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Sarkozy va-t-il se convertir à la démocratie directe ?


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Rouxel Jean - mardi 14 février 2012

sarkozy, 2012
Parmi les récentes propositions qu’a faites le chef de l’État, dans son très droitier entretien de samedi dernier au « Figaro Magazine », figure la proposition d’un référendum sur le système d’assurance-chômage.

Pourquoi ne pas le dire ? Cette idée me semble extrêmement séduisante.

Depuis longtemps, nous disons dans ces colonnes que, pour passer par-dessus des « courroies de transmission » qui ne transmettent plus rien (tout spécialement les médias et les syndicats), il existe une solution pour faire passer des réformes impopulaires : s’adresser directement au peuple par la voie du référendum (c’est, encore dans ce numéro, ce que propose Guillau­me de Thieulloy en p. 8).

Il faut se réjouir que Nicolas Sarkozy ouvre enfin les yeux à cette réalité.

Cependant, il convient de ne pas être dupe.

Tout d’abord, hélas, Nicolas Sarkozy nous a montré, voici quelques années, le mépris dans lequel il tenait les consultations populaires. Comment lui faire confiance sur un référendum en matière sociale, quand il a piétiné un référendum en matière constitutionnelle (le référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen, qui fut évacué par le Parlement dès 2007) ?

Par ailleurs, en matière sociale, le récent sommet, qui s’est tenu à l’Élysée en janvier, a montré que Nicolas Sarkozy continuait à considérer que les syndicats (pourtant archi-minoritaires, particulièrement dans le secteur privé) comme « représentatifs ». La loi de 2008 sur la représentativité syndicale a été, à cet égard, un coup d’épée dans l’eau. Elle a même plutôt durci le quasi monopole des cinq centrales syndicales majoritaires.

On continue à financer les syndicats – qui tirent à boulets rouges sur les producteurs et les entrepreneurs – par nos impôts. On continue à cacher ce système de financement au public (comme le montre l’enterrement du rapport Perruchot).

Enfin, le contexte de cet entretien dans le « Figaro Magazine » ne contribue pas à nous rendre la confiance. Manifestement, cet entretien vise à réitérer le « coup » de 2007 en attirant l’électorat du FN. Évidemment, c’est mieux que les insultes de Chirac. Mais comment empêcher les déçus du sarkozysme de dire : « Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait avant ? »

Bref, nous applaudirions volontiers à cette initiative référendaire du candidat Sarkozy, si nous étions convaincus que, cette fois, il tiendra ses promesses et renoncera à sa funeste « ouverture à gauche ».


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