Milliere Guy - lundi 19 avril 2004
La France est un étrange pays. On y aime les juifs morts, comme le montrent les cérémonies organisées en souvenir de la shoah. On n’y apprécie guère les juifs vivants qui n’acceptent pas de jouer le rôle du cadavre mutilé sur la photo du nouveau héros du jour : le terroriste palestinien. On y aime les Américains eux aussi s’ils sont morts, discrets, escamotés sous une croix de bois blanc en Normandie. On les aime beaucoup moins s’ils vivent, s’ils s’affirment membres de la première puissance du monde et s’ils se battent pour la liberté, ici, maintenant.
J’aime, moi, les juifs vivants et debout comme le sont les Israéliens aujourd’hui. J’aime aussi les Américains vivants et debout. J’aime, en outre, George W. Bush, parce qu’il est à l’image de son pays aujourd’hui et plus encore pour toutes les raisons qui font qu’on le déteste ici.
À chaque triomphe du démocrate Kerry, c’est la fièvre, l’hystérie même, chez ceux qui parlent et prétendent penser en France. Il sera « le » candidat démocrate, prochain prétendant et occupant de la Maison Blanche à l’automne.
Pour moi, si Kerry sera incontestablement le prochain candidat démocrate, ses chances de victoire me semblent si minces que je prépare aujourd’hui pour le mois de juin, en français et en anglais, un livre sur la réélection de G. W. Bush en novembre 2004. Je dirai que si Bush est plus que jamais incompris et haï en France, il ne fait que rejoindre, parmi les présidents américains incompris et haïs en ce pays, un autre président, dont il se veut le fils spirituel : Ronald Reagan.
Que reproche-t-on à Bush ? Le « culte de la force », dit-on çà et là. Peut-on comprendre en ce pays que le monde occidental est au cœur d’une guerre qui lui a été déclarée par des ennemis aussi implacables que les nazis et les Soviétiques autrefois ? Peut-on comprendre que face à des ennemis totalitaires et fanatiques, il n’y a pas d’autre issue que gagner ou se soumettre ? Au temps où Reagan parlait d’empire du mal, on tremblait déjà en France où l’idée de collaborer avec l’ours soviétique faisait son chemin. Aujourd’hui, nombre de gens semblent prêts à collaborer avec la hyène islamiste et à adopter la mentalité du vaincu ou de l’esclave. Bush, c’est vrai, n’a pas la mentalité du vaincu ou de l’esclave. Il regarde le danger en face et il l’affronte.
Bush aurait « menti », nous dit-on encore. À moins de ne s’informer qu’auprès des gauchistes de Canal+ ou de la contre-culture américaine, c’est une affirmation qui ne tient pas. Ce qui est en cause, à la rigueur, c’est la qualité des informations transmises par l’ensemble des services secrets occidentaux, français compris. Nul n’a jamais douté, en dehors des membres stipendiés de son fan club, que le régime irakien faisait tout pour se doter d’armes de destruction massive. Le premier rapport de David Kay fait état, en détails, de ces programmes et souligne qu’une fois l’embargo levé, ceux-ci auraient été pleinement opérationnels en quelques mois. Bush a déclaré que s’il fallait attendre que le danger se matérialise pleinement « nous aurions attendu trop longtemps ». C’est un langage qu’on comprend aux États-Unis. C’est un langage que ceux qui ont cru Hitler à Münich voici soixante cinq ans seraient prêts à croire aujourd’hui encore, je sais. Je ne veux leur prêter des arrières-pensées et me dire qu’ils seraient prêts, le cas échéant, à ressortir de la naphtaline les uniformes de la « police allemande » des années Vichy pour en faire l’uniforme de la « police baasiste » ou « islamiste » mais je m’interroge.
L’Irak serait un « bourbier », ajoute-t-on. Le chiffre des morts américains au combat se situe autour de 400. Une police et une armée irakienne sont en cours de formation et leurs membres constituent désormais les principales victimes, avec les civils irakiens innocents. L’Irak a vu la chute rapide d’un dictateur abject, lié au terrorisme international, assassin de millions de membres de son propre peuple. L’Irak a pris le chemin de la décence. Des attentats terroristes effroyables s’y déroulent encore car les islamistes fanatiques et les dictateurs de la région savent que la stabilité en Irak signifierait que l’heure de leur propre disparition est venue. Les attentats sont effroyables parce que c’est une lutte à mort pour les islamistes et les dictateurs. Que nul en France ne s’indigne davantage de l’abjection des attentats en Irak me semble la marque du cynisme anti-humaniste qui se manifeste déjà à chaque attentat en Israël.
Quand on ne veut pas affronter la barbarie parce qu’on a peur d’elle, on ferme les yeux, on bouche ses oreilles et on dit n’importe quoi. Bush affronte la barbarie. Il ne pratique pas l’usage injustifié de la force. Il rebâtit avec un grand courage un ordre international nouveau et prépare un monde plus sûr pour la démocratie et la liberté.
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