Lance Pierre - mardi 11 juillet 2006
Les esprits décadents et les mondialomélangistes s'appliquent à nous convaincre, depuis quelques décennies, que le patriotisme est désuet, obsolète et complètement ringard. Quoique je sois loin d'être un fanatique des compétitions sportives, je me félicite de ce que le Mondial de football leur inflige un cinglant démenti. Car, malgré tous les excès de la liesse populaire et les aspects ridicules d'un chauvinisme impudent, que les médias étalent sous nos yeux avec complaisance et redondance, il est impossible de nier que le sentiment d'appartenance nationale révèle une vigueur insoupçonnée chez tous les humains, à travers cette émulation passionnée saisissant les peuples au cours d'une compétition qui les met tous au défi.
Au fur et à mesure que l'on approchait de la finale, tous ceux qui, dans les deux pays qui restaient en lice, affichaient encore des attitudes condescendantes d'intellectuels “très au-dessus de ça”, se sentaient emportés malgré eux par la passion concurrentielle. Et même s'ils ne braillaient pas comme les supporters peinturlurés, ils avaient bien du mal à se défendre d'un sentiment naturel de fierté qui bouleverse leur froideur de commande. Quant à moi, je l'avoue sans honte, je me laisse volontiers frémir à l'unisson des espoirs ou des anxiétés que suscitent les péripéties de ces parties de ballon au cours desquelles se mesurent d'admirables champions. Leur habileté, leur pugnacité, leur rapidité de réflexes forcent l'admiration des plus sceptiques. Leur mental est à la hauteur de leur physique. Autant que des athlètes, ce sont des artistes, et Zinedine Zidane, pour ne pas le nommer, est un authentique virtuose du regard, de la cheville et du genou.
Oui, je crois qu'on peut le dire, le ballon du championnat du monde de football est pour le patriotisme un vrai ballon d'oxygène. Les hymnes nationaux retentissent sur toutes les ondes, les drapeaux multicolores sortent à la chaîne des manufactures pour se répandre sur les balcons, les magasins ou les voitures et l'on se prend à rêver que les conflits internationaux puissent un jour se régler dans un stade, comme les anciens Grecs y songeaient déjà.
Les Gaulois ont bien du mérite !
Et pourtant, cet émouvant processus d'identification des citoyens à leur équipe nationale a bien failli être gâché par l'argent et par l'idéologie. Ces transferts incessants de joueurs entre les clubs, qui les transforment en mercenaires vendus au plus offrant, auraient bien de quoi ruiner les purs élans patriotiques. Quant à l'équipe de France, il aura fallu que l'obsession de l'intégration fasse orienter les sélections au point d'obtenir le résultat grotesque que la France soit le seul pays européen représenté par une équipe composée en majorité de gens de couleur.
Notez bien que je ne mets en doute ni leurs mérites ni la sincérité de leur appartenance française. Mais ces gens ont été choisis et instrumentalisés pour servir malgré eux d'alibis et de cautions. Et personne ne me fera croire qu'un pays de 60 millions de Blancs au moins ne peut pas constituer une équipe représentative et de haut niveau, quand des nations cinq ou dix fois plus petites comme la Suisse, le Portugal ou la Croatie y parviennent sans difficulté.
Tout cela pour nous imposer la formule imbécile “Black-Blanc-Beur” et présenter la France comme un capharnaüm multiracial et multiculturel. Le seul résultat obtenu par cette politique débile, c'est que des réactions racistes apparaissent, qui ne se seraient jamais manifestées si l'on était resté dans une proportionnalité raisonnable de deux ou trois joueurs “colorés”. Néanmoins, les Gaulois ont l'intelligence de surmonter tout cela et ils n'ont pas marchandé leur soutien à l'équipe de France, qu'ils veulent considérer malgré tout comme le symbole de leur Patrie. Ils ont bien du mérite…
Cette coupe du monde 2006 a donc été remportée par l'Italie, mais il s'en est fallu de bien peu. Et ce qui est à mes yeux le plus important, c'est que cette compétition apporte la preuve que, contrairement à ce que nous annoncent les oiseaux de mauvais augure, les nations ne sont pas près de disparaître.
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