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Sortir de la spirale du déclin


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Douplitzky Serge - mardi 18 janvier 2011

etats-unis, france, reformes
Les vues de M. Trémeau sur la situation économique de la France sont toujours intéressantes. Mais, au-delà des analyses, il est important de réfléchir à la meil­leure façon de redresser la bar­re.

Pour moi, un seul et même constat primordial, pour les USA et la France : un surendettement déraisonnable qui progresse en boule de neige. Or, nul pays ne peut vivre constamment au-dessus de ses moyens, même en employant des subterfuges fi­nanciers souterrains visant à produire un effet de richesse il­lusoire en immobilier ou en va­leurs mobilières, et permettant – comble de cynisme ! – de prélever des impôts sur du vent.

Les Américains ont, heureusement pour eux, des atouts que ne possède pas la France : ils sont plus féconds (meilleure démographie), plus travailleurs, plus créateurs, plus entreprenants, moins portés aux violences sociales, moins assistés, moins divisés politiquement, ce qui n’est pas rien ! Ils ont donc plus de facilité que la France pour sortir de la crise avec un gouvernement ad hoc, d’autant plus qu’ils pourraient fortement réduire leurs dépenses de guerre – encore que je craigne qu’O­bama ne soit pas l’homme de la situation.

Les Français, tout à l’inverse des Américains, sont de plus en plus englués dans une culture gauchiste collectiviste du moindre effort, avec un État-providence déresponsabilisant rendant pratiquement impossible l’adaptation au monde moderne.

Difficile de sortir d’une telle léthargie avec des partis qui font assaut de démagogie pour résoudre des problèmes purement arithmétiques qui dépassent, et de loin, toute querelle idéologique. Un consensus gauche-droite serait donc souhaitable, mais, à l’évidence, il ne pointe pas à l’horizon. À défaut, il faudrait qu’un gouvernement fort accepte de prendre des mesures très impopulaires mais indispensables.

La condition sine qua non de toute action réformatrice réelle (et non de réformettes utiles, mais sans grande portée) est de porter le fer là où le bât blesse le plus et où le bénéfice à attendre pour le plus grand nombre de Français est le plus grand. Trois actions me semblent essentielles, quoique très amères à absorber :

Remettre au pas les syndicats et les institutions qui crachent sur la France en les recadrant dans leurs vraies fonctions et en les empêchant de nuire au pays en quasi-permanence en se­mant la haine et la discorde. Comment ? En leur coupant to­talement ou partiellement les vivres et en réduisant leurs prérogatives. Bien sûr, une forte campagne de communication s’avérerait indispensable pour préserver la cohésion sociale.

Restreindre d’un bon tiers le poids de l’État, des collectivités publiques et de la CEE (dont les bureaucraties sont inefficaces et ruineuses) et, d’une bonne moitié, toutes les lois paralysantes qui nuisent aux entreprises et aux citoyens sans aucun profit pour la collectivité.

Couper court à l’immigration des pauvres du monde entier, friands de nos lois sociales trop hospitalières, en supprimant toutes les aides qui les attirent en toujours plus grand nombre, non par xénophobie, mais par nécessité vitale.
Mission impossible ? Peut-être, mais pas d’échappatoire, d’autant que cela n’est qu’un préalable indispensable, mais insuffisant.
Si l’on excepte en effet nos grands groupes multinationaux bien adaptés au monde moderne, mais qui peuvent du jour au lendemain se dénationaliser, la France glisse de plus en plus vite dans l’arriération. Que ce soit au niveau de l’État ou des collectivités, à celui de l’Agricultu­re, de l’Industrie, de l’Éducation ou de la Recherche publique, un immense effort de remise à ni­veau par rapport aux meilleurs est à entreprendre au plus vite.

Notre président va certes dans ce sens, mais à une allure de tortue et ce qu’il fait pour combattre l’endettement est plus que compensé par des ambitions sociales, généreuses mais que la France n’a plus les moyens de soutenir.
Quant à la question de revenir ou non à une pleine autarcie pour se défendre contre nos concurrents, elle n’a guère de sens dans le monde où nous vivons. Les effets pervers seraient infiniment plus lourds que les effets bénéfiques.

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