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UMP-FN : nous sommes toujours favorables à une alliance !


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Baudouin Pierre - mercredi 14 septembre 2011

front-national, ump
Le week-end dernier, à Nice, l’UMP et le FN ont renoué avec la funeste habitude des anathèmes réciproques. Marine Le Pen y présidait les universités d’été du Front national, tandis que le maire UMP, Christian Estrosi, y organisait un meeting politique – et se réconciliait avec son vieil ennemi Jean-François Copé…

À huit mois des présidentielles, tout se passe comme si le courant d’air frais que Nicolas Sarkozy a fait souffler sur la droite en 2007, « décomplexant » les électeurs et, plus encore, les élus de droite, s’était tari.
Désormais, comme sous les années Chirac, il faut choisir son camp : être pour la droite parlementaire ou pour le Front national. Le rideau de fer est retombé !

Or, du point de vue des électeurs « lambda » que nous sommes, rien n’a changé : nous voulons toujours une alliance de gouvernement entre le FN et l’UMP et nous n’avons aucune intention de faire gagner la gauche pour la pitoyable raison que les cadres ne peuvent pas se parler.
Je sais fort bien qu’il existe des divergences idéologiques fortes entre l’UMP et le FN. Sur la question de l’euro, par exemple. Il est clair que l’on ne peut pas être en même temps favorable à la sortie de l’euro et favorable aux plans de sauvetage successifs de la monnaie unique.
Toute la question est de savoir si l’on juge que ces divergences – parfaitement légitimes – sont si importantes qu’aucune valeur commune ne permet de les dépasser. Personnelle­ment, je réponds non.

Je crois toujours que, sur le long terme, le clivage droite-gauche reste prioritaire sur tous les autres clivages politiques.
Toutes les tentatives pour dépasser ces clivages ont séduit, mais elles ont toutes échoué.

Elles ont séduit, car le clivage droite-gauche est très largement artificiel. Depuis qu’il existe une droite et une gauche, c’est la gauche qui décrète, arbitrairement, qui est de droite. Si vous relisez les écrits du monarchien Mounier, grand orateur de la droite à l’Assemblée constituante de 1789, vous constaterez sans peine que ses principes politiques sont fort peu contre-révolutionnaires. Il est partisan de la souveraineté nationale. Au plan idéologique, il était donc proche de la gauche de l’Assemblée. Eh bien, rien n’y a fait : la gauche en a fait un homme « de droite », sans tenir compte de la réalité idéologique…

Depuis 200 ans, nous ne cessons de nous empêtrer dans ce clivage artificiel. Et, tous, nous pensons volontiers qu’un homme de gauche sincèrement attaché à la France pourrait parfaitement trouver sa place dans un gouvernement de droite. Et que, dans la crise terrible dans laquelle nous nous enfonçons, il est dérisoire de garder ces réflexes pavloviens qui imposent à la majorité d’applaudir à des textes qu’elle trouve ineptes et à l’opposition de huer des réformes qu’elle trouve intelligentes.

Le « ni droite, ni gauche », qui resurgit régulièrement dans le débat public, est donc séduisant.
Mais il est voué à l’échec
. Notre système électoral, où le duel majoritaire est la règle pour toutes les grandes élections (notamment la présidentielle), impose de choisir entre la droite et la gauche.

Regardez un instant le cas de François Bayrou. Son discours a beaucoup séduit en 2007. Mais, dès son élimination au premier tour, ce discours n’était plus tenable : il fallait choisir entre la tradition centriste qui imposait d’appeler à voter pour le candidat de droite le mieux placé (ce qu’ont fait la plupart des électeurs traditionnels… et les députés UDF), ou le goût de Bayrou qui, manifestement, préférait Royal. Ne pas choisir a condamné le Modem.

Pour l’heure, on peut estimer que le FN est un parti de droite : plus « dur » que l’UMP sur les questions de sécurité, plus « laxiste » sur les questions économiques, et plus « souverainiste » sur les questions européennes.

Mais il faut prendre garde à la tentation du « ni droite, ni gauche ». Beaucoup de cadres de l’extrême-gauche, notamment syndicale, ont d’ores et déjà fait connaître leur ralliement au parti de Marine Le Pen. Tout le danger pour elle serait de devenir un clone de Mélenchon.

Mais le danger pour l’UMP n’est pas moins grand. Si le parti majoritaire revient aux slogans absurdes sur le FN contre « les valeurs républicaines » (que personne ne sait définir !), s’il revient surtout au calamiteux « front républicain » (conduisant à préférer partout et toujours le PS au FN), il prendra le risque de donner corps à la critique, classique au FN, de l’« UMPS ». Dans les deux cas, l’une des deux forces principales de la droite prend la responsabilité de rejeter l’autre dans le camp de la gauche… ce qui ne peut conduire qu’à la défaite électorale !

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