|
|
Sectes, islamisme et Islam |
|
Barrucand Pierre - mercredi 12 mars 2008
islamisme
Une campagne injustifiée a créé une opposition fictive entre religion, sensée bonne et secte, sensée dangereuse et mauvaise. Or, comme le dit É. Barnavi, il y a des religions parfois meurtrières tel le christianisme au XVIe siècle. Plutôt que de dérives sectaires, il faut parler de dérive religieuse, mais cela peut aller beaucoup plus loin.
Ainsi qu’en est-il de l’Islam d’aujourd’hui ? Ici, parler de dérive devient absurde. Les « bien-pensants » affirment qu’il ne faut jamais confondre islamisme et Islam. Certes, mais qu’est-ce que l’islamisme ? Ne faut-il pas le considérer comme une secte, voire comme LA secte, comme le disaient certains vers 1890 de la franc-maçonnerie ? Curieusement, nul ne le fait, alors que d’aucuns qualifient ainsi l’Opus Dei.
Le malheur, c’est que, même parmi les musulmans les plus opposés au terrorisme, la plupart n’ont jamais condamné l’islamisme d’un point de vue « théologique » et que, de ce point de vue, il n’y a aucune différence entre le wahabisme de la monarchie saoudienne et le salafisme qui veut détruire cette dernière, tous deux n’étant qu’un aspect du « rite hanbalite » du Moyen-Âge, toujours considéré comme orthodoxe. Observons au passage que l’on ne s’est guère soucié de Français de souche convertis à l’Islam, milieu composite où on trouve, hélas, d’authentiques terroristes.
Bien plus, ceux là même qui rêvent d’une modernisation de l’Islam, débarrassé d’archaïsmes choquants, sont souvent considérés comme hérétiques, voire apostats ! Les « modernisateurs » risquent même, dans de nombreux pays musulmans, de très graves ennuis ! Ce serait alors eux qui constitueraient une secte contrairement aux Salafistes, simples criminels politiques, pas religieux.
Le problème est encore rendu plus difficile par cet étrange masochisme qui amène à considérer tout ce qui est d’origine européenne comme « intrinsèquement pervers » d’où l’accusation grotesque de racisme contre toute critique de l’Islam, (même formulée par des « intellectuels de gauche »), et ce, par des « défenseurs des droits de l’homme ».
À cette défense inconditionnelle de tout Islam correspond à l’opposé, la critique radicale de ceux qui, comme M. Lagartempe, voient la racine du mal dans le Coran, en totalité. Thèse étayée d’ailleurs par une connaissance réelle, même si biaisée, du sujet. L’Islam serait alors complètement irréformable. Que penser alors ?
L’Islam résulte d’un mélange complexe de christianisme, de judaïsme, de mazdéisme et de quelques traces des religions antiques du Moyen-Orient (païennes). Son prophète (gourou ?) fut en même temps un homme de guerre qui poursuivit, dans une fort petite région géographique, un combat victorieux pour la conquête du pouvoir à La Mecque.*
Mais son second successeur, Omar, sut prolonger cette guerre tribale en conquête du monde. Et c’est de cette conquête que naquit une civilisation héritière de l’Antiquité et souvent raffinée.*
Malheureusement, elle fut toujours perturbée par des troubles politiques d’une extrême violence, associant des problèmes dynastiques et, souvent, des révoltes de populations pauvres ou éloignées et se réclamant de la supposée pureté originale de la religion comme cela fut explicité par le grand Ibn Khaldoun (1332-1406). L’histoire de nombreux pays (tel le Maroc) est tout à fait caractéristique. Ainsi, au bout de quelques siècles, un extrême dogmatisme stérilisa la pensée et rien ne put parvenir à modifier cet état de choses.
On peut et doit critiquer la notion moderne des Droits de l’homme, très réductrice, souvent arbitraire et surtout hypocrite comme le montre son absurde emploi pour justifier une campagne anti-secte qui va à l’opposé même de cette notion ! Il n’en reste pas moins qu’au-delà de ces critiques, l’essentiel sert de fondement au monde où nous vivons et que certains éléments, tels l’égalité des sexes ou la liberté de penser sont incontournables.
Or, entre la charia, même adoucie, et les Droit de l’homme, même relativisés, l’incompatibilité est totale, absolue. Il y a opposition entre un monde très ou trop mobile, « bougiste », et un autre, celui du salafisme, figé sur la volonté de ne rien changer à un univers n’ayant jamais existé réellement, féroce, cruel, qui est à l’opposé du meilleur de ce que fut la civilisation arabe musulmane.
* M. Sfar – Le Coran est-il authentique – Éd. Sfar (1, rue Cassini – 75014 Paris)
45 commentaires - Ecrire un commentaire
|
Abus
La Commission nationale des comptes de campagne et des finances politiques (CNCCFP) a « rectifié » les frais de maquillage et de coiffure de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle (34 445 euros) et de Ségolène Royal (51 659 euros)…
Divers faits
Consommation > Pour la première fois depuis 1995, la France devrait avoir subi, fin mars, deux trimestres consécutifs de baisse de la consommation des produits manufacturés.
Persécutions > Les évêques d’Algérie ont été reçus par le ministre des Affaires religieuses pour exprimer leur inquiétude face aux expulsions, radiations et condamnations qui ciblent l’Église depuis l’adoption, en février 2006, de la loi réglementant les cultes non musulmans.
Collaboration > La Malaisie, l’Iran et le Venezuela ont signé avec la Syrie, un accord pour construire une raffinerie de pétrole (140 000 barils/jour) au centre du pays.
homosexualité > La première maison de retraite pour homosexuels vient d’ouvrir à Berlin.
Sommet > Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, est intéressé pour accueillir à Londres, en mars, un sommet israélo-palestinien, et damer le pion à Moscou qui a la même ambition.
Dépendance > On estime à 400 000 le nombre d’emplois qui seront à pourvoir dans les dix ans à venir pour le secteur de la dépendance.
Guerre > Première en France : lors des émeutes de Villiers-le-Bel, des télévisions ont payé des « fixeurs », ces guides et interprètes employés par les journalistes en zone de guerre. |
|
|
|