Rouxel Jean - mardi 02 juin 2009
europe, deliquance, immigration
Alors que la campagne européenne semble devoir se terminer sans avoir commencé, Nicolas Sarkozy a recentré la politique gouvernementale sur l’un des « fondamentaux » de son positionnement politique : la sécurité.
Il a annoncé, au cours d’un discours très médiatisé, jeudi 28 mai, une relance de sa politique sécuritaire. Aussitôt, les socialistes ont hurlé à la manipulation médiatique.
De notre côté, nous partageons bien sûr avec le chef de l’État le rejet de l’angélisme, de la dictature de la pensée unique et « des bons sentiments », dénoncés au cours de ce discours musclé.
Avant 2002, notre journal avait à maintes reprises contesté l’idée jospinienne selon laquelle l’insécurité ne montait pas en France, mais seulement le « sentiment d’insécurité ».
Bref, réalisme contre angélisme : nous sommes là-dessus parfaitement en phase avec Nicolas Sarkozy. Ce qui me semble cependant problématique, c’est que la droite est au pouvoir depuis 7 ans. Il n’est plus possible de prétendre que le bilan de la gauche est catastrophique et que nous remontons lentement la pente. En fait, le bilan de la droite est à peine moins catastrophique que celui que de la gauche en matière de sécurité.
Deuxième problème : dans cette lutte contre l’insécurité, la classe politico-médiatique refuse d’appeler un chat un chat. Nous avons eu en 2002 le grand dévoiement du discours sécuritaire en direction… de la sécurité routière ! La réalité, c’est que la revendication de sécurité est la façon qu’ont confusément adoptée la plupart de nos compatriotes pour protester contre le fait qu’ils deviennent progressivement des étrangers indésirables dans leur propre pays.
Ce qui cause le fameux « sentiment d’insécurité » dans la vie quotidienne, ce ne sont pas les accidents de la route. Ce ne sont même pas les terroristes. C’est de voir que nos enfants se font racketter dans leurs écoles, que les personnes âgées sont insultées dans les bus…
La politique de sécurité doit aussi se mener dans les têtes. La criminalisation de la légitime défense (souvent plus sévèrement sanctionnée que l’agression elle-même) est un verrou à faire sauter. Mais il faut également avoir le courage de s’attaquer aux politiques d’intégration et de protection sociale, fortement liées à la politique de sécurité. Quand il sera financièrement et moralement plus intéressant de travailler que de « glander », comme dirait Fadela Amara, une bonne partie de la délinquance aura disparu…
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