Rouxel Jean - mercredi 02 septembre 2009
ecologie, parti-socialiste
Au cours du week-end, Ségolène Royal et Martine Aubry, lors du congrès du PS à La Rochelle, ont tour à tour pris parti contre la « taxe carbone », dont Nicolas Sarkozy, François Fillon et Jean-Louis Borloo nous annoncent l’arrivée pour 2010.
Les deux anciennes rivales ont déclaré qu’elles n’étaient pas hostiles au principe d’une fiscalité écologique (on respire !), mais « contre un impôt nouveau sous un prétexte écologique » (dixit Ségolène). Je suis suffisamment rarement en accord avec la dame des 35 heures ou la madonne de la démocratie participative pour me réjouir de cette convergence inattendue !
Effectivement, cette taxe carbone sera un impôt nouveau. Effectivement, elle n’aura aucune utilité écologique. Et moi aussi, je suis contre cet impôt nouveau…
Mais, une fois admis cet « accord », il faut avouer que les attendus du refus chez les dames du PS ne sont pas vraiment rassurants sur une éventuelle prise du pouvoir par les socialistes.
Depuis plusieurs mois, tout le jeu de la classe politique française consiste à dire : « plus écolo que moi, tu meurs ». Et, dans cette affaire, Royal et Aubry n’y manquent pas. Elles accusent la droite de n’être qu’extérieurement écologiste.
Et elles visent, comme toujours, le « laissez-faire toxique » de la droite. Vous parlez d’un « laissez-faire », qui réussit le tour de force d’augmenter le déficit, la dette publique et les impôts par rapport à la gestion socialiste !… Mais, enfin, les libertés économiques demeurent la bête noire du PS. Dont acte.
Par ailleurs, ce qui est reproché à la taxe carbone, c’est d’être « injuste ». En entendant ce mot dans la bouche d’un dirigeant socialiste, je crains le pire : une usine à gaz, à vocation « redistributrice », qui ruinera un peu plus le pays, découragera l’innovation… et donc, à terme, contribuera à la dégradation de l’environnement !
Hormis les remarques de fond, dont toutes ne sont pas idiotes, le vrai problème est, comme toujours avec les politiques français, un problème politicien.
Les sorties contre la taxe carbone ont pour premier objectif de retrouver le rôle d’opposant systématique à Sarkozy.
Et pour deuxième objectif, de reprendre l’avantage sur Cohn-Bendit. Lequel ne s’y est pas trompé et a vivement critiqué Royal pour ses propos et a surtout menacé de ne pas participer aux primaires de la gauche – et donc de condamner celles-ci à mort. Loin de l’environnement, l’enjeu du débat reste donc le contrôle de la gauche…
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