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Sclérose de la société française


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Sadot Philippe - dimanche 16 octobre 2005


La sclérose est « l’induration pathologique d’un tissu », c’est-à-dire un phénomène pouvant toucher certaines parties de notre corps entraînant une immobilité plus ou moins totale. Cette pathologie s’applique hélas à notre pays touché par des agents sclérosants empêchant toute évolution de notre société.
Un des premiers est sans doute notre Administration pouvant être illustrée par l’Éducation nationale dont l’effectif et le budget sont les plus importants de nos finances, mais qui est toujours en tête pour grogner. La valse des ministres en est un parfait exemple et le terme de « mammouth » semble bien résumer l’état d’esprit qui règne dans cette corporation.
Nous ne reviendrons pas sur toutes les tentatives de réformes qui ont eu lieu, mais il est notable que rares sont celles qui sont passées quand ces fonctionnaires se sentaient menacés dans leurs privilèges. Deux exemples pour preuve. Le premier d’ordre national, fut celui du ministre socialiste, Allègre, qui pour revaloriser les enseignants des Zones d’Éducation Prioritaires (ZEP) avait proposé une augmentation de leur salaire ; la réponse du SNES et de la FSU fut négative, car elle ne s’appliquait pas à tout le monde : bel exemple de ces adultes devant enseigner le mérite à nos enfants !
Le second est plus anecdotique, mais plus pernicieux : dans un collège public du Rhône, des professeurs d’un CES ne sont pas allés en cours lors d’un vendredi de l’Ascension, et ont refusé de remettre des certificats médicaux (en avaient-ils d’ailleurs ?!) au principal. Où passent donc nos impôts ? Certes tous les éducateurs ne sont pas identiques, mais leurs « représentants » syndicaux refusent tous changements quand ceux-ci en impliquent dans leurs habitudes.
Un deuxième agent pathogène émane de nos politiques issus pour la plupart du même moule. Nos députés, censés représenter le tissu de la population, sont en grande majorité des fonctionnaires, et nos dirigeants des hauts fonctionnaires ; bref des gens dont l’emploi est assuré, et dont l’esprit n’est pas habitué aux prises de risques.
Nos représentants devraient sortir de la société civile dans son intégralité, mais il est plus facile pour un serviteur de l’État de prendre un temps de disponibilité pour exercer son mandat... Personnellement, mon premier vote fut pour les législatives de 1986, et dix-neuf ans plus tard, je retrouve les mêmes aux commandes, ou aspirant à le devenir: Jack Lang, Jean-Marie Le Pen, Jacques Chirac…
Bref, la politique dans notre pays est un véritable métier, où on fait carrière. Or il n’y a pas plus dangereux qu’un carriériste, plus enclin à durer qu’à risquer en tentant… Quand nous observons les discours de la plupart de nos politiciens, leur leitmotiv est : « Il faut écouter le message du peuple » pour pouvoir éventuellement prendre des décisions en fonction. Or, un vrai politique doit avoir des ambitions, tenter de convaincre et les réaliser le cas échéant, et non chercher à plaire à tout prix comme un vulgaire commercial ou une prostituée!
Tout aussi immobiliste est l’œuvre de nos syndicats, plus soucieux de défendre des acquis, faute de pouvoir dire des privilèges. Bien que représentant à peine 8% des salariés français, ils sont majoritaires dans la fonction publique. Bien que nécessaires pour défendre les travailleurs, ils peuvent devenir nuisibles quand ils agissent au nom d’une idéologie empêchant toute avancée.
L’exemple actuel de la SNCM illustre bien ce cas précis : les nombreuses grèves répétitives, la main-d’œuvre pléthorique et les coûts salariaux élevés ont entraîné progressivement la faillite de la compagnie maritime. Nos syndicats fonctionnent encore comme au bon vieux temps de la lutte des classes entre prolétaires et patrons, on préfère la confrontation plutôt que le dialogue : ne pas accepter d’évoluer, c’est se condamner à disparaître!
Enfin, et peut-être le plus navrant, est le devenir de notre jeunesse. Il y a quelques mois, un sondage affirmait que les jeunes Français avaient comme ultime ambition future : devenir fonctionnaire ! L’analyse immédiate de la plupart des nos médias et de nos dirigeants, a été de louer l’altruisme de cette jeunesse, prête à servir son prochain. La raison de ce choix me paraît bien plus prosaïque : l’assurance d’un salaire mensuel, l’assurance d’un travail, l’assurance de faire grève sans être inquiété et l’assurance pour les plus ambitieux de faire de la politique…
Oui la sclérose est bien en place dans notre France. Et, comme l’indique le Larousse de 1917, « la sclérose des tissus est un accompagnement presque normal de la vieillesse », et la vieillesse aboutit indubitablement à la mort !… 


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En bref
CANCER

Le cancer de la prostate est le plus répandu en France : 40 000 cas sont détectés chaque année. Il devance les cancers du poumon (23 000), les cancers ORL (21 000) et les cancers colorectaux (19 000).

Divers faits

DIPLÔMES á La France compte 2500 diplômes habilités de l’enseignement supérieur, dont 450 masters, 320 licences et 400 diplômes d’ingénieur.

DÉFICIT á « La dette publique de la France augmente de 5000 euros par seconde » (Jean-François Copé) Et non pas de 2600 euros « seulement », comme indiqué par modestie par Christian Lambert, dans son article « L’Europe décline lentement mais surement » (Les 4 Vérités du 30 septembre, page 2).

ISLAMISME á Les services antiterroristes français ont repéré le plus jeune islamiste radical jamais identifié. Il était d’origine malienne et n’avait que 14 ans, lorsqu’il s’est fait tuer en Irak, en juillet dernier…

ÉLYSÉE á Après une enquête approfondie, le député socialiste René Dosière estime que le budget de l’Élysée est près de trois fois supérieur au chiffre officiel de 32,7 millions d’euros. En intégrant les contributions ministérielles à ce budget élyséen, on arriverait à un budget de 82,6 millions d’euros !

LAÏCITÉ á Marine Le Pen, vice-présidente du Front national, a déposé un recours devant le Conseil d’État contre le décret reconnaissant l’utilité publique de la Fondation des œuvres de l’islam de France. Selon elle, ce décret viole l’article 2 de la loi de séparation des Églises et de l’État (aux termes duquel l’État ne peut subventionner aucun culte).




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