Trémeau Bernard - dimanche 05 juin 2005
L’IFRAP , sous la houlette de Bernard Zimmern, vient de publier un numéro de sa revue « Société Civile » consacré aux privilèges de la RATP (www.ifrap.org). Chaque gouvernement, les gouvernements Raffarin comme les autres, rajoute son privilège à ces pauvres agents de la RATP, qui sont atteints de grèvomanie. Quand on travaille dans un monopole d’État, on peut se mettre en grève sans arrêt, on ne risque pas de perdre son emploi et on ne peut pas mettre en faillite son patron, puisque le patron, c’est l’État. On obtient ainsi au fil des ans bien des petits avantages… Dans un pays où l’égalitarisme est la bible des responsables politiques, un monde totalement inégalitaire s’est créé, celui des employés de l’État. La RATP en est l’un des plus beaux fleurons. – Effectifs: Les effectifs augmentent régulièrement, environ 1000 agents par an, alors que le trafic ne progresse pas, et même diminue depuis deux ans. Bien entendu, ces augmentations d’effectifs sont accordées pour augmenter la sécurité des usagers, c’est évident. – Productivité: Paris et Tokyo ont environ le même nombre d’agents au service du métro. Tokyo transporte deux fois plus d’usagers que Paris. Conclusion, si vous allez à Tokyo, prenez un taxi, le métro doit être très dangereux! – Temps de travail: entre 25 et 30 heures par semaine. La sécurité des voyageurs exige qu’on se repose souvent. Le chirurgien qui travaille 60 heures par semaine doit être très dangereux… – Repos annuel: quatre mois (121 jours), mais ceux qui ne veulent se reposer que trois mois et demi, peuvent travailler pendant quinze jours supplémentaires, en étant payés plus cher, bien évidemment. – Salaire: Le SMIC à la RATP est de 1300 euros par mois (400 euros de plus que dans le privé). Le salaire moyen augmente de plus de 3% par an. Il est de 2100 euros par mois, alors qu’il n’est que de 1800 dans le privé et un treizième mois a généreusement été accordé en 2004. – Primes: Elles sont légion à la RATP (prime de qualification, prime de rendement, prime de dimanche , prime de travail de nuit, prime de salissure ou prime de soudure…). – Chômage : exclu , un employé de la RATP est employé à vie – Âge moyen de la retraite: 54 ans. On devient dangereux après cet âge. – Retraite: La retraite représente 85 % du dernier salaire. – Assurance maladie: Remboursement à 100%. Cotisation d’abord totalement à la charge de la RATP, puis, depuis quelques années, 70% des dépenses médicales sont prises en charge par la Sécurité Sociale et 30% par une mutuelle finalement financée indirectement par la RATP. – Comité d’entreprise : 2,9% de la masse salariale versés au comité d’entreprise (0,25 dans le privé): restaurants, centres de vacances, parcs de loisirs à des prix défiant toute concurrence… Tous ces privilèges ont un coût. Un coût exorbitant pour le non privilégié. Malgré une forte augmentation des billets de métro, essayant de compenser les augmentations d’effectifs, la vente des billets rapporte 1,5 milliards d’euros pas mois, tandis que les salaires représentent 2,2 milliards d’euros. Nous payons donc par nos impôts 700 millions d’euros par mois pour que les agents de la RATP jouissent de leurs tout petits privilèges. Un monopole d’État vaut bien cet effort. Mais, pour que la RATP présente des comptes équilibrés, l’argent versé par l’État transite par des réseaux spéciaux. La dette de la RATP augmente régulièrement, mais ses comptes annuels ne sont plus au rouge. Les syndicats peuvent toujours exiger un peu plus… Le financement des retraites est encore plus catastrophique. Il ne peut pas être assuré par la RATP qui maintenant emploie 1,12 actif pour 1 retraité. Il ne peut être assuré que par nos impôts. Un énorme trou de 18,2 milliards d’euros, qui augmente tous les ans d’environ un demi milliard . Dans l’ancien régime, les petits marquis étaient des privilégiés. Mais leurs privilèges ne venaient pas à la cheville de ceux des agents de la RATP. Ils ont eu la tête coupée.
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