Trémeau Bernard - mercredi 25 octobre 2006
L’année fiscale américaine 2006 s’est achevée le 1er octobre. Les statistiques sont sorties le 11 octobre. Grâce à l’efficacité de l’administration, onze jours ont suffi pour sortir les chiffres. Des chiffres étonnants.
1/ Les recettes fiscales ont progressé de 11,8 %, alors que l’administration Bush avait décrété une baisse massive du taux des impôts sur les entreprises et sur le revenu.
Une vision uniquement statique de l’économie pourrait faire croire qu’une baisse du taux des impôts aboutit obligatoirement à une baisse des rentrées fiscales. L’impôt sur les sociétés me rapporte 100 milliards d’euros. Je décide de baisser cet impôt de 10 %. Je ne percevrais à l’avenir que 90 milliards d’euros.
Une telle vision est totalement fausse. Car quand un État confisque, par l’impôt, une grosse partie des revenus d’une entreprise ou d’un particulier (plus de 30 %), il modifie les comportements. Une augmentation des impôts pousse une partie des assujettis à moins travailler, à moins prendre de risque ou à aller travailler sous un ciel meilleur. L’augmentation des impôts entraîne nécessairement un ralentissement de l’économie. La matière imposable reste alors inférieure à ce qu’elle aurait dû être. À partir d’un certain niveau, l’augmentation du taux des impôts diminue les rentrées fiscales. Trop d’impôt tue l’impôt. Laffer, un économiste américain, a mis en courbe depuis longtemps cette réalité fiscale.
À l’opposé, quand un gouvernement baisse les impôts qui écrasaient les entreprises et les revenus, il pousse tous ceux qui voient leur travail mieux rémunéré à travailler plus, à prendre plus de risque et à ne plus fuir sous des cieux meilleurs. L’activité du pays augmente, la base imposée augmente et, finalement, les revenus pris par l’État augmentent. Ainsi, malgré la forte diminution de leur taux, l’impôt sur les bénéfices des sociétés a rapporté 27,2 % de plus et l’impôt sur le revenu, 12,6 % de plus. L’expérience économique américaine de ces deux dernières années est tellement belle, qu’elle semble incroyable.
2/ Il faut souligner que, depuis deux ans, cette baisse des impôts est associée à une politique de plus en plus restrictive de création monétaire. Tous les trimestres, la Banque centrale américaine augmente, en effet, de 0,25 % ses taux courts. L’inflation est limitée aux environs de 2 %, et cesse de toucher le prix des logements. Il est donc très difficile d’attribuer le bon comportement actuel de l’économie américaine à une politique monétaire laxiste.
3/ L’État américain profite de cette augmentation de l’activité. Les dépenses de l’État ont augmenté de 7,4 %. La guerre contre le terrorisme coûte cher aux Américains. Mais les dépenses sociales ont aussi augmenté. Malgré cette augmentation des dépenses de l’État, le déficit budgétaire américain est passé de 318 milliards de dollars à 247 milliards. Il a donc baissé de 22 % ! Il ne représente aujourd’hui plus que 1,9 % du PIB. Il est de bon ton en France de critiquer le déficit budgétaire américain. Ce déficit est aujourd’hui passé en dessous de 2 %, alors que le déficit français est toujours bien supérieur à 3 %, ce qui contraint la France à ne pas respecter les traités européens qu’elle a signés.
4/ Tous les Américains profitent de cette bonne gestion de l’économie. Le taux de chômage reste toujours bas et le chômage de longue durée a disparu. Il voisine 5 %, malgré la mondialisation qui pousse les Américains à acheter des produits étrangers et met, par exemple, en difficulté de grosses entreprises comme Ford. Le salaire moyen a augmenté de 4 % aux USA. Tandis que les plus riches profitent des baisses d’impôts, les plus pauvres profitent de l’augmentation de revenu de la politique sociale. Le merveilleux modèle social français supprime toute dynamique à notre économie. Il contraint le pauvre à rester pauvre, le chômeur à devenir chômeur de longue durée, le Rmiste à ne pas trouver d’Insertion, et l’entrepreneur à fuir à l’étranger. Il contraint l’État à augmenter ses impôts et ses déficits budgétaires. Il tue l’espoir.
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