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Sauver ou réformer le modèle social français


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Dumait Alain - dimanche 11 septembre 2005


Jacques Chirac est très satisfait de son nouveau dauphin, Dominique de Villepin dont l’action et le  programme, comme Premier ministre, depuis 100 jours et encore en principe pour 20 mois, sont dans la droite ligne de la philosophie politique du Chef de l’Etat.

À cet égard, l’accident cérébral dont il a été victime le vendredi  2 septembre change un peu la donne des élections présidentielles de 2007 : le Premier ministre apparaît désormais comme le successeur préféré du Président. Les nouvelles mesures annoncées et détaillées lors de sa conférence de presse du jeudi 1er septembre ont été qualifiées à La Baule, par Nicolas Sarkozy, à l’occasion de l’Université de l’UMP, de « saupoudrage ». En effet, l’ensemble est constitué de petites touches, sans aucune grande réforme. On ajoute des dispositifs à tous ceux qui existent déjà, ainsi en matière de droit du travail, avec le contrat de « retour à l’emploi ». Rien n’est supprimé. On superpose. Le système social devient chaque jour plus complexe.

Cela ne veut pas dire que l’entreprise est dénuée d’idéologie. Au contraire. Car il s’agit, ni plus ni moins, de sauver ce qu’ils appellent le « modèle social français », c'est-à-dire ce socialisme à la française que défendent l’ensemble des partis politiques dits » de gouvernement », l’ensemble des syndicats, comme l’ensemble des associations « citoyennes » ayant accès aux médias (et toujours grassement subventionnées).

Une des bases de ce « modèle » est la « politique de logement social ». On remarquera que, sur ce point, la droite et la gauche font constamment de la surenchère. À Paris comme ailleurs. Et évidemment, au plan national. Pourtant, la promesse d’un logement bon marché pour l’immense majorité des Français - mais aussi pour les étrangers, qu’ils soient d’ailleurs en situation régulière ou non - sous-jacente au terme même de « logement social », est non seulement un gouffre financier pour la collectivité mais encore un leurre, dont on peut mesurer chaque jour les conséquences perfides et vicieuses.

Au plan économique, une telle politique accrédite l’idée fausse et dangereuse selon laquelle un bien pourrait avoir une valeur différente selon les capacités financières de l’acquéreur. « À chacun selon ses besoins ; de chacun selon ses moyens ». C’est du communisme, de la forme la plus utopiste, d’avant le marxisme…

Au plan moral, le système engendre davantage d’inégalités que celles auxquelles il prétend répondre. Et les bénéficiaires, privilégiés parmi les pauvres, en arrivent progressivement à perdre tout sens des responsabilités.

Au plan politique, quand le logement devient un secteur échappant largement aux lois du marché, il ne peut qu’obéir aux groupes de pression. Et on vient de voir, à l’occasion des incendies qui se sont déclarés dans plusieurs immeubles squattés de Paris, que le principal groupe de pression maintenant en place était celui des immigrés africains défendus par des organisations structurées, agitant le spectre de la violence sociale.

En tout cas, quand le Premier ministre annonce un nouvel effort de l’État dans ce domaine, il peut être sûr que son message sera reçu cinq sur cinq, dans tout le pays mais également au fin fond des villages d’Afrique : en France l’école est gratuite, les soins de santé aussi, mais encore le « droit au logement » existe… Le relogement prioritaire d’une famille d’immigrés clandestins suscite certainement des centaines ou des milliers de vocations. Et davantage encore s’il s’agit d’une famille polygame…

En URSS, chaque année, au moment de faire les comptes des récoltes de céréales, il fallait se rendre à l’évidence : la collectivisation ne marchait pas. Chaque année, les dirigeants soviétiques prenaient la même décision : ils augmentaient le nombre des tracteurs…

Aussi longtemps que l’UMP s’imaginera l’emporter sur la gauche avec des propositions encore plus mirobolantes en matière de logement social, nous continuerons, dans ces colonnes, à la qualifier de fausse droite.


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