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Une Europe anti-démocratique


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Barrucand Pierre - mardi 09 septembre 2008

politique-europeenne, constitution-europeenne
Tout permettait de prévoir l’irrésistible victoire du « non » en Irlande, comme tout permettait antérieurement de prévoir le même résultat en France ou aux Pays-Bas, lors d’un précédent référendum. Fort curieux apparaît donc le fait que la « grande » presse, dans les deux cas, ait minimisé bien des informations sur l’évolution de l’opinion et ce, dans presque toute l’Europe.

Mais, plus curieux encore sont des commentaires quand le prévisible résultat fut connu. Le plus extraordinaire fut cet homme politique allemand : Pottering, disant que cinq millions d’Irlandais n’avaient aucun droit à nier la volonté de cinq cent millions d’Européens ! Or, étendu à toute l’Union européenne, le référendum aurait bien pu avoir le même résultat ! Y compris en Allemagne…

Et, pourtant, depuis près d’un demi-siècle, nous sommes sollicités constamment par une propagande courtoise, mais ferme et insidieuse, qui, sans cesse, nous répète que seule l’Union européenne peut assumer notre destin politique et économique et que l’idée européenne est la plus belle et la plus généreuse qui ait jamais été.

Rappelons quand même que l’on pensait exactement la même chose de l’Union française, issue de l’empire colonial français et que cette réalité politique et cette idée sont aujourd’hui bien oubliées, voire décriées (à tort). Et il y eut aussi, au lendemain de la guerre, les citoyens du monde de l’Américain idéaliste Gary Davis et même, souvenir sulfureux, la Nouvelle Europe sur laquelle devait déboucher la collaboration – National socialisme mis à part (et ce n’est pas rien !).

Celle-ci rappelle étrangement celle des « fondateurs », J. Monnet et autres, qui, eux, croyaient nécessaire la disparition de l’hitlérisme. D’ailleurs nombreux furent ceux qui, socialistes démocrates ou pacifistes, s’y rallièrent sans troubles de conscience.

Toutefois, parmi les europhiles les plus déterminés, nombreux sont ceux qui ont compris que cette merveilleuse Europe était impopulaire, mais n’arrivent guère à savoir pourquoi. Il faut constater que, à divers points, son bilan est positif. Par exemple, l’autoritarisme du ministère français de l’Agriculture fut légèrement adouci…

Mais, la plus profonde des causes de cette impopularité est probablement la perception d’une volonté impérialiste de faire disparaître les États au profit d’une communauté qui ne suscite aucune passion patriotique (alors que ce sentiment n’a disparu nulle part) et susceptible de s’étendre indéfiniment, englobant demain Turquie, Ukraine… En particulier, le désir d’incorporer la Turquie est fort mal perçu.

De plus, dès le début, le processus de la « construction » européenne a été tout sauf démocratique, œuvre d’États et de certains lobbies qui sont plus ou moins perçus comme des « forces occultes », ce qui est toujours, dans l’inconscient, inquiétant.

Peu de gens savent ce que sont la Trilatérale ou Bilderberg et ne connaissent guère leurs buts. Alors, abandon de la démocratie au profit d’un despotisme éclairé, doux dans son action mais implacable dans son processus ? Le conspirationnisme est toujours cause de réactions vives et parfois dangereuses, mais tout a été fait pour le susciter. Volonté des « gros », des « dominants » ? Voilà ce qui est souvent perçu…

Ajoutons que Suisse et Norvège sont étrangères à cette « construction ». Or, ces pays sont fort prospères. Celle-ci n’est donc pas la seule voie pour l’avenir !

D’autre part, l’incorporation à marche forcée de tous les pays de l’Est sans qu’aucune étape intermédiaire n’ait été projetée a été une cause de troubles économiques et de difficultés, comme le fut pour l’Allemagne une réunification trop brutale dans sa mise en œuvre.

Enfin, le modèle économique choisi, fondé sur la compétitivité extrême et organisée par des idéologues qui s’inspirent d’un modèle libéral en voulant appliquer des schémas théoriques tend à créer une forme de capitalisme plus excessif que celui des USA !
Souvent au détriment d’entreprises fort rentables… Ainsi, les partis socialistes européens ont été amenés, sans renoncer à leurs idéaux théoriques, à soutenir un système en contradiction avec ceux-ci, d’où leur perte d’influence dans toute l’Europe (sauf l’Espagne), tout particulièrement en France. Les partis de droite semblent bien plus adaptés et compétents pour freiner les excès de certains doctrinaires.

« On » dit souvent que le Traité de Nice est mauvais. Celui de Lisbonne serait-il pire ? En tout cas, beaucoup le pensent !

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En bref
Santé >
57% des Français sont inquiets de l’évolution de la santé dans notre pays, contre 50 % en 2006.

Chiffres significatifs
Loyers > Depuis 1999, les loyers ont augmenté en moyenne de 3,7 % par an (avec une pointe à 6,7 % en 2002). Cette hausse se calme : elle devrait se situer autour de 2 % pour 2008…

Écran > À 15 ans, les garçons passent en moyenne 6,23 heures par jour devant un écran (télé, ordinateur, jeu vidéo…) ; les filles n’y passent « que » 5,09 heures…

Poste > La Poste compte aujourd’hui 299 010 salariés, dont 162 297 fonctionnaires et 136 713 contractuels.

Immigration > On estime toujours le nombre de personnes immigrant clandestinement en France entre 200 000 et 400 000 par an…

Obésité > 21% des jeunes filles de 11 ans pensent devoir perdre du poids ; elles sont 37,5 % dans ce cas à 13 ans ; et 46,2 % à 15 ans !

Retraite > Les Français souhaitent en moyenne prendre leur retraite à 59 ans, contre 56 ans en 2000.

Naissance > 52% des 819 600 naissances enregistrées en France concernaient des parents non mariés.

Urssaf > Le montant total des redressements exigés par les Urssaf en 2007 s’est élevé à 118 millions d’euros en 2007, soit quatre fois plus qu’en 2003 !

Niveau de vie > Les 10 % de Français métropolitains les plus aisés ont un niveau de vie de 33 190 euros par an ou plus, tandis que les 10 % les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 9 720 euros par an. Le niveau de vie médian se situe à 17 600 euros par an.




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