Thieulloy (de) Guillaume - dimanche 31 juillet 2005
Les récents attentats, à Londres et à Charm El-Cheikh, risquent fort de relancer une vieille polémique sur la capacité des démocraties à résister au terrorisme. Cette polémique avait quelque peu resurgi lors du vote des lois consécutives au 11 septembre (notamment le “Patriot Act”), mais avait fait long feu dans l’ambiance d’union sacrée qui caractérisait alors la société américaine. En règle générale, ce sont les gauchistes, les “liberals” au sens américain, qui s’inquiètent des lois sécuritaires et crient au “fascisme”, aux “lois liberticides”… Or, l’inconscience de la gauche face au danger (dont Lionel Jospin nous offrit en 2002 un nouvel exemple), fait le plus souvent de ces critiques de grotesques contorsions politiciennes! La droite, mieux armée que la gauche pour combattre l’insécurité sous toutes ses formes (de la guerre d’agression au terrorisme en passant par la criminalité ou la petite délinquance), devrait, en revanche, se pencher de très près sur ces questions et ne pas se contenter de les évacuer d’un haussement d’épaules. Car il n’est pas vrai que tous les coups sont permis à une nation civilisée pour se protéger. Parmi les coups qui sont permis, figure sans conteste le contrôle de l’immigration. Chacun voit bien que le fossé qu’Al Qaïda voudrait creuser entre Islam et Occident passe chez nous. D’où l’importance d’intégrer efficacement les immigrés pour leur éviter de grossir les rangs des terroristes. Or, nous n’avons pas les moyens d’intégrer rapidement une population nombreuse, dont la culture est trop éloignée de la nôtre. C’est pourquoi il importe de réfléchir d’urgence à la structure de notre immigration, sans exclure a priori quelque solution que ce soit. Mais le contrôle de l’immigration et la politique d’intégration ne sont pas le tout de la lutte contre le fanatisme islamiste, qui comporte évidemment des aspects sécuritaires importants. Et il importe d’être conscients du risque que nous prendrions à soumettre, de force, tous les citoyens – et donc d’abord les innocents – à des contraintes étatiques disproportionnées. On ne peut défendre l’État de droit en supprimant les libertés individuelles! Moyennant quoi, toute la difficulté réside dans l’appréciation de cette contrainte “disproportionnée”. À partir de quand une contrainte devient-elle intolérable? Il est d’autant plus difficile de répondre à cette question que la perception du tolérable n’est pas la même en toute conjoncture politique. Bref, le débat entre sécurité et libertés individuelles est loin d’être clos. Mais il importe par dessus tout d’y être attentif, faute de quoi nous laisserons le champ libre à une gauche irresponsable, tout à la fois hostile par principe aux libertés individuelles et allergique à tout discours ou action sécuritaire. Pour nous éclairer, nous avons tout de même quelques “grands anciens”. Comme Raymond Aron, qui développa, peu avant la seconde guerre mondiale, une importante réflexion sur la lutte des États civilisés contre la barbarie totalitaire. Il donnait à l’époque comme mot d’ordre: “être capable des mêmes vertus”. C’est exactement de cela qu’il s’agit, aujourd’hui encore. Si nous ne sommes pas capables des mêmes vertus que les fanatiques islamistes, autant nous soumettre tout de suite à leur domination. Et quelles sont ces vertus? J’en vois au moins deux : le courage et la foi en un idéal. Or, nous, Occidentaux, avons trop souvent tourné en dérision le courage et l’esprit de sacrifice. Et quel idéal avons-nous encore? Nous devons réapprendre à être prêts à mourir pour nos idées et nos valeurs morales. Si un esprit civique digne de ce nom renaissait chez nous, non seulement nous serions armés et donc en sécurité, mais nous serions également libres, résolvant ainsi notre problème de sécurité et de libertés. Et, par surcroît, nous serions en mesure d’intégrer les musulmans qui habitent chez nous, les empêchant ainsi de rejoindre les fanatiques…
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