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Scandale dans l'Église


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Courrier - lundi 10 mai 2010


Les journalistes parlent volontiers d'un « immense scandale » de pédomanie (1) qui toucherait l'Église catholique. Ils oublient volontairement que, pour que ce scandale puisse paraître « immense » aux yeux des personnes mal informées, il a fallu aller fouiller les archives sur une période qui couvre plus d'un demi-siècle et dans le monde entier et aller, avec la volonté de tenir toute dénonciation d'un prêtre ou d'un religieux comme véridique, fouiller les mémoires de dizaines de milliers de personnes dont certaines se seraient souvenus de sévices remontant à des décennies. On sait pourtant que la mémoire est sujette à la création de faux souvenirs et que c'est encore plus vrai lorsque l'on va réveiller des « souvenirs enfouis » ... Un scandale à propos de prétendues orgies démoniaques aux États-Unis et l'affaire d'Outreau en France l'ont démontré.

Aucun corps de métier, aucune institution ne résisterait mieux, ni même aussi bien, que l'Église catholique à pareil traitement.

On peut certes reprocher à la hiérarchie catholique d'avoir « jeté le manteau de Noé » sur les turpitudes avérées de certains. Mais il ne faut pas oublier que, jusqu'à une période toute récente, c'était ce que faisaient toutes les institutions lorsque certains des leurs avaient une conduite susceptible de jeter sur elles le discrédit : les enseignants se sont longtemps vu interdire de porter plainte pour les agressions et autres délits dont ils pouvaient être victimes de la part de leurs élèves ; il ne fallait pas nuire à la réputation de l'établissement scolaire, ni à celle de l'Éducation nationale.

Le pape Benoît XVI, avant même d'accéder au souverain pontificat, avait pris des mesures pour mettre fin à ce silence qu'à juste titre il jugeait délétère. En particulier, une instruction de 2001 qui lui est reprochée, non seulement ne favorisait pas l'étouffement de telles affaires, mais interdisait qu'un prêtre coupable se fasse absoudre par un prêtre ami, ou, pire, qu'il avoue son crime en confession à son supérieur ou à son évêque, empêchant celui-ci de prendre toute mesure publique le concernant, en raison du secret de la confession.

L'acharnement de certains contre le pape a quelque chose d'odieux, au point de laisser parfois l'impression que ceux qui tentent de le couvrir de boue ne cherchent nullement à défendre l'enfance menacée (alors que certains organes de presse qui s'acharnent aujourd'hui contre le Saint-Père ont naguère affirmé, pour défendre des amis politiques ou médiatiques, que la pédomanie n'avait rien de criminel), mais qu'ils cherchent à détruire la personne de Benoît XVI : je veux dire à le blesser moralement, au point d'abréger ses jours.


Marie Merlin

(1) J'emploie ce mot et non celui de pédophilie, car les êtres immondes qui attaquent sexuellement les enfants ne les aiment pas, comme l'indiquerait le suffixe "phile" ; mais ils sont atteints d'une abominable manie. C’est pourquoi je préfère user des mots de pédomane et de pédomanie.


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