Courrier - mardi 31 août 2010
liberalisme
Dans le monde de falsifications où nous vivons, pour quelles raisons se classer à droite plutôt qu’à gauche ? La tartufferie de notre morale et de nos sacro-saintes valeurs dénature hélas ! le sens des mots et obscurcit tout débat impartial.
Efforçons-nous en quelques phrases d’y voir plus clair.
Considérons tout d’abord la masse des gens, plutôt que leurs dirigeants plus préoccupés d’accéder ou de se maintenir au pouvoir que de servir le peuple dans le sens de l’intérêt général, ce qui fausse évidemment toute vue honnête des choses.
Dans ces conditions, je ne crois pas qu’il y ait de différence fondamentale entre gens de gauche et de droite.
Tous, à des degrés divers, peuvent être à leurs heures généreux ou égoïstes, avoir un certain sens de l’égalité, de la justice et de la solidarité, se considérer comme laïques ou religieux, ressentir un besoin plus ou moins pressant de sécurité (Nietzsche disait qu’en fin de compte, « l’amour du prochain est toujours secondaire en comparaison de la peur du prochain »), voir d’un plus ou moins bon œil l’immigration massive que nous connaissons, imaginer un projet de société plus créateur…
En revanche les meneurs politiques de gauche et de droite se livrent une guerre démagogique sournoise et venimeuse sans justification éthique, accumulant mensonge sur mensonge, calomnies et soupçons dans le seul but de se maintenir ou d’accéder au pouvoir.
Aucun projet d’avenir sérieux n’est en vue. Tout se traite vite et mal fait sur le court terme. Leurs paladins s’apparentent plus à des agitateurs et à des comédiens qu’à des serviteurs du peuple.
Ce qui est plus grave selon moi c’est que nos élus tout en haut, quelle que soit leur couleur politique, jouant sur l’instinct grégaire, nous veulent troupeau. Faisant semblant de croire aux forces rédemptrices de la collectivité, ils confisquent de plus en plus nos prétendus droits et nous ravalent au rang de serviteurs indifférenciés, voire d’esclaves. À eux les honneurs et les privilèges, à nous, simples pions, l’obéissance et les charges de l’État.
Être de droite, pour moi, c’est lutter contre ces gnomes du sommet qui se prennent pour des dieux en nous pillant toujours davantage ; refuser l’égalitarisme forcené qui nous conduit tout droit à notre déchéance d’homme libre, car vivre, c’est croître et embellir avec ses propres forces et ses propres talents – à l’abri des contraintes inutiles et absurdes d’une société qui raplatit et émascule, en voulant sans cesse partager ce qu’elle n’arrive plus à produire en suffisance.
Au slogan « plus d’égalité », j’oppose celui de « plus de liberté ». L’équilibre « liberté, égalité, fraternité » est rompu depuis belle lurette. Il est urgent de le rétablir au profit de la liberté !
Serge Douplitzky
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