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Un nouveau plan de rigueur qui ne résoudra rien


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Rouxel Jean - mercredi 09 novembre 2011

impots, dette
Lundi 7 novembre, le Premier ministre, a présenté un nouveau « plan de rigueur », prévoyant des efforts budgétaires de 7 milliards pour 2012, de 11,6 pour 2013, et de 65 mil­liards, au total, d’ici 2016.

Nous sommes toujours dans le même ordre de grandeur : entre 5 et 20 milliards d’euros d’efforts budgétaires annuels.
Ce qui est, naturellement, un effort important, tout spécialement en période électorale – où les politiques nous ont plutôt habitués à la démagogie (la gauche gardant, d’ailleurs, ses habitudes en la matière, y compris le « raisonnable » M. Hollande).

Cependant, nous sommes loin du compte : ces 65 milliards ne couvriront même pas le déficit pré­vu pour 2012. Plutôt que de de rembourser la dette, il s’agit de la creuser !
Dans ce plan de rigueur, plusieurs choses me troublent.

D’abord, comme toujours, l’effort budgétaire est massivement demandé aux contribuables pour augmenter les recettes, mais très peu à la sphère publique pour diminuer les dépenses. Pour la première fois, François Fillon a reconnu que la diminution de la dépense était le « premier levier d’assainissement de nos finances publiques ». Mais, sur les 7 milliards d’efforts pour 2012, seuls 500 millions concernent la baisse de la dépense !

Deuxième facteur de trouble, je note que l’essentiel de l’effort est reporté après les présidentielles. Sur 65 milliards, moins d’un neuvième sera voté avant mai 2012. Ayant une confiance fort mesurée dans les promesses d’hommes politiques (fussent-elles des promesses d’efforts budgétaires), j’aurais tendance à ne retenir que ce petit neuvième. D’autant qu’il est loin d’être certain que l’actuelle majorité sera encore au pouvoir au printemps prochain et que les socialistes se croient tenus par ces promesses…

Troisième point, les prévisions de croissance (1 %) sont plutôt optimistes et ont toutes chances d’être réévaluées sous peu.
Je constate également que les plans de rigueur se suivent et se ressemblent, mais qu’aucune embellie ne s’annonce. Pourquoi ce nouveau plan réussirait-il mieux que les précédents ? Et pourquoi les politiques multiplient-ils les saupoudrages, au lieu de frapper un grand coup, susceptible de redonner confiance aux investisseurs ?

Enfin, je note que ce plan est révélé juste après le vote du budget à l’Assemblée. Ce qui montre la haute estime dans laquelle l’exécutif tient le Par­lement, censé voter l’impôt et la dépense publique. Puisqu’ils ne servent à rien, à quoi bon payer aussi cher autant de parlementaires ?

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