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Sénatoriales : une autre victoire de la gauche


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Rouxel Jean - mardi 09 septembre 2008


Dimanche 21 septembre aura lieu une élection dont la grande presse ne se fait guère l’écho, mais qui va encore tirer le curseur vers la gauche : les sénatoriales.

À la veille du scrutin, et compte tenu des derniers succès locaux de la gauche, la majorité sénatoriale devrait perdre encore 10 sièges (même en tenant compte des créations de sièges que l’UMP s’est taillées sur mesure). Elle n’a cessé d’en perdre depuis le début des années 90. À ce rythme, un changement de majorité est envisageable en 2014. Bien sûr, cela peut paraître lointain aux « court-termistes » de la politique française, mais c’est demain.

Au passage, c’est la preuve que, même pour la politique nationale, la politique actuelle de l’UMP est absurde : abandonner à la gauche les manettes des collectivités locales (où se trouve pourtant le véritable pouvoir politique et financier français, le reste étant à Bruxelles…).

Mais, après tout, le Sénat n’a-t-il pas la punition qu’il mérite ? À force d’avoir eu honte de ce qu’il était (élu au suffrage indirect, pour neuf ans : deux éléments qui permettaient de tempérer la démagogie qui règne en maître à l’Assemblée), il en est venu à ressembler de plus en plus à l’Assemblée. Or, cette dernière sera toujours plus « légitime » que lui, puisqu’élue au suffrage universel direct. En sciant la branche de la sagesse et de l’enracinement sur laquelle elle était assise, la Haute assemblée s’est elle-même condamnée.

Dans ce contexte, la bataille pour le plateau, la présidence du sénat, devient singulièrement importante. Il y faudra un homme qui permette au groupe UMP de résister aux tentations centrifuges (c’est-à-dire un homme à la fois loyal à Sarkozy et indépendant de lui) ; un homme capable de séduire les autres groupes de la majorité sénatoriale (radicaux de droite et centristes) ; enfin, et surtout, un homme capable de parler de politique avec autorité (et, en particulier, capable de contester la désastreuse stratégie de Sarkozy abandonnant les collectivités locales à la gauche).

Il est difficile de dire qui l’emportera finalement. En tout cas, avec ce « portrait-robot », malgré les trompettes de la grande presse, je doute fort des chances de Raffarin (les autres candidats plus ou moins déclarés étant Gérard Larcher, Jean-Claude Gaudin, Philippe Marini, Alain Lambert). Le moins que l’on puisse dire est que le nombre de succès électoraux à son actif (et donc son autorité politique) est limité et il est d’une fiabilité douteuse pour Sarkozy…

Les jeux sont ouverts, mais la majorité sénatoriale n’a pas droit à l’erreur !

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