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Une démocratie d’opinion


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Lambert Christian - mardi 02 juin 2009


La France est une démocratie d’opinion, c’est-à-dire que l’Exécutif gouverne avec pour priorité, non pas l’intérêt national, mais la volonté constante de satisfaire une opinion par nature changeante, consultée par des sondages quasi permanents.

Or, il ressort de ces analyses quotidiennes et coûteuses pour le budget de l’État que l’opinion en France est à gauche, peut-être d’ailleurs plus psychologiquement que politiquement. Le gouvernement mènera donc – même s’il se dit de droite – une politique de gauche. Que cette politique soit tout à fait contraire à l’intérêt du pays importe peu. C’est ce qu’on appelle la démagogie. Le but, exclusif de tout autre considération, est d’être élu et réélu.

On en a une preuve très significative avec l’ISF. Tous, désormais, s’accordent à dire que ce prélèvement imposé par les communistes à Mitterrand pour prix de leur vote en sa faveur est totalement contre-productif. Il a fait fuir quelque 100 milliards d’euros à l’étranger et freine l’esprit d’entreprise. Néanmoins, il n’est pas question de le supprimer. Dans un tel cas, m’ont dit des parlementaires, nous ne serions pas réélus. De belles élections qui coûtent 100 milliards d’euros au contribuable !

Je rappellerai, à ce propos, ce que j’ai déjà noté dans ces colonnes, que l’opinion en France est faite par l’extrême gauche trotskiste et révolutionnaire, voire nihiliste, la gauche léniniste avec nostalgies staliniennes (le Parti communiste), la gauche marxiste (le Parti socialiste), la gauche-fausse droite opportuniste, démagogique et verbale que beaucoup appellent l’UMPS. Ceci est tellement vrai que de nombreuses personnalités de gauche ont tout naturellement trouvé leur place au sommet de la hiérarchie de l’UMP et donc au gouvernement et ce mouvement va s’amplifier.

Pour que cette ligne ne soit pas transgressée, les syndicats veillent l’arme au pied – en premier lieu, la CGT communiste. Ces syndicats subventionnés par le contribuable (400 millions d’euros par an) sont le vrai moteur de la vie politique et sociale du pays. Ils comptent beaucoup plus que la représentation nationale parlementaire, réduite souvent au rôle de chambre d’enregistrement. Ainsi constate-ton que les grèves violentes et toutes les autres ne sont pratiquement pas sanctionnées.
Mieux, leurs auteurs finissent toujours par avoir, totalement ou partiellement, gain de cause : les paysans qui déversent des tombereaux de fumier devant la préfecture, les routiers qui interdisent tout trafic (et même, si mes souvenirs sont exacts, qui tuent un camionneur allemand qui ne s’était pas soumis à leur dictature), les salariés qui séquestrent et brutalisent le patron. C’est ce qu’on appelle l’anarchie. Il ne faut pas contrarier le « peuple de gauche », de peur de l’embrasement général qui menace.

Au plan financier, cet asservissement à l’opinion a engendré un assistanat ruineux
qui est l’une des causes majeurs de la faillite de la France et une formidable incitation à l’immigration. Qu’on en juge : on compte 22 minima sociaux et aides fiscales, comme l’allocation d’insertion des femmes en difficulté et les neuf exonérations fiscales au bénéfice des Rmistes (plus d’un million)… Sans compter les trois millions de chômeurs (beaucoup d’entre eux ayant intérêt à rester au chômage, indemnisés, plutôt qu’à rechercher un emploi). Et, malgré tout, 8 millions de citoyens vivant en France, Français ou non, se retrouvent au-dessous du seuil de pauvreté. On ne peut pas faire plus mal !

La question se pose alors de savoir ce qui, politiquement, existe en dehors de cette opinion de gauche dont on contemple le bilan désastreux. En réalité peu de chose. Tout au plus 20 % de l’opinion, quelques rescapés de la droite qui d’ailleurs ne s’entendent pas, un général sans troupe chef d’un parti nain qui s’appelle Bayrou et qui ne pourrait gouverner, s’il devenait chef de l’État (ce qui n’est pas exclu), qu’avec la gauche et des Verts qui sont rouges.

Il est pourtant un domaine qui échappe à la dictature de cette opinion, c’est celui des Affaires étrangères (Europe y compris), parce que les Français n’y attachent que peu d’importance. Il se trouve néanmoins en France deux populations antagonistes : une population de religion juive depuis très longtemps et, depuis quelques décennies, en vertu de la politique démagogique et tiers-mondiste officielle, une population musulmane (autour de 6 millions d’individus, dont beaucoup d’extrémistes), venant du tiers monde, assistés financièrement à 90 % et inassimilables. Ainsi a-t-on d’une certaine façon importé en France les conflits du Moyen-Orient. Et l’on s’étonne de la montée de l’antisémitisme !

Devant un bilan aussi négatif et qui s’aggrave chaque jour, on ne peut que s’interroger. La Grande-Bretagne a connu la courageuse Margaret Thatcher ; les États-Unis, Ronald Reagan ; l’Allemagne, Helmutt Kohl et aujourd’hui Angela Merkel ; même en Italie, Silvio Berlusconi, souvent décrié, révèle des qualités d’efficacité et d’autorité. Comment se fait-il qu’en France, on en soit réduit depuis si longtemps à une telle médiocrité, qui n’offre, je le crains, aucune perspective de relèvement de notre pays dans un avenir prévisible ?

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