Dumait Alain - dimanche 27 novembre 2005
Ce n’est pas parce que le ministère de l’intérieur a cessé de publier son communiqué quotidien sur les violences de la nuit précédente dans les banlieues sensibles que la situation est redevenue « normale ». On continue à y brûler plus de cent voitures chaque jour. Le « mouvement » a débordé hors des cités répertoriées, pour s’étendre à des petites villes jusque là paisibles, mais comportant fût-ce qu’un seul ensemble HLM. A ma connaissance, la totalité des quelque 3 000 personnes interpellées au cours de ces émeutes appartient à la population immigrée, ou issue de l’immigration. En France, tous les délinquants ne sont pas des arabo-africains, loin de là ! Certains des représentants de cette fraction de la population sont mêmes admirables. On y trouve des chefs d’entreprise et des savants… Mais tous les émeutiers étaient bel et bien des immigrés, ou des fils d’immigrés. Le retour au calme est d’autant plus relatif que l’on sait bien que ce ne sont pas toujours les quartiers les plus difficiles qui se sont laissés allés à ces violences. Là où les trafiquants de drogue font la loi, les voitures ne sont pas parties en fumée… Et même si le brasier ne s’est pas pour l’instant étendu à l’ensemble du territoire, si les flammes ont disparues, il n’en reste pas moins que le feu couve et qu’il repartira à la moindre occasion. Car, avec la population immigrée installée chez nous, telle qu’elle est, nous sommes sur une poudrière. Le double échec du fiscalisme et de l’immigrationnisme concerne aussi bien la gauche ringarde que la fausse droite (cf. nos deux précédentes chroniques). La révélation brutale de cet échec, avec cette Intifada, renforce le fossé qui sépare les citoyens de nos gouvernants. L’UMPS, c’est à dire la pseudo alternative UMP/PS, défend une seule ligne politique sur ce sujet : « puisque x milliards d’euros n’ont pas suffi à intégrer 6 à 10 millions d’immigrés, on va y consacrer x2 ». Entre eux les divergences ne sont que des nuances. Ce sont sur des détails qu’ils marquent leur différence : Sarkozy veut expulser davantage de délinquants et de personnes en situation irrégulière, Chirac parle de revoir les conditions du regroupement familial, et les socialistes veulent qu’on soit poli et gentil avec tout le monde… A l’opposé l’immense majorité des citoyens de ce pays, à commencer par les plus simples et les plus modestes, n’ont certainement, jamais cru qu’il était possible et même raisonnable d’intégrer une telle quantité de populations exogènes. Quelques voix illustres et des esprits lucides peuvent se prévaloir aujourd’hui d’avoir averti leurs concitoyens. On pense à Jean Raspail et à son roman prophétique « Le Camp des Saints » (1973), à Jean-Paul Gourévitch et à son essai « la France africaine», paru en mars 2000. On pense à quelques autres contemporains aujourd’hui disparus. Page 3, sur ce registre, Christian Lambert cite le général de Gaulle. André Malraux aussi, dès 1956, comparait la montée de l’Islam aux débuts du communisme… En vérité, de tous temps, il y a eu de bons prophètes, nous rappelant que l’Islam était une religion toujours conquérante. Dès 1917, le père Charles de Foucauld affirmait que des musulmans ne pouvaient être français qu’exceptionnellement. Et Charles Maurras écrivait en 1926 qu’on paierait cher la construction, à Paris, de la nouvelle mosquée… Parmi les hommes politiques, rares ont été ceux qui osèrent braver la pensée unique. À part Jean-Marie Le Pen, qui peut-on citer ? Alain Griotteray, sans doute ; Philippe de Villiers, peut être… Si les élections générales avaient lieu dans quelques mois, il est certain qu’elles se feraient sur cette question de l’immigration. Si, comme je le pense, le retour au calme dans les banlieues n’est qu’une illusion, une simple accalmie, s’il faut au contraire se préparer à une crise longue, alors, au plan politique, cette affaire des émeutes dans les cités où se concentrent les familles arabo-africaines présentes sur notre territoire va durablement marquer et influencer la vie politique française. En tout cas le sort des urnes. Comme, en son temps, la guerre d’Algérie.
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