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Taux zéro = croissance zéro !


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Dumait Alain - jeudi 25 aoűt 2011

dette
Pour faire face à la nouvelle réplique de la crise (ouverte depuis quatre ans déjà…), l’oligarchie politico-financière mondiale a pris plusieurs décisions. Toutes néfastes !…

– La première a consisté, pour tous les gouvernements concernés, à réitérer leur engagement solennel à payer leurs dettes. Cette répétition quotidienne est évidemment suspecte. Comme une entreprise de bourrage de crânes. D’autant qu’elle n’est assortie d’aucune précision crédible.
à Paris, une réunion d’urgence à l’Élysée aboutit à redire que le déficit de l’État en 2012 sera limité, quoi qu’il arrive, à 4,6 % du PIB. Et on maintient une prévision de croissance à 2 %, malgré un 2e trimestre à 0 % ! Ce n’est manifestement pas à la hauteur de la question posée.

– La seconde se traduit par une pression toujours plus forte vers la mutualisation des risques. Les pays faibles veulent forcer les pays plus forts à leur apporter leur caution. L’objectif est toujours le même : ne pas rembourser !

– La troisième réside dans la monétisation des dettes. Comme la Federal Reserve, la Banque centrale européenne met à son bilan des bons ou des obligations du Trésor de différents pays en difficulté pour soulager la pression des vendeurs et ainsi limiter l’écart de taux entre pays faibles et forts.
C’est parfaitement illégal. Formel­lement interdit par les traités européens. Cela s’analyse comme de la manipulation éhontée. Mais, en outre, comme ce sont les contribuables des pays de la zone euro qui garantissent la solvabilité de la BCE, cela revient à imposer une nouvelle charge aux citoyens-contribuables en question.

– La quatrième est due à la banque centrale américaine. Lors de la dernière réunion de son comité de politique monétaire, la FED a, en effet, décidé de s’engager à maintenir une politique de taux zéro pendant deux ans.
Pour les banques, c’est évidemment une bonne nouvelle. Elles vont pouvoir aller au guichet de la FED et emprunter à ce taux de l’argent qu’elles reprêtent aussitôt au gouvernement américain pour ses fins de mois. La différence va leur permettre d'accumuler des profits et d’améliorer leurs fonds propres. Tant mieux pour les nababs de la sphère financière !

Mais, pour l’économie réelle, cette politique – contrairement à ce que l’on essaye de nous faire croire – est simplement catastrophique. Car, contrairement à ce que pense M. Sarkozy, les taux d’intérêt artificiellement bas sont très mauvais pour l’économie. Quand le crédit est gratuit, les mauvais projets se financent aussi facilement que les bons. Or, seuls ceux-là peuvent créer de la richesse.
Le Japon l’a expérimenté pendant 20 ans : le crédit à taux zéro empêche la croissance économique. Mais, au Japon dans les années 90, comme aujourd’hui aux États-Unis, et partout ailleurs dans le monde, il ne s’agit que de sauver les banques, nouvelle ligne Maginot de la pensée unique oligarchique.

Il faut d’urgence revenir à des principes simples et sains.
Comme les dettes doivent être payées, tout débiteur doit pouvoir, à tout moment, présenter un plan crédible de remboursement. Ce qui est vrai pour une PME doit également l’être pour les États. Nul ne doit être au-dessus des lois. Personne ne doit pouvoir être assuré d’échapper à sa responsabilité, faillite comprise.

Les manipulations monétaires, taux d’intérêt compris, sont contre-performantes. Elles devraient pouvoir être sanctionnées par les citoyens, qui devraient pouvoir en prendre l’initiative.
Par les temps qui courent, il est souvent question de la « dictature » des marchés. Je suis, pour ma part, plutôt frappé par la dictature de l’oligarchie…

Marine Le Pen constate : « C’est sur les marchés exclusivement qu’on peut emprunter. Ils peuvent nous imposer leurs conditions, nous imposer des taux d’intérêt élevés. Ils peuvent donc spéculer sur notre dette ».
On pourrait chipoter. L’État ne se gêne pas pour prendre directement l’épargne des Français dans leurs poches. Mais, en gros, c’est exact. Et c’est heureux ! Car, quand la banque de France, redevenue souveraine, pourra, comme dans les années 50, financer directement la dette publi­que, il est à craindre que l’État s’endette non pas moins, mais plus.

Les marchés ne font qu’indiquer la température. Ils ne sont responsables, ni de la maladie, ni des soins à apporter au malade. Ils réagissent, parfois violemment c’est vrai, aux informations multiples qu’ils recueil­lent. Avec leurs dizaines de milliers d’opérateurs, indépendants les uns des autres, ils valent mieux que ces clownesques aréopages de politiciens dangereux.

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En bref
France 3
 L’émission estivale de France 3 « L’é­toffe des champions », avec Raymond Domenech, a très mal « marché ». Ses deux premières diffusions, en « prime time », ont obtenu 3,4 % et 4,4 % de part d’audience. Résultat : la troisième diffusion a été déplacée plus tard dans la soirée !

Medias
Comcast > Avec le rachat fin 2010 du studio NBC Universal, le câblo-opérateur Comcast a augmenté son chiffre d’affaires de 51 % au premier trimestre, pour atteindre 14,3 milliards de dollars !

New York Times > Le quotidien « progressiste » américain compte plus d’un million d’« amis » sur Fa­cebook, contre 577 000 voici un an !

Technologie > Le groupe 01, propriété d’Alain Weill (également propriétaire de NextRadioTV, qui contrôle les radios et télé BFM et RMC), est le principal groupe de presse haute technologie, avec les titres « Micro Hebdo », « L’Ordinateur individuel », « SVM »… On estime que ces titres représentent 80 % de la diffusion française de presse « high tech ». Cependant, le « papier » y est en fort déclin : le chiffre d’affaires du groupe était, en 2001, de 102 millions d’euros ; il devrait être de l’ordre de 50 millions d’euros en 2010. A contrario, le poids d’internet dans ce groupe ne cesse d’augmenter : la filiale numérique 01.net (dont le site télécharger.com est le fleuron) devrait réaliser 50 % du chiffre d’affaires du groupe en 2010…

Séculomadaire ? > Les habitants de Montbéliard ont publié au printemps 2011 le deuxième numéro du « Quinson », journal dont le premier numéro était paru dans la même ville en 1911 !




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