Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Trois exemples de désinformation


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
3 VOTES
1901 LECTURES

Milliere Guy - dimanche 04 septembre 2005


Je voudrais revenir ici sur trois événements soumis, au cours de l’été écoulé, au « deux poids-deux mesures » qui caractérise la désinformation à la française. Deux ont été quasiment passés sous silence, le troisième a fait l’objet d’une attention disproportionnée.
Le premier est le procès de Mohamed Bouyeri, le sauvage assassin de Theo Van Gogh aux Pays-Bas. Le procès, à ma connaissance, n’a pas été relaté en détail. Les propos de Bouyeri n’ont pas été relatés. Bouyeri n’est pas un immigrant de fraîche date en Europe. Il est né aux Pays-Bas, comme étaient nés en Grande-Bretagne plusieurs auteurs des attentats de Londres; il a été éduqué selon les règles du droit et de la tolérance européennes. Cela ne l’a pas empêché de devenir un islamiste djihadiste et de préciser au tribunal qu’il avait agi pour des raisons religieuses, qu’il ne regrettait rien, qu’il serait prêt à recommencer aussitôt s’il sortait de prison car c’état son devoir, et qu’il n’était pas seul.
On me dira que, si nul n’a relaté ces propos, c’est parce qu’ils étaient « méprisables ». Si de tels propos sont effectivement méprisables, ils désignent néanmoins quelque chose que les médias français se refusent à dire : il y a en Europe des djihadistes, vraisemblablement des milliers, prêts à tuer et à agir pour que l’Europe se soumette aux règles totalitaires de l’islam radical. Ceux qui détournent le regard face à cette réalité le font-ils parce qu’ils ont des « idéaux immenses et universels » ou parce qu’ils détestent la civilisation occidentale et que leur détestation les conduit à aimer, en masochistes, le couteau qui viendra les égorger ? J’opterais pour la seconde réponse.
Le second événement est l’assassinat de Steven Vincent à Basra en Irak. L’enlèvement de journalistes européens en Irak a fait au cours des derniers mois les gros titres des journaux. Leur libération a été l’occasion de manifestations de liesse. L’abject assassinat de Steven Vincent a été relaté en dix secondes ou en trois lignes.
Steven Vincent était américain et pas européen comme Chesnot, Malbrunot, Sgrena ou Aubenas, ce qui en soi suffirait à le rendre « détestable » en France. Je sais aussi, car je lisais ses articles, qu’il faisait son travail de manière scrupuleuse, avec éthique, et qu’il comprenait pourquoi il est crucial que l’Irak devienne un pays de paix et de liberté, pourquoi les valeurs de la Civilisation doivent l’emporter sur celles de la barbarie : cela, chez les terroristes vaut condamnation à mort. Cela, dans les médias français vaut ce substitut de la condamnation à mort qu’est la conspiration du silence.
On a fort peu parlé en France de l’assassinat de Steven Vincent parce qu’il était américain, parce qu’il avait une déontologie dont sont dépourvus tant de ses confrères de ce côté-ci de l’Atlantique, et parce qu’il savait la différence entre le bien et le mal. Ce silence en France et ailleurs en Europe suffirait à montrer qu’il est  sans doute trop tard et que les djihadistes ont raison sur ce point : la France et l’Europe sont déjà mortes moralement et spirituellement.
Le troisième événement est le retrait israélien de la bande de Gaza. Là, il serait bon de parler non seulement d’attention disproportionnée, mais d’indécence. Les Israéliens de Gaza ont été appelés « colons » de manière systématique. Les mots « extrémiste » et « extrême-droite » leur ont été appliqués avec insistance, alors que les terroristes du Hamas étaient qualifiés, en parallèle, de « militants ». Rien n’a été dit de l’antisémitisme frénétique des « médias palestiniens » qui suffit à lui seul à enterrer tout espoir de coexistence pacifique. Rien n’a été dit du scandale que constitue la volonté « palestinienne » de créer un État « judenrein », comme disait Adolf. Israël a été présenté comme l’agresseur qui fait un tout petit pas dans la bonne direction, et les « Palestiniens » comme les victimes. Rien n’a été dit de ce qui se passe vraiment : le repli d’Israël derrière des frontières défensives, et le divorce unilatéral entre la démocratie israélienne et des populations affamées par une clique maffieuse, fanatisées par des totalitaires.
Al Manar, la chaîne islamiste, ne peut émettre officiellement en France, mais parfois, sur certains sujets, la télévision française ressemble à al Manar. Mort morale et spirituelle, disais-je…

32 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref
UNION SACRÉE

«Pas question d’union sacrée sur une question comme celle de la lutte antiterroriste!» Noël Mamère

SIC

QUOTAS «Quand Nicolas Sarkozy parle d’immigration choisie, c’est lui qui choisit comme si la France était le centre du monde. Cette conception féodale de l’humanité présente un danger pour les étrangers mais aussi pour toute notre société.» Jean-Pierre Cavalier, Délégué de la CIMADE en Provence

FONCTIONNAIRES «Dénigrer les fonctionnaires est injuste. Les flatter est dépassé.» Nicolas Sarkozy

DÉMOCRATIE «Le Hamas participera aux élections et s’il les remporte, pourquoi n’entrerait-il pas au gouvernement ? Si nous voulons bâtir une démocratie, nous devons en accepter toutes les conséquences !» Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne

ÉTATISME «Il faudrait nationaliser le foncier…» Martine Aubry

NEUTRALITÉ «Nous ne soutiendrons pas José Bové dans sa campagne présidentielle si elle se confirme, malgré l’amitié que nous lui portons ; ATTAC souhaite se maintenir à l’écart des jeux politiques…» Jacques Nikonoff, président d’ATTAC

VERTS «Les Verts allemands, quand ils sont arrivés au pouvoir, n’étaient pas moins radicaux que beaucoup d’entre nous. Ce ne sont tout de même pas tous des traîtres vendus au libéralisme !» Dominique Voynet

GAUCHE «La gauche qui s’est convertie au social-libéralisme n’est plus en mesure de formuler des projets de lutte contre la nouvelle logique du capitalisme.» Yves Salesse, président de la fondation Copernic




Plan du site