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Milliere Guy - mercredi 01 novembre 2006


Un an s’est écoulé depuis les émeutes de l’automne dernier. Comme on pouvait s’y attendre, rien n’a changé. Les quartiers ghettoïsés le restent. On y retrouve les mêmes populations enfermées dans un cercle vicieux de chômage de masse, d’assistances sociales diverses, de trafics multiples, de petite et de moyenne délinquance. La police ne pénétrait plus, à l’époque, dans de nombreux « quartiers » : elle y pénètre moins encore. On commence même à voir s’organiser des guets-apens et des actions de guérilla urbaine. La cause fondamentale des problèmes, il y a un an, n’était déjà pas l’islam, mais il est clair que la persistance de la ghettoïsation et une xénophobie ambiante contribuent à des retours vers l’islam, et à la montée de l’islamisme.

A. L’économie française, quoi qu’on dise, a une croissance faible et peu créatrice d’emploi, et rien ne va changer sur ce plan, dès lors que les clés de compréhension de ce qui est requis pour le dynamisme économique et la création d’emplois sont absentes des débats intellectuels et politiques. La France est le seul pays du monde développé où l’économie de marché et l’entreprise ont une image négative, dans une majorité de la population. Elle est le seul pays où des discours économiquement étatistes recueillent encore un large écho. Elle est le pays par excellence de « l’altermondialisme », et donc d’une incompréhension profonde de la mondialisation en cours. Je pense pouvoir dire que la croissance restera faible, que le chômage restera élevé, et que rien ne viendra briser économiquement la ghettoïsation.

B. La politique française proprement dite offre un paysage relativement stérile. Le programme socialiste est d’une indigence et d’un archaïsme consternants, et la « favorite des sondages », Madame Royal, n’y ajoute pour l’essentiel que des nuances populistes et autoritaires. Nicolas Sarkozy a compris, lui, que le thème de la « rupture » n’était pas très porteur, et donne des inflexions « sociales » à son discours. Face à une extrême-gauche pétrifiée dans ses dogmes totalitaires, on trouve une extrême-droite plus ou moins xénophobe, et dont les membres semblent ne rien comprendre aux enjeux planétaires auxquels nous sommes confrontés. Le gagnant, l’année prochaine, sera élu sur fond d’une quête d’ordre social et national, et ne sera pas en mesure de faire avancer la France vers les mutations libérales qui seraient nécessaires pour éviter le pire.

C. La production intellectuelle française alimente ce qui s’apparente à un cercle vicieux : si un ou deux livres viennent interroger timidement le confort mental ambiant, le gros de la production ressasse la même stérilité autosatisfaite, où rien ou presque ne vient permettre aux lecteurs de s’ouvrir à une pensée planétaire, à une compréhension globale des enjeux géopolitiques et civilisationnels des années à venir. L’incapacité à discerner la stratégie planétaire de l’islamisme, l’incapacité à analyser lucidement l’islam et à déchiffrer la bataille en cours pour le cœur de l’islam, dont l’Irak, l’Iran et l’Afghanistan sont des champs de bataille clé, l’inaptitude croissante à comprendre ce qu’est l’Amérique aujourd’hui, alors qu’elle est la puissance matricielle de la civilisation occidentale, constituent autant de symptômes inquiétants.

D. Ajoutons la démographie qui fera que, dans les années à venir, les populations musulmanes se feront plus nombreuses encore, et incarneront la jeunesse, tandis que les populations non musulmanes seront plus âgées, plus riches et (sur le fond de ce que je viens de dire) partagées entre l’incompréhension de ce qui vient, l’aveuglement et la xénophobie. Ajoutons la crise des systèmes de santé, de redistribution et de retraites. Ajoutons aussi la fuite de ceux qui en ont les moyens financiers et intellectuels. Ajoutons une politique étrangère pusillanime, oscillant entre l’acquiescement au pire au Liban, en Irak, en Iran, dans les territoires limitrophes d’Israël, et des provocations débiles envers la Turquie qu’on veut plus que jamais, en France, bouter hors du rapprochement avec l’Occident et pousser vers la radicalisation islamiste. Tous les ingrédients de conflagrations majeures se trouvent réunis peu à peu.

Tout concourt à faire que toutes les convulsions et toutes les déchirures, même les pires, soient désormais possibles.


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Crise
«Il serait vain et dangereux de fermer les yeux sur la crise démocratique profonde que connaît le pays.»
Ségolène Royal

Sic


MichÈle Alliot-Marie «C’est une fusée à plusieurs étages. Le premier étage consiste à exiger la prise en compte de ses idées gaullistes. Si cet étage décolle, on verra.»
Patrick Ollier, Député (UMP) des Hauts-de-Seine

Sarkozy «Il parle clair, et je comprends ce qu’il dit. »
Pascal Sevran

Ambitieux «Selon moi, ce sera au parti d’arbitrer, et je souhaite prendre ma part, pourquoi pas, comme premier secrétaire.»
Manuel Valls, maire PS d’Evry

Présidentielle «Si demain matin, je me sentais un rôle utile et qui corresponde à une nécessité, je diffère tout de suite la nouvelle pièce de théâtre que je prépare avec Adriana Karembeu.»
Bernard Tapie

Afghanistan «Les attentats suicide n’épargnent plus Kaboul, désormais. Nous devons éviter que les choses n’évoluent comme en Irak.»
Général P. Spijk, Cdt en Afghanistan

Israël «Un président de la République risquant de 3 à
16 ans de prison ferme pour viol, on ne verrait pas ça dans une république bananière, où l’affaire aurait rapidement fini au fond d’un tiroir.»
Christian Merville, L’Orient le Jour

Finul «Les incursions de l’aviation israélienne dans l’espace aérien libanais sont extrêmement dangereuses. Elles peuvent être vécues et ressenties comme hostiles, de la part des forces de la coalition, qui pourraient être amenées à répliquer dans le cadre de la légitime défense, et ce serait évidemment un incident très grave.»
Michèle Alliot-Marie




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