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Un propagandiste totalitaire


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Milliere Guy - samedi 17 juillet 2004


La désinformation concernant l’administration Bush bat son plein. Voici quelques semaines, la télévision publique présentait aux téléspectateurs un documentaire, sorti en salles depuis, réalisé par un certain William Karel, sur un scénario (et c’est bien de scénario qu’il faut parler) du très imaginatif et très malveillant Éric Laurent. Tout n’était qu’allusions biaisées, amalgames malhonnêtes, montages falsificateurs, interviews tronquées, énoncés erronés (présenter le sénateur démocrate Byrd, ex-membre du Ku Klux Klan, comme ami de Reagan est un scandale). La quantité de mensonges était tellement importante qu’il m’a fallu rédiger un article de six pages (publié par la Metula News Agency) pour démonter les plus ineptes et les plus grossiers de ceux-ci. La paresse journalistique étant ce qu’elle est en ce pays, les journaux ont dit de façon quasi unanime qu’il s’agissait d’un « film remarquable ».
Déferle maintenant sur les écrans le dernier opus de Michaël Moore. J’emploie le mot « opus » parce qu’il faut bien utiliser un mot pour désigner cet objet hautement frelaté. Je sais : je salis le mot opus, mais si j’avais employé le mot déchet, j’aurais aussi sali celui-ci. Ce serait faire trop d’honneur au gros léniniste de service que de parler de sa production comme d’un déchet.
Après avoir montré des politiciens républicains passant au maquillage avant une prestation télévisée (c’est bien connu : seuls les républicains passent alors au maquillage, jamais les démocrates, et encore moins les léninistes), après avoir souligné que Bush, avant le 11 septembre, s’accordait des loisirs et jouait au golf (Bill Clinton ne prenait jamais de temps libre, c’est évident : et plutôt que le golf, il préférait humecter ses cigares…), après avoir montré que Bush était resté dans la salle de classe où il se trouvait après avoir été informé des attentats du 11 septembre (quel idiot : il aurait dû faire des bonds et paniquer les enfants, on aurait pu le traiter d’excité), Moore affirme que la famille Ben Laden est en affaires avec les Bush, que l’Arabie saoudite a beaucoup investi aux États-Unis et y est toute puissante, que Bush a envoyé trop peu de troupes en Afghanistan. Il pourrait dire que la famille Ben Laden comprend 300 membres qui ne s’appellent pas tous Oussama, que les Ben Laden et les Bush, comme beaucoup d’autres, ont simplement des participations dans les mêmes entreprises, que dans une entreprise capitaliste ayant des actionnaires, un entrepreneur n’est pas maître de qui détient les actions de son entreprise et qu’accuser de collusion deux actionnaires parmi de nombreux autres relève de la diffamation : rien de tout cela n’est passé par sa tête rétrécie par la lecture de Marx. Moore pourrait expliquer aussi pourquoi, si les Saoudiens sont tout puissants aux États-Unis, ils n’ont pu sauver le régime Taliban qui leur était si cher, et plutôt que dire que les soldats américains sont morts pour rien, il pourrait dire que l’Afghanistan se réorganise sans les Taliban, sous l’égide de l’OTAN ou que plus d’un million et demi de réfugiés ont regagné le pays depuis le changement de régime : Moore ne dit rien de tout cela et ne donne pas d’explication. Un propagandiste totalitaire fait de la propagande, il n’énonce pas de faits et ne donne pas d’explications. Moore se garde bien de rappeler que c’est Richard Clarke, rescapé de l’équipe Clinton chargé de la lutte contre le terrorisme à l’époque du 11 septembre, qui a décidé de l’évacuation des Ben Laden hors des États-Unis après les attentats, et que cela a été de sa seule responsabilité : il est vrai qu’ensuite il utilise le témoignage de Clarke, et que ce genre de rappel nuirait à son utilisation malveillante. Mais il y a mieux : Moore présente l’Irak avant la guerre comme un « pays souverain », plein de gens heureux et d’enfants insouciants. Comme c’était beau la liberté sous Saddam : aussi beau sans aucun doute que la liberté en Russie au temps du petit père des peuples. Puis interviennent les ignobles Américains : après les bombardements, les voici qui font pleurer les femmes et les enfants. De vrais nazis ! Ce n’est pas bon papa Saddam qui aurait fait çà ! Entrent en scène les « résistants » irakiens, légitimement outragés. Rien dans le film ne rappelle les charniers de Saddam, les tortures sous Saddam, la terreur sous Saddam. Pas un mot, pas une image n’évoquent les discours antisémites de Saddam, le soutien que celui-ci apportait au Hamas ou au Djihad islamique, ses liens avec la Corée du Nord ou l’asile qu’il avait accordé à Abu Nidal. Moore a choisi son camp : celui de la dictature et du terrorisme. Ceux qui portent Moore aux nues ont choisi leur camp aussi. Le film se termine par une citation de George Orwell. Bien sûr : terminer un film plein de haine pour la liberté en citant un grand défenseur de la liberté est pour Moore une ultime insulte adressée aux rares spectateurs lucides.

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« Moi qui suis un ami de Jean-Pierre Raffarin et qui travaille au ministère du Budget avec Nicolas Sarkozy, je peux vous dire que sur tous les dossiers, l’harmonie est parfaite entre Matignon et Bercy » (Dominique Bussereau).

 

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