Lambert Christian - mercredi 12 septembre 2007
fonctionnaires, fonction-publique, cgt
Nicolas Sarkozy bénéfice d’une couverture médiatique positive. Il est donc pour le moment populaire dans l’opinion. Mais ce que l’opinion ignore, c’est qu’en France, le Pouvoir, pour l’essentiel, ce n’est pas le Président de la République qui le détient, c’est l’administration anonyme, tentaculaire et toute puissante.
Je rappellerai en premier lieu que si tout émane en théorie de la souveraineté du peuple représenté par le Parlement, les lois sont soumises au contrôle du Conseil d’État composé de fonctionnaires. De plus, une loi une fois approuvée par le « Conseil » fait souvent l’objet de décrets d’application rédigés par d’autres fonctionnaires qui, généralement, compliquent et alourdissent le texte, au point de le rendre inapplicable, à moins de ne rien rédiger du tout, et de faire en sorte que la loi tombe aux oubliettes.
La fonction publique est en France une gigantesque forteresse dont le donjon est le ministère des Finances avec 210 000 fonctionnaires. En réalité, chaque ministère est administré depuis Bercy par un administrateur que l’on ne connaît pas qui est le véritable patron du ministère qu’il a à surveiller, sans parler des contrôleurs financiers. Dans cette forteresse, le fonctionnaire le plus important est le directeur général des impôts qui peut ruiner une entreprise ou un particulier, si bon lui semble. Il a sous ses ordres, pour surveiller et taxer l’activité et les biens de chacun, quelque 100 000 fonctionnaires, contrôleurs et inspecteurs, qui, jusqu’à ce jour, se réjouissaient, entre autres divertissements, des nombreuses lettres anonymes de dénonciation que le citoyen expédie pour nuire à un autre citoyen.
C’est ce qu’on appelle la solidarité citoyenne et républicaine. Toujours est-il que la collecte des impôts en France est la plus onéreuse de tous les pays organisés avec deux codes des Impôts qui sont de véritables Larousse. Le Code Général des Impôts compte plus de 2 000 articles !
Ce monstre administratif et souvent répressif, qui compte au total 5 971 000 fonctionnaires, comprend trois parties :
1) la fonction publique d’État. La plus nombreuse avec 51 % de tous les fonctionnaires français dont près de la moitié sont à l’Éducation nationale la partie la plus visible du monstre : 1 470 000 fonctionnaires dont 884 000 enseignants qui trouvent le moyen de laisser, chaque année, sur le trottoir, quelque 300 000 gamins – 40 % des élèves du primaire – en majorité des immigrés, sortant de l’école quasiment illettrés, plus 17 % d’étudiants sans aucun diplôme après plusieurs années de faculté. Pour les bandes armées des banlieues, il n’y a pas de problème de recrutement…
2) La fonction publique territoriale payée par les impôts locaux.
3) La fonction publique hospitalière payée par la Sécurité sociale.
Ces trois fonctions publiques – 25 % de la population active française – coûtent aux contribuables plus de 50 % des prélèvements obligatoires – un record mondial.
Ce n’est pas tout. Il existe une quatrième fonction publique déguisée. Ce sont les syndicats. On croit communément que les syndicats sont là pour contrer les administrations en faveur du bon peuple. Pas du tout. Les syndicats en France sont encore une autre et puissante administration d’État, subventionnés par l’État (le contribuable) et bénéficiant du détachement de milliers de fonctionnaires, y compris de la catégorie A, payés, bien sûr, par l’administration (avancement garanti). Il est bien connu par exemple que le ministère de l’Éducation nationale est dirigé par les syndicats. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il en est un peu de même dans la police et – c’est un comble – dans la magistrature. Je rappelle pour mémoire que ces syndicats sont politiques et que le plus important d’entre eux est la CGT communiste. Ce sont des Soviets.
La France est donc pour l’essentiel le résultat de l’addition d’une administration napoléonienne archaïque et d’une administration du type soviétique régie par 520 000 textes officiels dont 50 codes qui constituent un fatras indescriptible et souvent incohérent.
On comprend donc que depuis des années, nos beaux parleurs politiciens assurent au plus haut niveau qu’il faut diminuer les effectifs du monstre. En fait de diminution, voici ce qu’il en est : Fonction publique d’État : entre 1984 et 2005, ses effectifs ont augmenté de 11,6 %. Fonction publique territoriale : entre 1984 et 2005, ses effectifs ont augmenté de 42,6 %. Fonction publique hospitalière : entre 1984 et 2005, ses effectifs ont augmenté de 29,1 %.
On nous raconte maintenant que cette année, ça y est, on va dégraisser le monstre de 22 800 fonctionnaires. Ce qui, à ce rythme, permettra d’avoir une fonction publique « normale » en 132 ans, sauf erreur ou omission de ma part. Thierry Desjardins, ancien rédacteur en chef du « Figaro », lui, avait trouvé mieux. En se basant sur les promesses chiraquiennes du budget 2003, on devait parvenir à un chiffre « normal » en 1 530 ans, ce qui nous reportait en l’an de grâce 3 534.
Bref, la France subit une administration nationale, régionale, départementale, communale, intercommunale, plus l’administration de Bruxelles avec les impôts correspondants, ce qui a fait dire à un bon observateur : « l’agriculture en France est très productive, on y plante des fonctionnaires et on récolte des impôts ».
Voilà une petite partie de la réalité française. Quand on la connaît, on a envie de dire à tous nos Présidents, et autres discoureurs : « Écoutez Messieurs, arrêtez donc de vous f… du monde ».
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