Carillon Rémi - lundi 03 novembre 2003
Les vêtements ont pour premier rôle de protéger du froid. Mais ils servent aussi, entre autres, de faire-valoir, de signe de reconnaissance ou d’appartenance, de révélateur de niveau social et de personnalité… Ils peuvent également symboliser la provocation, plus particulièrement sur le corps, le visage, les mains et même les pieds des femmes.
En effet, la femme, de par ses dimensions, ses parures naturelles, est de loin supérieure à l’homme en terme de beauté (mais peut-être n’est-ce là qu’un point de vue d’homme ?).
Quand un homme « possède » une femme, il craint la convoitise des autres hommes et, à ce titre, la protège, quitte à la cacher sous un voile. Ailleurs, il l’utilise comme argument de vente, quitte à la dénuder. Bref, elle se trouve instrumentalisée, dans le premier cas par une inflation de tissu, dans le second par une déflation.
Le vêtement de la femme est un des signes distinctifs des civilisations. Comparons, de ce point de vue, deux civilisations : l’Occident (terre chrétienne) et l’Orient (terre islamique). En Occident, l’habit met en valeur le corps féminin. La femme qui veut s’habiller de façon sexy ou prude est globalement libre de le faire. En Orient, au contraire, l’habit cache le corps entier de la femme.
Quelle est la part de responsabilité des femmes dans ces deux orientations opposées ?
La diversité même des tenues féminines en Occident prouve que l’homme n’a rien imposé à la femme. Les hommes et les femmes occidentaux en sont d’ailleurs arrivés, d’un commun accord, à ce que la femme exerce cette liberté vestimentaire jusqu’à choisir de porter ou non un soutien-gorge sur les plages, comportement encore impensable il y a trente ans.
En Orient, sont-ce les femmes qui se sont imposées de dissimuler, sous une pièce de tissu sans forme, l’intégralité de leur corps, de la tête aux pieds (et parfois aux mains) ? Cela va jusqu’à s’obstruer la vue derrière un tissu quasi opaque. Une telle opacité ne peut être qu’imposée par autrui : qui serait assez fou pour abandonner les tenues libres de l’enfance au profit d’un uniforme carcéral ?
Liberté, égalité, fraternité
L’Occident aussi a des traditions. La France est à l’origine de nombre d’entre elles. L’une s’appelle Liberté. Une autre est l’Égalité (en droits). Ces traditions se sont traduites dans les mœurs vestimentaires. Il est vrai que cette liberté peut aller trop loin. Par exemple, le fait d’exhiber son nombril, de porter des pantalons taille basse dont la ceinture est à la limite du pubis, le tout agrémenté d’un string échancré qui apparaît à chaque fois qu’on se penche en avant, est réellement provoquant.
Néanmoins, si cela peut être considéré par certains comme un appel au viol, à ceux-ci de savoir se tenir et de ne pas y répondre. De même, l’usage abusif de la nudité (ou presque) de la femme comme argument de vente est le signe, parmi tant d’autres, d’une société en décadence. On a sans doute oublié la troisième de nos traditions : la Fraternité, qui doit aussi s’appliquer à nos sœurs…
L’Orient n’a qu’une loi, l’Islam. Traduction : soumission. Soumission de l’homme à Allah, soumission de la femme à l’homme, soumission du dhimmi au croyant. Quoi de plus facile que de soumettre la femme ? Parallèlement, n’est-ce pas une preuve de faiblesse de la part de ces hommes, que d’en être réduit à cacher la beauté des femmes pour ne pas être tentés d’y succomber ? Sait-on que cet emprisonnement vestimentaire n’est que le prolongement d’un emprisonnement domestique, qui se traduisait, par exemple, par une double sonnette à l’entrée de la demeure familiale : celle réservée à l’époux, pour signaler que c’était lui qui rentrait, et que sa femme pouvait venir l’accueillir, et celle réservée à toute autre personne, pour qu’au contraire elle se cachât de peur d’être vue par un autre homme ? Quelle piètre image les hommes orientaux donnent-ils d’eux-mêmes, à reconnaître leur incapacité de voir la femme autrement qu’en objet de désir sexuel !
Deux conceptions aussi différentes de la femme dans la société sont-elles miscibles ? Évidemment non. La femme occidentale en terre d’Islam se sent tellement mal à l’aise sous le regard des hommes orientaux qu’elle ne tarde pas à fuir, ou à se cacher, sous un voile par exemple, pour avoir la paix. De son côté, la femme orientale en terre chrétienne ne parvient pas à profiter de la liberté vestimentaire. Quant à la jeune fille qui entre dans l’adolescence, elle se cherche une identité. Celle de cette terre ou celle de son père ? Si le père exerce sa force, elle pliera, c’est fatal.
Mais, si cette terre aussi exprimait ses convictions ? Si l’Occident reconnaissait que la liberté vestimentaire est un acquis de la femme, et qu’on ne revient pas sur les acquis (pour une fois que c’est justifié !) ? Si nos intellectuels communautaristes cessaient de se voiler la face, et comprenaient que le voile islamique n’est pas un signe religieux, mais le symbole de la soumission de la femme, éternel esclavage de l’humanité ? Alors, avec force et résolution, l’Occident clamerait : bien sûr, pas de voile à l’école ! bien sûr, pas de voile dans les services publics ! mais, plus délibérément, pas de voile du tout (sinon par fort vent) !
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