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Sondages d'opinion et élection présidentielle


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Rouxel Jean - mercredi 09 mai 2007

elections-presidentielles, sarkozy-royal
Les instituts de sondages ayant mis en évidence son retard sur Nicolas Sarkozy entre les deux tours, resté intact après le face-à-face télévisé avec son rival, Ségolène Royal s’en est prise à eux, les accusant de manipuler l’opinion en sa défaveur. Les politiques acclament les sondages quand ils leur sont favorables…

Dans cette présidentielle, le gros des sondages aura été assez fiable. Royal a attaqué le thermomètre parce qu’il lui annonçait de mauvaises nouvelles. Pourtant, sans les sondages, le personnage falot qu’elle était au PS n’aurait pas laissé sur place les éléphants, en décrochant l’investiture pour la présidentielle. De même, ce sont les sondages qui ont extrait Sarkozy du peloton des ténors de l’UMP, lui donnant la direction du parti de la majorité et l’investiture pour la présidentielle. Jacques Chirac préférait Michèle Alliot-Marie.
Les sondages ont tranché.

S’ils ont fortement influencé la présidentielle, c’est en présidant à la sélection des candidats à l’investiture par le PS et l’UMP, raffermissant la « démocratie d’opinion ». Mais ils n’ont pas dévié le cours de la campagne en influençant l’opinion, ce qui eût faussé le jeu démocratique. Les experts disent que si les sondages font bouger l’opinion, c’est tout au plus à hauteur de 1 %. Ça n’explique pas la défaite socialiste. C’est l’opinion qui modèle les sondages, pas l’inverse. Royal accuse les sondages plutôt que son manque de virtuosité face à un Sarkozy bourré de talent, et la droitisation de la société française. Celle-ci, au second tour, a privé le PS de ses traditionnelles troupes de réserve : le PC et l’extrême gauche. Pour remonter pareil handicap - si ç’avait été possible - il eût fallu un charisme dont la candidate socialiste, aussi jolie soit-elle, est entièrement dépourvue, et qui ne s’acquiert pas.

Dans cette présidentielle, la politique spectacle s’est renforcée par l’intimité télévisuelle des téléspectateurs avec les candidats. Dans les années trente, les Français n’avaient vu de Blum ou Daladier que du noir et blanc sur les affiches et les journaux, ou dans des films d’actualité cinématographique, ou bien en chair et en os, mais de loin, dans les meetings. Aujourd’hui, la télé cadre en gros plan les candidats, détaillant à la loupe leurs mouvements d’humeur. Télégénie et émotion prévalent. Le non-spectaculaire n’existe plus. Aussi, les médias furent-ils indifférents aux laborieuses réunions avec les citoyens organisées par Royal pour sa « démocratie participative », qui passe surtout par le canal d’Internet.

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