Dumait Alain - dimanche 06 mars 2005
Pierre Lance publie chez Guy Trédaniel le deuxième volume de « Savants maudits, chercheurs exclus », dont nous avions rendu compte ici même, il y a environ un an et demi. C¹est la suite. Douze nouvelles notices, d¹une trentaine de pages chacune, viennent donc s¹ajouter à celles déjà consacrées à René Quinton, René Jacquier, Antoine Priore, Jean Solomidès ou Mirko BeljanskiŠ Cette fois, il nous parle de Linus Pauling, de Norbert Duffaut, de Jacques Benveniste, ainsi que de Nicola Tesla, André Gernez, Gaston Naessens, David Rees-Evans, Jean-Pierre Maschi, Paul Thépenier, Pierre Delbet, Auguste Lumière et Louis Kervran. Ces douze savants qui, à l¹exception de Nicola Tesla, ont ¦uvré dans le domaine de la santé ont tous un point commun : ils ont soulagé leurs contemporains malades, ils ont voulu faire reconnaître leurs découvertes, et ils en ont été récompensés par des persécutions, des exclusions, des calomnies et des dénigrements. Ce sont tous des scientifiques de haut niveau dont les travaux (et les découvertes) ont été rejetés ou occultés par les puissants du jour, au détriment de la civilisation tout entière. Le chapitre consacré à Auguste Lumière (né en 1862 et mort en 1954) est sans doute l¹un des plus réussi. Non seulement parce qu¹il est un, peu plus long que les autres, mais encore parce que l¹auteur, on le sent, s¹identifie à ce modèle davantage qu¹avec tout autre. Il nous parle d¹Auguste Lumière, bien connu pour avoir inventé le cinématographe, mais méconnu au titre de ses découvertes médicales (à l¹exception peut-être du Tulle Gras Lumière, au baume du Pérou, toujours fabriqué, et qui fait merveille contre les brûlures). En fait, Pierre Lance nous parle assez peu des 103 découvertes dûment inventoriées et issues des travaux d¹Auguste Lumière. Il préfère nous instruire du combat du grand homme (par ailleurs riche et célèbre) contre la dictature médicale, thème de son ouvrage publié en 1941, et intitulé « Les Fossoyeurs du Progrès Les mandarins contre les pionniers de la science ». Car Pierre Lance, qui se défie des religions (comme nos lecteurs le savent bien et même, pour certains, le savent tropŠ) se méfie davantage encore de la religion médicaliste, avec ses dogmes, ses pontifes, ses inquisitions et ses profiteurs, qui se dissimulent sous le masque de la science et du progrès, qui favorise l¹immobilisme en refusant tout progrès qui ne sort pas du sérail. Dans ce chapitre comme à plusieurs autres endroits du livre, Pierre Lance élargit son sujet pour embrasser le vaste problème des inventeurs, des découvreurs, des pionniers, presque toujours rejetés et méchamment bannis. Page 227, il écrit : « Si j¹ai voulu écrire ce livre, c¹est dans l¹espoir que quelques-uns de mes contemporains prennent conscience de ces injustices et de ces ingratitudes qui ont frappé tant de novateurs et qui continuent à les frapper chaque jour ». On s¹imagine qu¹avec la diffusion actuelle de l¹information, il n¹est plus possible d¹occulter une découverte capitale. Comme dit un leitmotiv imbécile « si c¹était vrai, ça se saurait ! ». Hélas, c¹est exactement le contraire. Je sais que Pierre Lance fait partie de ceux qui, en France, voue un véritable culte à Ayn Rand, l¹auteur en particulier de « La Source Vive », dont le héros incarné à l¹écran par Gary Cooper, dans une adaptation intitulée « Le Rebelle » préfère détruire son ¦uvre plutôt que de la laisser dans des mains indignes. Jamais les rebelles ne se ressemblent. Ils sont tous différents. Ils sont individualistes. Ils sortent des sentiers battus. Et ils y vont seuls. Pour découvrir ce que le conformisme nous cache. Pierre Lance aime les personnages maudits dont il nous parle. Voilà pourquoi il nous passionne !
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