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Un merveilleux voyage : le monde entier à Paris


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Lambert Christian - mardi 01 septembre 2009

immigration
Tout le monde sait que la réalité, ce n’est pas ce que racontent la télévision et autres médias politiquement très corrects et subventionnés ; c’est la vie quotidienne. C’est ainsi que je viens de faire un merveilleux voyage à travers le monde presque sans bouger.

D’abord l’Algérie. Dans le supermarché où je m’étais rendu dès le matin, la caissière est algérienne. Elle s’appelle Aïcha, selon son badge ; le vendeur sri-lankais. Dans un autre magasin, la vendeuse est vietnamienne et le vendeur marocain. Je passe chez le traiteur chinois, entouré de sa belle et nombreuse famille, tout heureux de m’entendre parler chinois (mal). Il me présente ses deux petites dernières, Sophie et Florence, qui travaillent très bien à l’école. Ils sont originaires du Quangdong (Canton). La grand-mère m’explique qu’en Chine, les ménages n’ont droit qu’à un seul enfant, sinon c’est la sanction. Tandis qu’en France, plus on a d’enfants, plus on a d’allocations payées par le bon contribuable français. « Tous mes neveux et nièces, me dit-elle, vont venir nous retrouver. » Les Chinois sont déjà un million en France !

Je vais faire renouveler mon pass navigo RATP auprès d’une Indienne qui danse en écoutant la musique de son baladeur.

Ne quittant pas le continent asiatique, je retrouve des Chinois dans le restaurant chinois où je me rends. Je note que tous ces Chinois travaillent de 9 heures à minuit. Ils sont toujours aimables et disponibles. Un restaurant japonais se trouve tout à côté, mais en réalité, il est tenu par des Chinois, comme presque tous les restaurants japonais de Paris. Les Japonais n’y vont pas et ils savent bien pourquoi…

En rentrant chez moi, je passe au pressing. J’y suis reçu par une Roumaine, que je croyais être une Kosovare. Le patron est turc. Je passe aussi chez mon marchand de journaux – qui est une marchande. Elle est très serviable et libanaise, de la montagne, me dit-elle.

Je fais un bref détour par le Bois. J’y vois une joyeuse assemblée parlant espagnol autour d’un pique-nique. Je leur demande s’ils viennent de Barcelone. Non, me disent-ils, nous parlons espagnol parce que nous sommes Péruviens et Colombiens…

Je rentre chez moi, la gardienne est portugaise. J’y retrouve mes voisins saoudiens et iraniens. Je n’habite pourtant pas la Courneuve, une localité du département de Seine St-Denis en état de semi-insurrection permanente où les pouvoirs publics sont incapables de maintenir l’ordre et d’assurer la sécurité, malgré les milliards déversés et puisés dans la poche du contribuable français. J’habite ce qu’on appelle un beau quartier, c’est-à-dire pas trop mauvais (ce qui n’est pas très bien vu…).

Dans ce beau quartier, une avenue compte beaucoup d’Iraniens (des médecins, des avocats et aussi des marchands de tapis). On se croirait à Tabriz. Dans une autre avenue, c’est l’Arabie saoudite, avec Rolls, Bentley, ou Mercedes 600 et les chauffeurs qui attendent. Toutes ces belles limousines sont immatriculées soit en Suisse, soit à Monaco, soit en Grande-Bretagne. Je me demande pourquoi…

Dans une troisième avenue, c’est le Liban, avec les grands noms de la politique libanaise qui sont mieux là qu’à Beyrouth – et les draps qui prennent l’air aux fenêtres, comme là-bas. Il y a aussi des Africains, venant de l’Afrique noire, je veux dire « subsaharienne », si chère à nos cœurs et à nos portefeuilles. J’en connais un qui habite un bel appartement à 8 000 euros le m2. Le propriétaire est ministre dans son pays, où la population crève de faim avec moins d’un euro par famille et par jour. C’est ce qu’on appelle le « succès de l’aide au développement »
Oh, suprise ! j’ai la joie de rencontrer l’un de mes anciens domestiques – pardon, pardon, pardon, je veux dire « employé de maison ». « Mais qu’est-ce que tu fais là, Rigobert, lui dis-je. – Ah patron, j’ai « clandesté », parce que là-bas au pays, y a plus moyen. Le président et les ministres, ils nous bouffent tout. » C’est ce qu’on appelle aussi l’aide au développement (de la corruption) !

Passant devant l’esplanade du Trocadéro, je vois un grand rassemblement et j’entends des hurlements. Je m’informe auprès d’un nonchalant gardien de la paix. Il me confie qu’il s’agit de Tamouls du Sri Lanka. Ils sont là des milliers depuis 8 jours avec drapeaux et hauts-parleurs jour et nuit. Les toilettes, ce sont les jardins du Trocadéro. Depuis 30 ans, les Tamouls se sont fait une spécialité d’égorger les Cinghalais au Sri Lanka, les Tamouls étant plutôt hindouistes, les Cinghalais bouddhistes. Les Tamouls sont très ingénieux : ils ont mis au point l’attentat à la voiture piégée, technique largement utilisée depuis en Irak, en Afghanistan, en Mauritanie – en attendant la France ! Les Tamouls sont 125 000 en France, tous titulaires de beaux visas français avec regroupement familial…

Je reprends l’autobus. Attendent avec moi des Asiatiques. Je remarque qu’ils ne sont pas Chinois. Je leur demande en anglais leur nationalité, car ils ne comprennent pas un mot de français. Ils me répondent qu’ils sont mongols et cherchent un emploi. Le conducteur de l’autobus est noir, mais pas subsaharien : il est originaire de Haïti. Les passagers sont des passagères, toutes Philippines. Un peu plus loin, de jeunes et charmantes créatures blondes comme les blés me demandent leur chemin. Elles me font comprendre qu’elles viennent de Biélorussie. Elles sont « hôtesses d’accueil ». N’insistons pas…

La tête finit par me tourner. Je n’y comprends plus rien. Je croyais être en France, mais, en réalité, où suis-je ? Un expert, géographe et sociologue, veut bien m’informer.

« Monsieur, y a-t-il encore des Français en France ? – Oui, Monsieur, mais ils sont en vacances ou au chômage. Cependant, on peut encore en trouver, et les plus doués, des entrepreneurs, des artistes de renom, des grands sportifs, en Suisse. À Marrakech, on en dénombre plus de 50 000. On en trouve aussi pas mal en Belgique, en Grande-Bretagne.

– Mais pourquoi donc Monsieur l’expert ?

– Parce que, depuis des décennies, la France est gouvernée sous le signe de la démagogie. Elle est écrasée d’impôts et de taxes innombrables et vit dans l’insécurité en raison notamment d’une immigration qui peut atteindre plusieurs centaines de milliers de personnes par an, alors les meilleurs s’en vont et s’en iront, sans oublier leur patrimoine. »

Je passe devant la mairie. Il y a foule. C’est un mariage entre une Cap-verdienne, toute de blanc vêtue, et un Français d’origine sénégalaise. Il a tous ses papiers et n’en est pas, dit-on, à son premier mariage… Les amis sont là, et les youyous. Je souhaite aux jeunes mariés beaucoup de bonheur… et quand même pas trop d’enfants !

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