du triple A valait tous les sacrifices, n’a pas su empêcher que la France le perde.
En revanche, il est un point sur lequel Nicolas Sarkozy a été fidèle à lui-même : il n’a cessé de saborder la souveraineté nationale, d’abord en imposant le traité de Lisbonne, puis en réintégrant les forces françaises dans le commandement intégré de l’OTAN, et aujourd’hui en satellisant la France en orbite autour de l’Allemagne, planète maîtresse de l’Europe, au risque de faire sortir notre pays de l’histoire, mais avec l’espoir qu’Angela Merkel nous sauvera – en dédouanant Sarkozy lui-même– de la crise économique majeure qui menace d’éclater dans les mois qui viennent.
Au vu d’un tel bilan, on peut comprendre qu’une vaste partie de ses anciens électeurs se détournent de lui. Mais rien n’est perdu, pour peu que Marine Le Pen ne parvienne pas à obtenir ses 500 signatures. Au contraire, dans ce cas tout redevient possible pourvu qu’il parvienne à rassurer et à récupérer cet électorat de droite.
A la veille de redevenir le candidat Sarkozy, le temps est donc venu de changer de nouveau. Il sera toujours temps, en cas d’élection, de rechanger derechef.
C’est ça, la politique.
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