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Sécurité routière : une politique de Gribouille


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Courrier - mercredi 01 juin 2011


Une fois de plus, devant un problème bien réel, notre Président et son gouvernement se sont précipités pour prendre des mesures improvisées et inadaptées, en interdisant les dispositifs susceptibles d’avertir les conducteurs de la présence d’un radar.

Il est vrai que le nombre des accidents mortels a crû au cours des derniers mois. Mais cela n’empêche pas que la vitesse excessive n’est plus considérée, depuis quelque temps, comme la cause la plus fréquemment invoquée pour expliquer ces accidents, plus souvent provoqués par l’alcool ou l’usage de stupéfiants.

Au demeurant, ces accidents restent beaucoup plus fréquents sur les routes ordinaires que sur les autoroutes, pourtant plus équipées de radars.
C’est le comportement plus que désinvolte de certains usagers de la route, davantage que les petits dépassements de la vitesse réglementairement autorisée, qui est à l’origine de cette recrudescence des accidents. Or, ce comportement ne peut être constaté par les radars, à l’exception de ceux, nouveaux, qui constatent les refus de priorité ou le non-respect des feux rouges.

Il était évidemment facile de donner satisfaction aux associations autophobes qui voient en tout automobiliste un criminel en puissance et sont ravies de toute mesure qui peut les atteindre, bien que le principal résultat que l’on peut attendre de l’interdiction de ces dispositifs (puisque, heureusement, les panneaux avertisseurs ne seront pas retirés) soit, outre un certainement enrichissement du Trésor public, la faillite de plusieurs entreprises, la perte de milliers d’emplois et peut-être une recrudescence des accidents puisque les automobilistes n’auront plus le moyen d’être avertis qu’ils entrent dans une zone dangereuse, surtout s’il s’agit d’un danger inattendu (accident en aval, par exemple).

Il était évidemment plus difficile, parce que plus coûteux, de remédier aux « points noirs » qui subsistent sur nos routes et plus compliqué de multiplier les contrôles, non pas tant de la vitesse que du comportement routier, que de tendre des pièges aux conducteurs…
Mais il n’y a rien de déshonorant à reconnaître que l’on s’est trompé et le gouvernement peut encore adopter une politique à la fois rigoureuse contre les chauffards et modérée envers ceux qui ne le sont pas.

Marie Merlin

St-Zacharie (83)

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