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Une brèche dans la pensée unique


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Menou Pierre - dimanche 04 avril 2010

medias
Lu dans la presse

« L’affaire » Zemmour continue à défrayer la chronique… et à alimenter la réflexion. Guillaume Roquette, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, stigmatise, dans le numéro de cet hebdomadaire daté du 1er avril, « Les nouveaux inquisiteurs ».

« Le lynchage d’Eric Zemmour ne nous a pas surpris, écrit-il. Pas plus que la campagne de menaces contre Robert Ménard, le fondateur de Reporters sans frontières, et sa famille.( " coupable " de souhaiter que ses enfants ne soient pas homosexuels et d’avoir déclaré que l’exécution de Dutroux ne l’aurait pas empêché de dormir, ndlr)La lutte contre les discriminations, belle cause s’il en est, est aujourd’hui instrumentalisée au service d’un nouveau maccarthysme qui est, je pèse mes mots, dangereux pour la démocratie. »

Le titre de Valeurs Actuelles pose la question : « Peut-on encore débattre en France ? »

« Depuis une trentaine d’années, la pénalisation des opinions ne cesse de se renforcer, écrit Eric Branca. Aux dépens de la liberté d’expression, pourtant proclamée dans notre Constitution. »

Peut-être la polémique qui s’est déchaînée autour d’Eric Zemmour marque-t-elle un tournant, un coup de frein sinon un coup d’arrêt sur la voie de cette pénalisation des opinions, l’ouverture d’une brèche dans la chape du politiquement correct qui pèse sur la vie intellectuelle française.

« Car, cette fois, des voix s’élèvent de toutes parts pour s’indigner d’un retour subreptice du délit d’opinion… Les défenseurs de Zemmour, certes, dont font partie nos lecteurs comme ceux du Figaro, mais aussi plusieurs représentants de la presse de gauche, las de voir, comme Laurent Joffrin (de Libération, ndlr), la justice faire irruption dans le débat public pour punir, le cas échéant, la liberté d’expression. »

Il était temps.

Le magazine Monde et Vie, qui consacre également sa une et son dossier à « L’Affaire Zemmour » en sous-titrant : « échec aux censeurs », estime pour sa part qu’il existe deux raisons pour lesquelles Etienne Mougeotte, le patron des rédactions du Figaro, a renoncé à licencier le journaliste par trop politiquement incorrect : « La première serait, dit-on, venue de l’Elysée. La seconde a tenu à la mobilisation des amis de Zemmour, qui sont nombreux. Des pétitions de soutien ont circulé sur Internet (notamment celle des 4 Vérités, ndlr), une manifestation a été organisée devant les portes du Figaro et je ne m’avance pas beaucoup en devinant que le standard du Figaro a dû crouler sous les appels. »

Toujours dans Monde et Vie, Christophe Mahieu écrit : « Qui souhaiterait donc renvoyer un journaliste reconnu, qui réhabilite le débat dans "l’immense robinet à promotion médiatique" ? Qui aurait le courage de se tirer une balle dans le pied en mettant à la porte un critique qui fait frétiller les chiffres d'audience et vend des dizaines de milliers de livres ? »

Reste à savoir pourquoi Zemmour fait de l’audience et vend des livres. La réponse s’impose : parce qu’il tient un discours différent, un discours qui tranche avec la pensée unique et qui rejoint, ce faisant, ce que pensent de plus en plus de Français. Zemmour, aujourd’hui, est le porte-parole de toute une partie de l’opinion jusqu’à présent contrainte au silence et à laquelle il a montré que ce silence n’est pas une fatalité. Du robinet médiatique a soudain coulé une eau beaucoup plus rafraîchissante que l’eau tiède qui leur était servie ; il va être difficile de le refermer sans provoquer leur colère.

C’est ce qu’a compris Nicolas Sarkozy, semble-t-il, au lendemain de la gifle encaissée aux régionales par sa majorité. « Grâce à Bruno Larebière (rédacteur en chef de Minute, ndlr),nous savons que l’arroseur fut arrosé par l’Elysée lui-même, écrit encore Christophe Mahieu. Des émissaires de Sarkozy firent comprendre à Mougeotte son " énorme c… ". Au lendemain d’une défaite électorale magistrale, il n’était pas question que le Figaro se sépare d’une vraie voix de droite. Mongeotte se serait entendu dire : " Mais tu n’as donc aucun sens politique ! Ce n’est pas possible d’être aussi c… ! " »

Quelque chose est donc en train de changer au pays des médias. Du moins, il devient permis de l’espérer. Dans la lettre qu’il a adressée pour s’expliquer à la Licra qui voulait le traîner devant les tribunaux, mettant ainsi la liberté de pensée sur la sellette – lettre d’explication que l’on a présenté abusivement comme une lettre d’excuse -, Eric Zemmour, qui en profite pour lâcher encore quelques vérités sonores, constate : « Il existe aujourd’hui une ambiance délétère dans le débat démocratique français. Le pays de Voltaire – " Je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai pour que vous puissiez le dire " – devient le pays de Torquemada qui tue l’hérétique pour sauver son âme. » Il y aurait beaucoup à dire, il est vrai, de la manière dont Voltaire lui-même mettait déjà en pratique ce beau principe…


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