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Schröder paie son “immobilisme réformateur”!


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Rouxel Jean - mercredi 25 mai 2005


Gehrard Schröder, le meilleur soutien de Jacques Chirac en Europe, vient d’essuyer un cuisant revers électoral dans son fief de Rheinland-Westphalie: son parti, le SPD, ne recueille que 37,1% des voix contre 44,8% à la CDU, perdant ainsi le dernier Land qu’il détenait encore. Du coup, le chancelier social-démocrate imagine de rejouer la scène de la dissolution qui avait si peu réussi à Chirac en 1997, en déclenchant des législatives anticipées.
Au-delà de l’intérêt de voir tomber un des bastions de la social-démocratie, la défaite de Gerhard Schröder est riche d’enseignements également pour la politique française.
Il est probable que Jacques Chirac et les médias français interprètent ces enseignements à l’envers, considérant que Schröder a été sanctionné à cause des réformes de l’État-providence qu’il avait entreprises outre-Rhin. Pour le chef de l’État, ce sera sans doute un alibi pour justifier son immobilisme.
Or, selon toute vraisemblance, Gerhard Schröder n’a pas été sanctionné pour ses réformes; il l’a été pour sa tiédeur. On comprendrait mal sinon pourquoi l’extrême gauche allemande n’a guère profité de la déroute du SPD. Le grand gagnant est une CDU modernisée et vigoureusement opposée à la social-démocratie, sous la houlette d’une leader charismatique, Angela Merkel, qui déclare: “Chaque jour pendant lequel la coalition rouge-verte ne gouverne pas est un bon jour pour l’Allemagne!”
Le SPD a pâti de son image brouillée: à la fois défenseur de l’État-providence et réformateur. La communication politique est bien plus manichéenne et les électeurs le sont aussi, par voie de conséquence; ils l’ont bien démontré en Allemagne.
On peut espérer que le gouvernement qui reprendra les affaires françaises après les résultats du référendum comprendra cette leçon, mais c’est peu probable: on devrait, au contraire, voir s’accentuer la propension à doubler chaque mesure réformatrice et susceptible de diminuer la dépense publique par une mesure “d’accompagnement” en sens inverse.
Le résultat est économiquement nul. Il est politiquement désastreux, puisqu’il accentue le ressentiment du peuple contre ses dirigeants. On sait désormais qu’il est, en outre, électoralement néfaste.
Que Jacques Chirac continue sur la voie tracée par son ami Gerhard Schröder, d’un “marketing” mi-libéral mi-social-démocrate, et il est assuré de conduire son camp à la déroute en 2007!  

  [Notre page Référendum sur la Constitution Européenne et intégration de la Turquie]


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