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Une crise monétaire majeure a commencé


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Trémeau Bernard - mercredi 10 août 2011

euro
Le temps du retour aux monnaies nationales semble donc proche… Telle était la conclusion de mon dernier article.
Malgré les interventions des gouvernements européens, de Jean-Claude Trichet pour la Banque centrale européenne, voire de Christine Lagarde pour le Fonds monétaire internatio­nal, les spéculateurs sont persuadés que l’euro est condamné à mort. Car les mesures prises le 21 juillet ne vont pas calmer le mal, mais au contraire l’aggraver.

Depuis 1999, malgré l’euro et les accords de Bâle III, pour satisfaire leur électorat, tous les pays européens ont continué à s’endetter, car ils dépensent bien plus qu’ils ne gagnent. Ils émettent donc et signent des obligations d’État, c’est-à-dire une reconnaissance de dette. Ils empruntent une somme donnée, à un taux d’intérêt donné, pour une durée déterminée. Les financiers internationaux prennent moins de risque en prêtant de l’argent à un État qu’en le prêtant à un particulier. En effet, un État ne peut pas disparaître. Ils ont donc prêté des sommes énormes aux pays européens liés par l’euro, en particulier aux Italiens.

Les financiers internationaux pensent aujourd’hui que de nombreux États européens seront incapables de rembourser leurs dettes aux dates prévues. Ils se débarrassent, par conséquent, des obligations d’État émises par les pays très endettés, comme l’Italie ou même la France, et ils achètent à la place des obligations allemandes ou américaines, ou de l’or. Le prix des obligations italiennes diminue et le prix des obligations allemandes augmente. Alors que les intérêts payés restent les mêmes.
Par ailleurs, les parités fixes entre monnaies font des ravages.

La parité fixe liant depuis 1999 les anciennes monnaies européennes entre elles est responsable du déficit des balances commerciales grecque, italienne ou française avec l’Allemagne. Ce déficit grandissant sans interruption indique aux financiers internationaux que les entreprises de ces pays ne sont plus compétitives. La valeur de ces entreprises s’effondre donc actuellement.

La parité fixe liant le dollar américain au yuan chinois favorise les entreprises chinoises.
Elles inondent de leurs produits le monde entier. Cette parité fixe rend donc non compétitives les entreprises américaines ou eu­ropéennes. Elle pousse les Amé­ricains à pratiquer une « guerre monétaire » pour protéger leurs propres entreprises.

Tous les éléments d’une nouvelle crise monétaire et économique internationale grave sont rassemblés. Elle était prévisible Et, de­puis une semaine, elle est là…

Les bourses du monde entier ont brutalement chuté
le 4 août et continuent à chuter depuis.
Dans la zone euro, les chutes sont importantes. À Paris, la chute a été de 3,90 %, à Francfort de 3,40 %, à Milan de 5,16 %, à Madrid de 3,89 %.
En dehors de la zone euro, c’est la même dégringolade. À Lon­dres, la chute est de 3,43 %. À New York, le Dow Jones perd 3,41 % et le Nasdaq 5,05. Même la bourse suisse a perdu de la valeur.

Les chiffres atteints sont, en général, inférieurs à ceux qui existaient avant la grande crise de 2002.
Les investisseurs vendent les actions et achètent de l’or… L’once d’or a atteint pour la première fois le chiffre de 1 681 dollars.
Les actions ont continué à chuter le 5 août. Le CAC 40 a, par exemple, encore perdu 3,7 % de sa valeur. Et les bourses asiatiques suivent à leur tour.

Il faut donc impérativement modifier les parités fixes liant le dollar et l’euro au yuan
, et les parités fixes liant entre elles les anciennes monnaies à l’euro.

Le 4 août au soir, les écarts entre les bons du Trésor français et les bons du Trésor allemands montraient que les spéculateurs pensaient qu’une dévaluation du franc par rapport au mark devait atteindre 37,1 %. Pour la lire italienne, elle atteindrait le chiffre incroyable de 167 %…
Les intérêts que l’Italie ou la France vont devoir payer à ceux qui leur ont prêté de l’argent vont devenir insupportables. Et ce que Jean-Claude Trichet peut faire avec la BCE ne peut être que totalement insuffisant.

Comme on ne parle pas de modifier les parités liant les anciennes monnaies entre elles depuis 1999, le temps du retour aux monnaies nationales est arrivé. Il se fait dans la douleur et sous la contrainte des spéculateurs. Nous sommes en pleine crise monétaire, économique et sociale.

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En bref
Revenu
 En moyenne, un ménage français gagne 28 650 euros par an, juste derrière les ménages allemands (29 180 euros) et les britanniques (28 550 euros).

Chiffres significatifs
Avortement > En 2009, on a compté en métropole 108 247 avortements médicamenteux pour 101 021 avortements chirurgicaux.

Mention > En 2010, 48,6 % des bacheliers des filières générales ont obtenu une mention.

Soldats > Actuellement, quelque 13 000 soldats français sont engagés sur l’un des théâtres d’opérations extérieures, contre 9 000 en 2010.

Énergie > L’Ile-de-France produit à peine 10 % de l’énergie qu’elle consomme !

Californie > Nos confrères de Polémia nous apprennent que, pour cause de déficit budgétaire, la Californie ne peut plus payer ses gardiens de prison et va devoir libérer 32 000 prisonniers avant le terme de leur peine !

Repas > On estime le prix moyen d’un déjeuner en Ile-de-France à 11,50 euros.

RSA > En juin 2010, 1,33 mil­lion de personnes bénéficiaient du revenu de solidarité active, soit une hausse de plus de 10 % en un an.

Université > Depuis 2008, les universités françaises ont reçu 68 millions d’euros de financements privés… sur un budget global de l’ordre de 25 milliards d’euros par an !

Maternité > L’âge moyen de la première maternité en Europe s’élève à 29,7 ans.

Permis > 10 139 522 points de permis de conduire ont été retirés, en 2010, à la suite d’infractions au Code de la route !




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