Rouxel Jean - mercredi 31 octobre 2007
syndicats, greve
Le mouvement de grève du 17 octobre dernier fut très suivi, contrairement à ce que beaucoup prévoyaient. SNCF, RATP, internes en médecine, personnels d’Air France… : les grèves se multiplient.
Celles des transports sont calamiteuses, notamment pour les petites entreprises, auxquelles les interruptions d’activité qu’elles imposent sont souvent fatales. L’heure de l’affrontement avec les syndicats a sonné. Nicolas Sarkozy croyait passer en douceur. Cela s’avère une illusion. Malgré sa politique d’ouverture et ses réformes tronquées, il ne peut pas éviter le choc. Les syndicats ferraillent, quoique privés de l’appui de l’opinion publique.
Toujours prompt à communiquer, Sarkozy vint sur le terrain discuter avec les cheminots devant les caméras. Mais la communication ne suffira pas. Il faudrait qu’il aille jusqu’au bout dans son duel avec les syndicats, pour les éreinter une bonne fois pour toutes. Cela se ferait au prix de sa chère politique « de l’ouverture », et de son ambition d’être aimé de tout le monde.
L’énarque Raymond Soubie, conseiller social de l’Élysée, a la réputation d’être un virtuose de la négociation avec les partenaires sociaux. Il est, auprès du chef de l’État, l’un des plus fervents défenseurs de la manière douce avec les syndicats. Piquante anecdote : quelques jours avant la grève des transports, 350 cadres de la SNCF ont reçu une formation accélérée, afin de promouvoir la réforme des retraites auprès du personnel. Cette formation a été assurée – avec le résultat qu’on a vu – par le cabinet de conseil en ressources humaines Altedia, fondé en 1992 par Raymond Soubie, qui en fut PDG…
Il est un autre conseiller de l’Élysée qui voit les choses autrement : Henri Guaino. Il a des soutiens au Medef, dont celui de Laurence Parisot, qui dit apprécier en lui « une conscience aiguë de ce qui est nécessaire en matière de réformes économiques et de la difficulté de les traduire en message politique. » L’influence de Guaino supplantera-t-elle celle de Soubie auprès de Sarkozy ? « Même si les grèves sont dures dans les transports, il faut tenir », dit le président à son entourage.
L’état de grâce commence à fléchir, la communication à tout va rencontre ses limites. Sarkozy est placé devant un choix décisif : engager un bras de fer à la Thatcher, long, pénible, mais puissamment curatif. Ou bien persévérer dans la demi-mesure enrobée de communication, et manquer le rendez-vous que l’Histoire lui a donné concernant le déverrouillage syndical.
Recommander cet article sur les sites de syndication d'information :

25 commentaires - Ecrire un commentaire
|