|
|
Sortir ou non de l’euro : ce n’est pas la bonne question |
|
Dumait Alain - mercredi 13 juillet 2011
euro, dette
Il est normal qu’un débiteur rembourse ses dettes dans la monnaie où il a emprunté. Sauf accord volontaire du créancier.
La Grèce aurait-elle emprunté en drachme, ou en or, qu’elle devrait aujourd’hui rembourser, dans la monnaie et selon les termes de ses emprunts.
Le problème n’est donc pas principalement monétaire, mais financier et économique. La Grèce, qui a emprunté par excès, sur la base de comptes falsifiés, avec des espérances déraisonnables de croissance, ne pouvant faire face, est contrainte de se déclarer en faillite. Elle y perdra son crédit. Et ses créanciers une partie de leurs avoirs. Tôt ou tard, c’est ce qui se produira. C’est inéluctable.
On dira que, si la Grèce avait conservé sa drachme, elle pourrait aujourd’hui le dévaluer et ainsi ne rembourser que partiellement.
C’est techniquement vrai, mais moralement inacceptable. On peut d’ailleurs se demander si les créanciers auraient aussi facilement souscrit à des obligations qui n’auraient pas été libellées en euros.
Le même raisonnement s’appliquerait d’ailleurs à la dette française.
Sortir de l’euro serait possible, et même peut-être souhaitable, sans doute inéluctable, mais pas sur le motif d’un remboursement avantageux de la dette publique. Sauf à ruiner le crédit du pays.
L’un des effets les plus pervers de l’euro (et rarement signalé) est qu’il a incité les pays qui l’utilisaient à s’endetter encore plus. Avec l’euro, solide comme le mark, on pouvait emprunter toujours davantage. On a encore vu, il y a quelques jours, des anciens Premiers ministres européens faire campagne pour que l’Europe s’engage résolument, à son tour, sur le terrain de l’endettement massif.
C’est un signe de plus que le mythe du financement de la croissance par le crédit a la vie dure, bien qu’il soit totalement erroné.
La croissance d’une entreprise, ou d’une collectivité, doit se financer par une épargne préalable. C’est la raison pour laquelle il faut laisser aux jeunes entreprises tout l’argent qu’elles gagnent les premières années.
De ce mythe, plusieurs autres erreurs découlent.
On s’imagine que des taux d’intérêt bas favorisent le développement économique. C’est parfois vrai et parfois faux. Quand ces taux d’intérêt bas favorisent le développement de mauvais projets, le crédit bon marché exclut des projets judicieux, mis sur le même rang que des nanars.
Tout comme les autres prix, les taux d’intérêt ne doivent être ni bas ni hauts, mais justes. Il faut donc faire en sorte qu’ils soient fixés par des marchés libres.
On s’imagine que l’abondance de la monnaie favorise la croissance économique. C’est tout aussi faux. Car la quantité de biens et de services produite est indépendante de la quantité de monnaie disponible, laquelle ne détermine que le niveau moyen des prix.
La vérité est que l’instauration des monnaies de papier, sans aucune référence réelle depuis 1971, n’avait d’autre raison que de permettre aux gouvernements de tous les pays de dépenser toujours plus, et même bien au-delà des impôts levés, par le « miracle » de la dette, dont on voit bien qu’elle ne pouvait être garantie, en dernier ressort, que par les larmes et le sang de populations dont des politiciens sans scrupule prétendaient faire le bonheur malgré elles !
Au-delà de l’euro, c’est sur le mythe de la monnaie de papier qu’il faut revenir. Les reliques barbares, aujourd’hui, ce n’est pas l’or, comme le disait Karl Marx, mais bel et bien l’euro, le dollar et toutes les autres monnaies dites fiduciaires.
Il est possible qu’une banqueroute généralisée se produise dans les mois qui viennent. C’est le scénario catastrophe souvent évoqué.
La seule chance – en vérité minime – de l’éviter est d’annoncer, non pas que les dettes ne seront pas payées, mais, au contraire, qu’elles seront honorées. Une promesse qui doit être accompagnée d’un retour rapide (2 ou 3 ans) à l’équilibre budgétaire, et d’un retour plus long, mais programmé avec précision, à un niveau de dette faible. Un tel plan est de nature à redonner confiance dans les économies des pays qui l’adopteraient.
Et, pour sortir des monnaies de papier, émises par des instituts irresponsables, il suffira de mettre ces vils assignats en concurrence directe avec l’or et l’argent, en cessant d’interdire l’utilisation de ces vraies monnaies, aussi bien dans les contrats que dans les transactions.
Gardons l’euro, le dollar et toutes les autres monnaies scripturales, mais mettons-les en concurrence avec le bon vieux métal précieux ! Après, on verra bien…
Comme on a vu, en son temps, comment une simple brèche a pu avoir raison d’un autre rideau de fer…
5 commentaires - Ecrire un commentaire
|
i-télé
La part d’audience nationale d’i-Télé (chaîne d’information continue, filiale de Canal+) en mai dernier s’est élevée à 1 %
Médias
Direct Star > L’audience de Virgin 17, rachetée par Bolloré à Lagardère voici un an, et renommée Direct Star, est passée, depuis son rachat, de 0,8 % à 1,2 %…
TNT > Les chaînes de la TNT représentent près de 20 % de l’audience nationale. Elles captent 23 % des recettes publicitaires. Mais elles ne représentent que 1,8 % des investissements dans la production audiovisuelle aidée.
Paris So chic > Le groupe « Le Figaro » s’apprête à lancer un trimestriel haut de gamme… en mandarin. Ce trimestriel sera intitulé « Paris So Chic ». Il comptera 32 pages (les articles étant une sélection des meilleurs articles de mode, sorties, beauté, gastronomie… parus dans les différents supports du groupe) et sera diffusé à 230 000 exemplaires (150 000 en Chine et 80 000 en France).
Myspace > Le magnat des médias Rupert Murdoch avait acheté le réseau social MySpace pour 580 millions de dollars en 2005. Il vient de le revendre à l’agence publicitaire américaine Specific Media… pour 35 millions de dollars (bien que MySpace prévoie de réaliser un chiffre d’affaires de 180 millions de dollars en 2011) !
Orange > Le portail d’Orange reçoit 23 millions de visiteurs uniques par mois.
Emploi > « Pour 1 000 nouvelles connexions haut débit, vous créez 80 nouveaux emplois nets. Pour 10 % de pénétration à haut débit, vous obtenez une croissance de PIB (produit intérieur brut) durable de 1 %. » (Hans Vestberg, président d’Ericsson) |
|
|
|