Rouxel Jean - mercredi 14 décembre 2011
euro, dette
Un nouveau sommet européen s’est tenu à Bruxelles jeudi dernier. Un de plus.
Ses résultats sont loin d’être négligeables. La France et l’Allemagne ont manifesté leur accord sur deux sujets centraux : le fait que la BCE ne puisse pas être un prêteur en dernier ressort (ce qui était une exigence allemande) et le fait que la solidarité entre les pays de la zone euro soit intangible – et non seulement conjoncturelle, comme ce fut le cas avec la Grèce – et qu’elle soit assortie d’un système de sanctions à l’égard des pays ne respectant pas la discipline budgétaire (ce qui était une exigence française).
La France et l’Allemagne avaient annoncé leur volonté d’aboutir et, si l’accord faisait défaut entre les 27 pays de l’Union européenne, de conclure des accords multi-latéraux entre les 17 pays de la zone euro.
Il n’était donc, en un sens, pas possible que ce sommet se conclue autrement que par un accord.
En l’occurrence, l’accord ne se fit ni à 27, ni à 17, mais à 23. La Grande-Bretagne est le principal pays à avoir refusé de s’associer au projet. Ce qui a troublé quelques heures la coalition parlementaire de David Cameron, mais lui a valu un énorme succès de la part de sa base.
Car les peuples sont de plus en plus lassés par ces « montages » plus ou moins alambiqués de l’oligarchie. Et pas seulement en Grande-Bretagne.
Au demeurant, ces « montages » n’obtiennent que rarement le succès escompté. Et il est probable que ce nouveau sommet soit aussi un nouveau coup d’épée dans l’eau.
Cependant, un point a été acquis à Bruxelles, dont peu de commentateurs ont parlé. Il s’agit de l’engagement que les États de la zone euro ne demanderaient plus le soutien des acteurs privés (notamment les banques), comme ils l’ont fait en Grèce.
Cet engagement est fondamental pour restaurer la confiance des investisseurs. Il est, en effet, évident que, si vous prêtez à un État avec le risque de perdre la moitié de la somme que vous avez prêtée, vous exigerez des taux d’intérêt beaucoup plus élevés. Il est même probable que vous ne prêtiez plus du tout.
Cependant, on voit mal comment les États de la zone euro, presque tous en faillite, vont pouvoir payer les dettes des plus menacés. Et il sera difficile de faire « avaler » aux contribuables qu’ils vont être seuls à payer pour ces oligarques, qui se sont colossalement enrichis sur ces dettes souveraines, et seront ainsi dispensés de toute contribution…
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